Jeudi dernier, c'est dans la salle de cinéma de l'Institut Français de Barcelone que se sont réunis responsables politiques, artistes, journalistes et bien d'autres encore, pour rendre hommage aux victimes des attentats commis dans les locaux de Charlie Hebdo, à Montrouge et à Vincennes.
(Photo lepetitjournal.com) La salle de cinéma remplie, l'Institut a dû ouvrir sa médiathèque ainsi qu'une autre salle pour retransmettre la cérémonie aux 550 personnes venues assister à l'hommage. Parmi les spectateurs on pouvait distinguer des responsables politiques, des représentants des forces de l'ordre, des journalistes, des Français, des Espagnols, des Catalans? Jeudi dernier, une semaine après les attentats, sur la lancée de l'hommage rendu dans les locaux madrilènes la veille, l'Institut Français de Barcelone s'est fendu d'une cérémonie officielle et ouverte au public. Le temps était aux condoléances, aux hommages, aux valeurs françaises et européennes, ainsi qu'à la lutte pour la liberté d'expression.
Ne pas se laisser effrayer
Introduit par Yannick Rascouët, le directeur de l'Institut, Edouard Beslay, Consul général de Barcelone, a rendu hommage aux victimes et remercié "ceux qui se sont joints au deuil de la France". Frédéric Boisseau, Franck Brinsolaro, Jean Cabut, Elsa Cayat, Stéphane Charbonnier, Philippe Honoré, Bernard Maris, Ahmed Merabet, Mustapha Ourrad, Michel Renaud, Bernard Verlhac, Georges Wolinski, Clarissa Jean-Philippe, Philippe Braham, Yohan Cohen, Yoav Hattab, François-Michel Saada, sur une douce musique où s'élève une flûte traversière, le Consul a rappelé les noms des victimes alors que leurs visages défilaient sur l'écran géant. Après avoir salué les institutions, les responsables religieux, les mairies et les associations de Catalogne, Edouaurd Beslay a donné un discours rappelant les valeurs françaises, le soutien de l'Espagne. Il a précisé qu'il "ne faut pas se laisser effrayer par la barbarie".
Soutien aux frères musulmans
Présentés par le journaliste catalan Albert Om Ferrer et son collègue français, Henry de Laguérie, les intervenants se sont succedés à la tribune. Parmi eux, deux artistes : Marina Rossell et Joan Manuel Serrat, le célèbre chanteur catalan. Uriel Benguigui, président de la communauté juive de Barcelone, a émis un discours sur l'union des peuples et des religions. Il a notamment apporté tout son "soutien à [ses] frères musulmans". Josep Maria Flotas, ancien pensionnaire de la comédie française, a proposé deux textes d'Albert Camus s'élevant contre la violence et la terreur, promulguant l'amour, la paix et l'espoir. Il a fini en citant Jean Claude Grumberg : "Tant il est vrai que le rire est le propre de l'homme. Pas la haine, fut-elle religieuse, sociale, littéraire, politique, artistique, géniale, le rire, pas la haine". La représentante des journalistes européens de Catalogne, Teresa Carreras, a également pris le micro pour un discours sur la liberté de la presse, de l'expression et l'unité des religions et des démocraties.
Des dessins en hommage
Pendant tout le temps qu'ont duré ces interventions, 5 hommes sont restés à l'écart, sur une table, "El Chicotriste", Perico Pastor, José Luis Martin, Pierre Amoudry et "Lapin". Ces dessinateurs et caricaturistes n'ont eu cesse de gratter leur feuille et de la colorier pendant toute la cérémonie. Leurs réalisations ont défilé pour finir sur l'écran géant, agrémentées de leurs explications. Certains dessins seront publiés le lendemain, d'autres donnés à l'Institut. C'est la "Senyora" Nùria de Gispert, présidente du parlement de Catalogne, qui a clôt le bal des intervenants. Après un mot du Consul, la cérémonie s'est fermée sur l'hymne national français.
Jules BESSE (www.lepetitjournal.com - Espagne) Lundi 19 janvier 2015
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