Romain Traversino: "Devenir la référence de l'immobilier francophone en Espagne"

Par Vincent GARNIER | Publié le 23/05/2022 à 12:00 | Mis à jour le 24/05/2022 à 12:07
Photo : DR
romain traversino, directeur commercial de "J'achète en Espagne"

Directeur commercial de l'agence immobilière "J'achète en Espagne", cet entreprenant polyglotte d'origine parisienne est arrivé à Barcelone entre deux vagues de Covid, fin 2020, avec pour mission d'ouvrir l'antenne catalane d'une entreprise en pleine croissance. 

 

Anglais, cela coule de source, italien (il a vécu plusieurs années à Naples et à Rome), portugais (il a étudié au Brésil), français bien sûr, espagnol (après un passage au Mexique) : Romain Traversino, avec ses origines italiennes, grecques et normandes, a toujours adoré les langues, les a appris de façon consciencieuse et les parle avec plaisir. En arrivant en Catalogne, il a "fait ses devoirs" et ajouté un sixième idiome a son bagage linguistique. Et ce n'est pas un détail, pour celui qui considère essentiel de connaître et maîtriser la culture de sa région d'accueil, pour y développer toute activité -qui plus est dans le secteur immobilier. "Je connaissais bien Barcelone en arrivant", éclaire Romain : "j'étais venu une vingtaine de fois avant de m'y installer". Pour lui, une intégration professionnelle réussie passe par le fait de parler la langue, on l'aura compris, mais aussi par une véritable soif d'apprendre et de découvrir les spécificités locales, "facile à l'heure d'Internet". "Je crois que j'ai su être disponible, avoir cette curiosité qui permet de développer un réseau sur place", ajoute-t-il.  

On parle de rêve, de projet de vie -surtout en Espagne

"J'ai toujours eu un amour de la rencontre avec autrui", précise Romain Traversino. "A cet égard, l'immobilier est un métier incroyable : on parle de rêve, de projet de vie -surtout en Espagne. C'est une chance de pouvoir accompagner nos clients dans un moment si important". Car en débarquant en Espagne en provenance de l'Italie, le sémillant commercial a retrouvé une vieille connaissance, Thomas Rouer, compagnon de startup à Lyon et fondateur d'une structure appelée à croître de façon exponentielle, "J'achète en Espagne". Le concept, visant à apporter une véritable valeur ajoutée dans le conseil auprès des acheteurs francophones -résidents ou pas-, requiert une connaissance particulière des spécificités et du marché local. Surtout, Romain a pu s'appuyer sur l'expérience et le savoir-faire d'une entité qui comptait déjà une centaine de clients dans le pays -"cela m'a permis d'éviter de faire de nombreuses erreurs", reconnaît-il. 

2021 a été une année record en Espagne dans le secteur immobilier

À l'aulne d'un certain "retour à la normale", avec une hausse du tourisme et de l'activité économique en général, Romain Traversino peut se permettre d'envisager l'avenir avec optimisme. "2021 a été une année record en Espagne dans le secteur immobilier", confirme-t-il, "en dépit de l'impact des confinements et des restrictions sanitaires et de la baisse du nombre d'étrangers". Et d'ajouter : "Les Français en ont justement profité car ils n'étaient pas tant limités dans leur mobilité que les Allemands, Britanniques ou Belges par exemple". Toujours est-il que poussé l'an dernier par la demande interne, le marché devrait en 2022 bénéficier d'un dynamisme accru, avec un rôle significatif des investissements étrangers. Ainsi, pour Romain, "l'antenne de Barcelone est appelée à devenir la principale agence de J'achète en Espagne dans le pays", notamment parce que la capitale catalane jouit de sa proximité avec la France. "On souffre moins de la saisonnalité que d'autres régions d'Espagne" souligne encore le directeur commercial "et nous avons la chance de pouvoir opérer sur une grande diversité de zones, de la Costa Brava à l'Ebre". Et d'ajouter : "Nous accompagnons nos clients sur un grand éventail de projets, sur l'achat de résidences principales ou secondaires, avec des budgets très variés". Et sur les quelque 500.000 transactions immobilières annuelles enregistrées en Espagne, on recense près de 10.000 acheteurs francophones, aime à rappeler Romain : "Nous sommes sur un marché niche, certes, mais nous avons de la marge avant d'épuiser notre business model", juge-t-il. "Notre ambition est de devenir la référence de l'immobilier francophone en Espagne"... D'autant que sous la houlette de son directeur commercial, J'achète en Espagne multiplie les ouvertures dans le pays : Barcelone fin 2020, mais aussi sur la Costa blanca (Alicante et Benidorm), à Madrid, ou encore aux Canaries fin 2021... Et l'agence à d'autres projets pour 2022. "Notre effectif a quasi triplé en un an, et il devrait doubler sur l'année à venir", se réjouit Romain Traversino.

J'achète en Espagne recrute

Avec actuellement cinq employés à temps plein, l'agence de Barcelone devrait quant à elle tripler, voire quadrupler son volume d'activité par rapport à 2021. A ces fins, Romain est en phase de recrutement de conseillers immobiliers, qui auront pour mission d'accompagner les Français qui vendent ou qui achètent en Catalogne, mais aussi de devenir de véritables ambassadeurs de la marque. "La première valeur d'un commercial, c'est son temps", estime le responsable, "il est donc essentiel de bien l'optimiser". A la clé, des projets qui se concrètisent plus vite : "Avec notre aide, il est possible de devenir propriétaire en 4 mois", assure-t-il. D'où l'importance d'une équipe bien rodée, et du développement du télé-conseil, permettant de bien qualifier les contacts, "pour démarrer de nouveaux projets immobiliers main dans la main avec nos acquéreurs". "Si nous travaillons à digitaliser nos process, nous n'avons pas vocation à révolutionner l'immobilier, ni à devenir une agence digitale : nous sommes présents sur place, c'est là notre différence". Romain rappelle : "Enfin, en passant par notre agence, du début des recherches à la signature chez le notaire, les clients ont un seul interlocuteur".

Il vaut mieux acheter aujourd'hui que demain, même si c'était mieux hier

Le marché est-il encore porteur d'opportunités ? "L’Espagne, hormis certaines grandes villes, est traditionnellement un marché d’acheteurs mais depuis début 2022, on sent une reprise très forte et une légère inversion de la tendance. On tend même sur certaines zones d'ordinaire favorables aux acheteurs (Costa Brava, Costa Blanca, etc.) à trouver des marchés de vendeurs extrêmement tendus. Par conséquent, mieux vaut avoir un conseiller de confiance sur place pouvant trouver la perle rare et aller la visiter sous quelques heures", analyse Romain. Qui non sans malice résume : "Il vaut mieux acheter aujourd'hui que demain, même si c'était mieux hier". En parallèle, la hausse de l'Euribor et des taux d'intérêt ne sont pas sans effet sur le financement des opérations, avec des prêts qui, inéluctablement, vont coûter plus cher. 

"En Catalogne, on peut distinguer trois types de marché", détaille néanmoins l'intéressé : "D'abord l'Alt Emporda, avec beaucoup de retraités ou d'acheteurs en provenance du Sud-Ouest et où il y a par exemple des opérations intéressantes à faire sur des zones comme Escala, avec des prix encore très corrects". Autre marché, le Baix Emporda : "il y a énormément de biens à la vente, il faut savoir y faire le tri", estime Romain. "Sur Lloret, en dépit de la mauvaise publicité dont souffre le coin, à Tossa ou encore Massanet de la Selva, il y a des urbanisations très bien, avec des maisons très sympas, pour 300-400.000 euros". La zone se caractérise en outre par son potentiel touristique et la possibilité de jouer sur la location saisonnière pour amortir plus vite son investissement. Enfin, Barcelone : "Des bonnes affaires il y en a de moins en moins", reconnaît le Français, qui pointe cependant le Raval, ou des quartiers plus périphériques, comme L'Hospitalet ou Rubi, comme des spots intéressants pour l'investissement locatif, notamment à destination des étudiants. 

"L'essentiel pour l'acheteur est d'avoir les idées claires sur ce qu'il veut", tranche le responsable commercial de J'achète en Espagne, qui pointe également l'importance de bien valider son financement en amont. "Surtout, il ne faut pas se limiter à croire que l'Espagne c'est la France en deux fois moins cher", insiste-t-il. "Le marché n'est pas régi par les mêmes règles et l'acheteur est beaucoup moins protégé au sud des Pyrénées que dans l'Hexagone. Passer par un professionnel est une véritable gageure pour gagner du temps et de l'argent, et surtout éviter les mauvaises surprises", défend-il.

0 Commentaire (s) Réagir
À lire sur votre édition locale