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Elie Maalouf, un caméléon musical en concert à Baalbeck

Par Justine Huc-Lhuillery | Publié le 14/08/2018 à 09:49 | Mis à jour le 15/08/2018 à 13:45
Photo : Elie Maalouf
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D’abord pianiste, puis luthiste, compositeur puis chef d’orchestre, libanais puis français, Elie Maalouf se produit pour la première fois à Baalbeck le 17 août. Il y a invité Jahida Wehbe avec qui il jouera ses compositions mêlant jazz, musique orientale et chansons libanaises.

Elie Maalouf Photo : Georges Yammine
Elie Maalouf  - Photo : Georges Yammine

Pourquoi avoir choisi de jouer à Baalbeck cette année ?
C’est la première fois qu’un festival aussi prestigieux au Liban m’invite. Je suis parti en France assez jeune, en pleine guerre. Il n’y avait ni concert, ni spectacle. Je suis très touché de jouer à Baalbeck sachant que Miles Davis y a fait sonner sa trompette. C’est énorme. Charles Mingus, Ella Fiztgerald y sont passés… Le festival de Baalbeck est un évènement depuis les années 50.
Ça fait un an que je prépare ce concert. C’est le fruit d’un énorme travail. Il représente un immense projet pour moi. J’ai fait un choix personnel pour les chansons, je voulais que cela reste ma musique à laquelle s’ajoute la voix de Jahida. Ce concert, c’est un peu deux concerts en un. Il y a mon groupe qui vient de France, mes compositions, mes arrangements. J’ai écrit une ouverture spéciale pour le festival. On y jouera des chansons de Jahida, et on va proposer un cocktail de chansons libanaises qui j’ai complètement réarrangées. J’espère que ça va surprendre les spectateurs.

 

Pouvez-vous nous parler de votre collaboration avec Jahida ?
On collabore depuis cinq ans. Je m’occupe de son orchestre, des arrangements et de la direction. On a beaucoup voyagé ensemble, et quand on m’a demandé d’inviter un chanteur libanais, j’ai pensé à elle puisqu’on travaille ensemble. Elle est une des plus grandes chanteuses du Liban. Elle est un peu à part dans la variété libanaise, elle chante de grands poètes, elle écrit…

 

Qu’est-ce que vous attendez de ce concert ?
A travers ce concert, je souhaite raconter des histoires. Une chanson doit raconter toute une vie car c’est le temps dont on a besoin pour la travailler. Une chanson sans histoire, c’est seulement un produit. Un morceau qui a une histoire lui donne du charme car les gens se projettent et je souhaite permettre aux spectateurs de le faire vendredi.

On sera 10 musiciens, des gens de partout avec qui je joue depuis 20 ans pour certains. Ce groupe est un sacré melting-pot. Ce mélange d’artistes représente bien ce que je joue. Ce que j’aime avec le jazz, c’est que ça donne la possibilité de s’ouvrir à d’autres styles. J’ai fait beaucoup de choses différentes. Moi-même parfois, je ne sais pas où je suis. Je peux sauter d‘un truc très jazz à un truc oriental, au classique ou au sacré. Je suis une sorte de caméléon musical. J’ai hâte de montrer cette diversité.

J’apporte aussi des instruments particuliers qu’il faudra venir découvrir là-bas. Je joue surtout du piano et du bouzouk. Jouer de deux instruments, c’est comme parler deux langues. Ce sont deux univers différents : le piano d’un côté, très international avec lequel on peut tout jouer. Puis de l’autre, le bouzouk qui emmène dans un univers oriental. Moi, je l’amène un peu ailleurs. Je le considère comme un instrument intime. On en joue uniquement au Liban et en Syrie. Kurde au départ, il vient de la tradition populaire, des gitans. Il s’accorde parfaitement avec la chanson libanaise.

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Elie Maalouf

 

Avec un peu de recul, comment est-ce que vous voyez votre parcours aujourd’hui ?
Mon histoire, c’est celle d’une découverte permanente. Je suis arrivé en France à l’âge de 17 ans avec un grand rêve : devenir pianiste. Autodidacte, je n’avais pas encore eu un seul cours sérieux alors que les musiciens de mon âge s’attaquaient aux concours internationaux. Tous ont été formés de la même façon depuis tout petit. J’ai la chance de ne pas avoir été formaté depuis aussi jeune. Je me souviens du fils d’un l’accordéoniste lors d’un concert à Montreuil, qui nous a rejoint sur scène. Sans avoir fait aucune répétition, il jouait avec nous et s’adaptait sans aucun problème. Un étudiant du conservatoire n’aurait pas pu le faire. C’est là que je me suis dit qu’il y avait une multitude d’écoles de musique dans la vie.

 

Quels sont vos prochains projets ?
J’ai envie d’exposer le travail que j’ai fait depuis plusieurs années, de me concentrer sur mes productions. J’ai ressorti cette année un album que j’ai enregistré en 2007 qui sera vendu à Baalbeck. J’ai été très pris entre temps et ai sorti une douzaine d’albums avec d’autres gens, mais pas à mon nom. J’ai plein d’envies mais en ce moment, je veux me reconcentrer sur ma musique et enregistrer un album en solo. Je reste musicien nomade, musicalement comme physiquement. Ce que j’aime, c’est jouer.

 

 

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Justine Huc-Lhuillery

Justine Huc-Lhuillery

Captivée par les trames et les drames de la scène politique, je souhaite en comprendre les mécanismes. Mon enquête commence par le Liban.
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