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INDIGÈNES - Du grand spectacle pour une grande cause

Par Lepetitjournal Barcelone | Publié le 30/03/2007 à 01:00 | Mis à jour le 10/07/2020 à 16:53
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En se focalisant sur le sort de quatre soldats issus du Maghreb pendant la IIe guerre mondiale, Indigènes rappelle comment les engagés coloniaux ont aidé à libérer la France. Depuis, l'histoire a oublié jusqu'à leur participation et leurs pensions ont été gelées au début des années 60. Le film de Rachid Bouchareb pourrait a participé à une réhabilitation nationale

Les stars d'aujourd'hui endossent les habits de leurs grand-parents (photo Mars Distribution)

Avec ses scènes de combats aux très nombreux figurants, ses tensions masculines au front et sa bande son impitoyable, Indigènes ressemble en tout point à un film de guerre. Le propos pourtant dépasse le genre, et la force de frappe ici n'est pas tant dans la réussite cinématographique que dans la réhabilitation historique des oubliés de la décolonisation.
Pendant la seconde guerre mondiale en effet, 130.000 volontaires d'Afrique noire ou du Maghreb - alors français - ont combattu dans l'Hexagone pour le libérer de l'ennemi nazi. Ils ont d'ailleurs été accueillis comme des libérateurs, suite au débarquement de Provence notamment. "C'est mon pays, dit Saïd, un volontaire venu d'Algérie. Même si je ne l'ai jamais vu avant, je libère mon pays."Et, comme ses nombreux frères, il va y laisser sa peau.

Au nom de tous les leurs
Pendant un temps, les survivants ont reçu une pension de l'Etat français. Mais, au moment de la décolonisation, l'administration a gelé les fonds à leur niveau de 1959 en donnant à cette mesure le poétique nom de "cristallisation des pensions". 40 ans plus tard, ils seraient près de 80.000 vétérans à percevoir environ 1/4 de ce que touchent leurs frères d'armes nés en France.
Le silence d'un pays aurait pu durer encore. Mais, avec cette fiction documentée, Rachid Bouchareb rappelle le rôle des combattants de l'armée d'Afrique, et dénonce en même temps l'injustice dont l'histoire les a frappés.

Un casting au top pour un cinéma militant
Il est certain que pour faire vivre un sujet aussi fragile, Rachid Bouchareb devait s'entourer d'un casting séduisant. Avec Jamel Debbouze, Samy Nacéri, Roschdy Zem, Sami Bouajila et Bernard Blancan, c'est chose faite d'autant que leur collectif Prix d'interprétation masculine à Cannes leur a donné un sacré coup de pouce.
Du seul point de vue artistique, Indigènes pèche par la minceur du scénario, et par l'absence de psychologie des personnages. Mais le combat que mène Rachid Bouchareb ne se joue pas dans le cadre captif du 7e art. Il va bien au-delà puisque grâce à lui, la cristallisation des pensions, contraire à la Convention européenne des droits de l'homme depuis 5 ans, est de nouveau d'actualité.

Les Chirac à la rescousse
À l'issue d'une projection privée lors de la sortie en France, en présence de Jamel Debbouze, Bernadette Chirac aurait soufflé à son mari: "Jacques, il faut faire quelque chose."
De fait, le président de la République a décidé d'améliorer la situation des anciens combattants coloniaux. À partir d'avril 2007, leurs pensions seront revalorisées avec effet à compter du 1er janvier 2007. Si un film de guerre à grand spectacle permet d'éclairer les consciences, alors oui, il faut aller voir Indigènes.  
B.R. (www.lepetitjournal.com) - vendredi 30 mars 2007

Indigènes, de Rachid Bouchareb, avec Jamel Debbouze, Samy Naceri, Roschdy Zem, Sami Bouajila, Bernard Blancan?
Sortie en Espagne le 30 mars 2007 Durée: 2h 8min

https://streamingmoviesright.com/fr/film/indigenes/
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Pour les horaires et les salles voir: Esmadrid

 

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