Édition internationale

Claude s’installe à Barcelone : quatre jours pour faire communauté autour de l’IA

Pendant quatre jours, Claude quitte l’écran pour prendre ses quartiers dans le Poblenou. Du 21 au 24 septembre, Barcelone accueille la première Claude Community House d’Europe : plus de 40 sessions gratuites, 2.000 participants attendus et une communauté réunie autour de l’IA d’Anthropic. Au-delà des ateliers, l’ambition est plus large : faire de Barcelone l’un des points de ralliement de l’IA en Europe.

Jérémie Benhamou au Claude Community House Jérémie Benhamou au Claude Community House
@Claude Community House, DR.
Écrit par Paul Pierroux-Taranto
Publié le 22 septembre 2026

 

Pendant quatre jours, Claude aura donc une adresse à Barcelone. 128, Carrer de Bilbao, dans le Poblenou. 

Loin de la simple fenêtre de navigateur, l’assistant d’Anthropic rassemble ici ceux qui le fabriquent, l’utilisent, le bricolent ou cherchent encore à comprendre ce qu’ils pourraient bien en faire. Entrepreneurs, salariés, grandes entreprises, indépendants et curieux doivent s’y croiser du matin au soir.

Baptisée Claude Community House, cette première édition européenne se tient du 21 au 24 septembre, en pleine AI Week barcelonaise. Au programme : plus de 40 sessions gratuites, des équipes d’Anthropic et plus de 2.000 participants attendus. Autour d’eux, 17 ambassadeurs Claude ont fait le déplacement, jusqu’à Los Angeles pour l’un d’entre eux.

Anthropic, Qonto, Make, Softr ou encore la communauté Stripe figurent au programme. Mais l’expérience tient finalement en une idée beaucoup plus simple : faire sortir l’IA de l’écran et mettre ceux qui s’en servent autour d’une même table.

 

Claude, mode d’emploi

Pas de grand raout, donc, sur ce que l’IA fera de l’humanité en 2040. Ici, on met plutôt les mains dans le cambouis. Au menu de la semaine : construire un agent avec Claude, automatiser les RH, en faire un assistant financier, orchestrer plusieurs agents ou bâtir son propre « second cerveau ».

Dès lundi, la Claude Clinic donne le ton : venir avec un workflow en panne, repartir avec un workflow qui tourne. Mercredi, journée entière de Build Day. Jeudi, les ateliers iront de la vidéo à la musique, jusqu’à la Physical AI.

Ce parti pris très concret raconte aussi le chemin parcouru par l’IA générative : elle n’est plus l’affaire des seuls développeurs. « On a vraiment des utilisateurs de tous bords : des gens de la mairie, de la Generalitat, de grandes entreprises tech, des entrepreneurs, des solo founders, des employés », raconte Jérémie Benhamou. Avec une même envie : « Ça bouge. On veut comprendre comment, on veut comprendre pourquoi. »

Autour de Claude se dessine ainsi quelque chose de plus large : une communauté d’utilisateurs très différents et, peut-être, les premiers contours d’un véritable écosystème économique.

 

Lundi, on discute. Jeudi, on construit.

Lundi après-midi, pas de scène ni de rangées de chaises. La Claude Conversation tient en dix tables : un ambassadeur à chacune, entouré d’une partie des quelque 50 participants. Entrepreneurs, Generalitat, ville, associations, universitaires, écoles… Des gens qui ne se retrouvent pas souvent dans la même pièce.

Le but n’était d’ailleurs pas de passer deux heures à parler de Claude. Plutôt de faire remonter des problèmes, des besoins, des idées, puis de voir ce que l’intelligence artificielle peut, ou non, en faire.

Jeudi 24 septembre, jour de la Mercè, changement de registre. Le Claude Impact Lab doit réunir une centaine de personnes pour tenter de construire des réponses aux sujets identifiés lundi. En trois jours, donc, passer de la discussion au prototype.

Jérémie Benhamou espère surtout quelque chose de moins quantifiable : créer des liens. « Les gens qui se connaissent, c’est aussi simple que ça. À partir de maintenant, ils vont se parler autour d’un sujet qu’ils ont trouvé en commun. » Et peut-être faire naître quelque chose : « Un projet associatif, une start-up ou autre chose… Ce serait incroyable. »

 

Barcelone, futur « San Francisco de l’Europe » ?

Pourquoi, justement, avoir installé cette première Community House européenne à Barcelone ? Jérémie Benhamou répond par une formule qu’il sait un brin provocatrice. Il rêve de voir la ville devenir le « San Francisco de l’Europe ». « Quand je dis ça, les gens se moquent un peu de moi. Mais j’y crois », sourit-il, avant de préciser : « L’idée n’est pas de comparer Barcelone à San Francisco. C’est une image. »

Son raisonnement a pourtant les pieds sur terre. Derrière le slogan, il y a du concret. Barcelone cumule un marché catalan, espagnol et européen, des universités, des infrastructures et, surtout, une qualité de vie qui attire depuis des années les profils internationaux.

« Des talents sont venus à Barcelone, notamment des entrepreneurs. Et ces entrepreneurs ont entrepris parce qu’ils avaient envie de rester dans une ville qu’ils aimaient. Aujourd’hui, cela a créé un tissu local qui est en pleine expansion. »

Ce tissu ne se limite plus aux entrepreneurs catalans et espagnols. Il s’est nourri de l’arrivée d’étrangers qui ont choisi la Cité comtale pour y vivre, puis parfois pour y créer leur entreprise. Cette ville où l’on venait pour rester au soleil est aussi devenue, peu à peu, un lieu où l’on reste pour entreprendre.

 

Barcelone veut se faire une place dans l’IA

La Claude Community House n’a pas choisi sa semaine au hasard. Elle s’installe en pleine AI Week, dans un Poblenou passé des usines aux start-up. Un quartier qui raconte, à lui seul, la mue technologique de Barcelone.

Pour Jérémie Benhamou, la capitale catalane est déjà en train de devenir « l’une des places fortes de la tech en Europe ». Quatre jours de Community House ne suffiront pas à l’établir, mais ils donnent déjà un aperçu de l’écosystème : administrations, universités, entreprises, indépendants et entrepreneurs réunis autour d’usages très concrets de l’IA.

Et le sujet dépasse largement Claude. À mesure que ces outils progressent à une vitesse inédite, la vraie question n’est plus ce qu’ils savent faire, mais ce que nous choisissons d’en faire. « Si cela pouvait aider le tissu local, et même au-delà, à comprendre ce qui se passe et l’impact sur la vie des gens au quotidien, ce serait génial », résume Benhamou.

Une start-up ne naîtra pas forcément jeudi d’une conversation commencée lundi. Ce n’est d’ailleurs pas l’essentiel. Le pari est plus simple : voir ce qui se produit lorsque ceux qui utilisent l’IA cessent, quelques heures, de travailler chacun dans leur coin.

Les sessions s’enchaînent de 9 h à 18 h, avant que les discussions ne gagnent le rooftop jusqu’à 22 h. Puis les écrans s’éteindront. Le vrai test viendra après : savoir si les conversations commencées ici continueront à vivre ailleurs.


 

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