

Jean Philippe Nadier, directeur de ADN, Recursos humanos (Photo LPJ)
Semaine de 40 heures et contrat à durée déterminée sont la donne générale. "Le marché du travail espagnol se caractérise par sa temporalité", souligne Jean-Philippe Nadier. Un emploi sur trois est temporaire, contre un sur 10 en France, ce qui fait de l'Espagne l'un des pays les plus précaires d'Europe dans ce domaine. Il existe cinq grandes familles de CDD:
- Les contrats "obra o servicio", où l'embauche est motivée par l'accomplissement d'une tâche précise. Ce sont les plus répandus et les plus difficiles à contrôler car rien n'oblige l'employeur à dater la fin du contrat.
- Les remplacements
- Les présélections: l'employeur peut mettre à l'essai jusqu'à 15 personnes pendant trois mois afin de trouver la plus adaptée au poste, à la condition que ce dernier soit pourvu au bout de la période.
- Les "circunstancias de la producción": le surplus de travail induit la prise en charge d'un autre salarié.
- Le "contrato en prácticas": destiné aux jeunes diplômés de certaines filières depuis moins de quatre ans. Il dure entre six mois et deux ans, au cours desquels le jeune perçoit au moins 60% du salaire de base.
En règle générale, les CDD incluent une période d'essai, au cours de laquelle patron comme salarié peuvent rompre le contrat sans préavis, et sans indemnité.
Le beurre et l'argent du beurre
C'est aussi le cas des contrats à durée indéterminée, qui commencent par une période d'essai de six mois environ. Une dizaine de variantes améliorent cependant la condition du salarié, s'il est senior, femme au chômage, jeune entre 16 et 30 ans, etc. Une attention toute particulière doit être portée aux conventions collectives propres à chaque entreprise: elles ajoutent des clauses mais ne peuvent, en aucun cas, contrevenir au code du travail. Elles doivent absolument figurer dans le contrat, avec le salaire brut annuel et la catégorie professionnelle. Le gouvernement de José Luis Zapatero encourage la transformation des CDD en CDI sans grand résultat jusqu'à présent. "Cette précarité, le travailleur français doit l'assumer quand il vient en terre ibérique. Ici, le salaire minimum est à 570 euros. On ne peut pas avoir le beurre et l'argent du beurre ! ", résume Jean-Philippe Nadier.
Claire ROQUIGNY. (www.lepetitjournal.com - Barcelone) lundi 12 mars 2007
Pour plus d'informations, voir le site de l'Inem: www.inem.es
"El estatuto del trabajador", le code du travail espagnol: http://www.mtas.es/publica/estatuto06/estatuto.htm







