

La prochaine génération de retraités espagnols vivra avec une pension de retraite inférieure à celles actuellement perçues, selon une étude économique sur le système espagnol.
(photo domaine public) À travers son rapport Des mesures visant à restaurer (ou non) la viabilité financière des pensions récemment publié, la fondation d'études économique appliquées (Fedea) a cherché à analyser les mesures et solutions possibles pour répondre au problème de durabilité du système de retraites espagnol. La principale conclusion de l'analyse prévient qu'une réduction de l'abondance des retraites distribuées est dans tous les cas inévitable dans le futur.
Retraité en 2040 : 10% en moins
Une réforme de la loi du travail validée en 2013 et qui sera appliquée à partir de 2019, introduit le facteur de durabilité dans le calcul des retraites : cela signifie que le montant des pensions de retraites sera établi en fonction de l'espérance de vie. Selon les calculs de l'étude, cette réforme aura pour conséquence une baisse du montant des retraites de 5% tous les 10 ans. En d'autre termes, les personnes qui partiront à la retraite en 2030 percevront 5% de moins que celle qui prennent la retraite actuellement, et celles qui cesseront leur activité 2040 percevront 10% de moins. Par la suite, les analystes prévoient que la baisse du montant des retraites sera de 7,5% en moyenne pour 2050.
Une population vieillissante
La principale raison de ce déséquilibre du système de retraite provient du vieillissement de la population espagnole qui s'est accentué ces dernières années. Les données de l'institut national espagnol de statistiques (INE) prévoient que dans les prochaines quatre années, il y aura 7,1 millions de personnes en moins appartenant à la tranche d'âges de 16-66 ans, et il y aura 6,8 millions de personnes supplémentaires âgées de plus de 67 ans. Ces prévisions s'appuient sur différentes explications : tout d'abord, l'Espagne est l'un des pays possédant la plus grande espérance de vie à la naissance ; au-delà des 65 ans, les Espagnols ont également la troisième espérance de vie la plus importante, à savoir 87,8 ans pour les femmes et 83,7 ans pour les hommes. D'autre part, le pays présente un taux de fécondité plutôt faible : 1,3 enfant en moyenne par femme, l'un des taux les plus bas des pays développés. Selon le rapport de la fedea, "si les prévisions démographiques de l'INE se réalisent, le budget des dépenses en pensions de retraites atteindra environ 17,4% du PIB espagnol en 2050".
Les femmes ont une retraite 40% inférieure aux hommes
La parité entre hommes et femmes reste encore bien utopique en Espagne où les employées femmes sont moins bien payées que leurs collègues masculins à poste égal, et elles sont encore bien moins nombreuses que les hommes aux postes de direction. Autre constat accablant : les femmes espagnoles percevraient en conséquence une retraite inférieure de près 40 % aux hommes. Ces chiffres ont été révélés par une analyse toute récente de la UGT, le syndicat général espagnol des travailleurs, qui alerte sur la brèche salariale croissante entre les employés des deux sexes. Les femmes retraitées percevraient 741,80 euros de pension par mois en moyenne. Cela représente une différence de 454,38 euros par rapport à la pension moyenne perçue par les hommes qui s'élèverait à 1.197,19 par mois. Autres données inquiétantes : 72,02% des femmes qui bénéficient d'une retraite en Espagne survivraient avec tout juste 700 euros par mois. Pour ce qui est des tranches de revenus retraités les plus faibles, les femmes qui perçoivent les pensions les plus basses (entre 150 et 500 euros par mois) sont 330% plus nombreuses que les hommes qui se trouveraient dans cette situation précaire.
Perrine LAFFON (www.lepetitjournal.com - Espagne) Mercredi 25 janvier 2017
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