Édition internationale

RENCONTRE – Amélie Nothomb de passage à l’Institut Français de Barcelone

Écrit par Lepetitjournal Barcelone
Publié le 1 janvier 1970, mis à jour le 5 janvier 2018

La célèbre écrivaine belge était de passage à Barcelone jeudi dernier. Entre conférence de presse et dégustation de cava, l'IFB a fait salle comble, accueillant une audience venue nombreuse écouter écouter Amélie Nothomb parler de son livre ?Une forme de vie?

(Photo lepetitjournal.com)

Cela fait déjà plusieurs années que l'écrivaine à succès vient à Barcelone, parler d'elle, de ses livres et échanger avec son public d'outre-pyrénées. Son excentricité, sa notoriété mais aussi son talent ne cessent d'attirer, en témoignait la longue file de lecteurs aux abords de l'Institut Français. Etudiants et professeurs de l'IFB mais aussi Barcelonais fervents admirateurs d'Amélie Nothomb, ils étaient près de 400 à s'être massés à l'Institut pour écouter la dame en noir. La grande capacité de la salle de spectacles de l'Institut n'a pas suffit puisque quelques retardataires ont dû rester debout. L'auteure a présenté ?Une forme de vie?, son ouvrage édité en 2010 avant de se livrer avec enthousiasme et bonne humeur au jeu du question-réponse de son public. Quotidiennement sollicitée par le courrier de ses lecteurs, ce roman épistolaire reprend ses correspondances avec Marvin Marple, ce G.I de l'armée américaine coincé en Irak, qui pour se rebeller s'empiffre de junk-food. ?Un jour je suis tombée sur un article traitant de l'obésité dans l'armée américaine et j'ai beaucoup réfléchi sur ce phénomène. C'est comme un acte de sabotage de la guerre : on imagine des soldats musclés et virils mais c'est tout de suite différent si ce sont des obèses qui vont à la guerre. Pour eux, cette prise de poids c'est une manière de montrer que la guerre est quelque chose de ridicule?, souligne Amélie Nothomb.

Récurrents problèmes de nourriture
L'obésité a toujours tenu une place particulière dans les romans d'Amélie Nothomb, tout comme la correspondance dans sa vie : ?En tant que fille de diplomate et expatriée, j'étais obsédée à l'idée de recevoir du courrier, j'étais convaincue que cela donnerait un sens à ma vie. Tout comme les gens qui m'écrivent, aiment que je leur réponde : ils ont l'impression d'exister. La lettre est la seule preuve tangible de l'existence de l'autre. Et il existe un rapport très pointu entre la correspondance et la littérature?. Une coupe de cava à la main, blagues et anecdotes étaient également au programme. Et avec les micros, les problèmes techniques aussi mais ?ce n'est pas grave, tant qu'il y a du cava tout va bien? s'est amusée l'écrivaine, grande amatrice de champagne.

Le Japon, son amour
Son amour pour le Japon, qu'elle a tant de fois crié haut et fort, et encore récemment dans Le Monde des livres, est également revenu sur le devant de la scène : ?J'y suis née et j'ai l'impression de tout devoir à ce pays. J'ai quitté le Japon lorsque j'avais 5 ans, c'est une blessure identitaire fondatrice. Cette blessure d'avoir été arrachée au Japon, je la transpose à toutes les situations. Puis à 21 ans j'ai pris un allé simple pour Tokyo avec l'intention d'y faire ma vie... et je me suis rendue compte que je n'étais pas aussi Japonaise que je le pensais. Je suis une Japonaise ratée mais une Japonaise quand même?. Amélie Nothomb n'a pas remis les pieds sur le sol du pays du Soleil-Levant depuis 1996. Chose à laquelle elle va remédier cette semaine puisqu'elle retourne sur l'Archipel. ?Parfois il y a des retrouvailles exceptionnelles et parfois des retrouvailles ratées, mais encore faut-il y aller pour le savoir?.  

Mathilde MALNIS (lepetitjournal.com ? Espagne) lundi 26 mars 2012

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Publié le 26 mars 2012, mis à jour le 5 janvier 2018
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