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1er MAI - Comment célèbre-t-on la fête du Travail en Espagne?

Par Lepetitjournal Barcelone | Publié le 30/04/2019 à 10:00 | Mis à jour le 30/04/2019 à 12:01
Photo : Facebook CCOO
1er mai Espagne

Comme en France, le 1er mai est un jour férié et chômé en Espagne à l'occasion de la Journée internationale des travailleurs. Si pour beaucoup, il s'agit d'un jour de repos pour profiter en famille, c'est aussi une journée centrale dans l'histoire des acquis sociaux des pays, et notamment pour le droit du travail. Retour sur l'histoire de cette manifestation et sur les manières dont ce jour est célébré dans les deux pays.

Journée internationale des travailleurs, le 1er mai est une fête célébrée dans de nombreux pays dans le monde et illustre, à l'origine, un moment de revendications sociales des travailleurs. C'est en 1889, lors du Congrès de la II Internationale, que le 1er mai a reçu cette fonction, dans le but d'obtenir la mise en place de la journée de huit heures de travail. En Espagne, cette fête a été prise en charge par les groupes socialistes et anarchistes dès 1889. Avec la dictature, se sont alternées les années où les célébrations et les manifestations ont été acceptées ou interdites. Avec l'instauration de la IIème République en 1931, la fête prend un nouveau poids, qui lui sera retiré avec l'arrivée de Franco au pouvoir, lequel interdit cette fête. En France, l'institution du 1er mai s'est aussi faite progressivement. C'est le maréchal Pétain qui l'a mise en place en 1941, en en faisant un jour chômé, férié et payé. 

 

Le droit du travail espagnol


Comme dans beaucoup de pays, le 1er mai est l'occasion pour la population et les travailleurs de revendiquer leurs droits ou de s'opposer à certaines décisions de leur gouvernement. À ce titre, la législation et la réglementation du travail en Espagne s'est faite progressivement, mais n'a réellement pris des mesures chocs qu'à compter de la mort de Franco. En effet, jusqu'à sa mort, le droit du travail espagnol dépendait du Fuero del Trabajo (1938), loi du régime franquiste, dont les mesures n'étaient pas en faveur des travailleurs et ne leur laissaient que peu de marge de manoeuvre et de droits réels. Ainsi, lors de la Transition Démocratique, une des priorités au-delà du rétablissement de la vie politique démocratique, était donc de se concentrer sur le droit du travail.

Des textes ont ainsi été rédigés pour garantir aux travailleurs des droits et des devoirs à l'image de la Loi des Relations de Travail de 1976 qui s'oppose au licenciement abusif, règle les relations de travail spécialisées, impose des temps de repos de 15 minutes après 6 heures de travail de suite, ou encore fait passer le temps de travail de 48 à 44 heures par semaine. Elle est complétée par le décret royal de 1977 qui reconnait le droit de grève et le régule, par la Constitution espagnole de 1977 qui reconnait comme droit et liberté fondamentale la grève, la liberté syndicale, et le droit à une rémunération suffisante. On peut aussi mentionner le Statut du Travail de 1980, étape finale pour encadrer le travail et les mouvements sociaux. Ces différentes mesures sont donc la base du droit du travail espagnol, textes de référence pour les travailleurs.

 

Le 1er mai: la journée des syndicats


En France comme en Espagne, le 1er mai est une journée fériée et chômée, mais surtout dédiée aux manifestations de la part des travailleurs. À ce titre, les syndicats jouent un grand rôle dans l'organisation de ces cortèges, puisqu'ils appellent les salariés, les ouvriers et l'ensemble des travailleurs à les rejoindre pour revendiquer leurs droits et donner une plus grande visibilité à leurs demandes. En France, on assiste ainsi dans les grandes villes à des manifestations syndicales, intersyndicales mais aussi unitaires (rassemblant la totalité des syndicats) pour que le poids soit plus important. La plus importante a généralement lieu à Paris. En marge des revendications salariales ou liées à l'emploi et aux conditions de travail, ces défilés sont aussi l'occasion de mettre en évidence certains débats sociaux.


En Espagne, les syndicats ont aussi un rôle important le 1er mai et appellent la population à sortir dans la rue pour faire valoir leurs droits et leurs mécontentements. Des manifestations sont organisées dans toutes les grandes villes de la péninsule, dont certaines sont aussi menées par des fédérations de syndicats ou par la volonté d'union des différents syndicats. Toutefois, le nombre de personnes syndiquées étant en baisse, ces manifestations rassemblent de moins en moins de monde d'année en année. 

 

Qu'en est-il du 1er mai cette année?


L'année 2019 n'échappera pas aux mobilisations, que ce soit en France comme en Espagne. En effet, ces derniers jours, les syndicats ont appelé les Espagnols à les rejoindre dans la rue. Un appel conjoint à la mobilisation a été lancé par les deux principaux syndicats du pays, UGT (Union Générale des Travailleurs) et CCOO (Confederación Sindical de Comisiones Obreras), pour "récupérer la qualité de l'emploi". "Il faut en finir avec un modèle de travailleurs pauvres et mettre un terme à la précarité", a déclaré Pepe Álvarez, Secrétaire Général d'UGT "en promouvant un plan choc qui permette de descendre en dessous du seuil des 3,5 millions de personnes actuellement au chômage, mais aussi de changer de modèle de production, pour un emploi de qualité avec des perspectives d'avenir".

A Madrid, sous le slogan "Les personnes d'abord. La lutte continue", la manifestation partira à midi de la Fontaine de Neptune, en face du Prado, pour se diriger jusqu'à Sol. En fin de manifestation, les participants pourront comme l'an dernier profiter de concerts gratuits sur la place du musée Reina Sofía.

A Barcelone, la principale concentration aura lieu à partir de 11h30 sur la Place Urquinaona / Ronda de Sant Pere, pour finir sur la Place Antonio López, tandis que les plus enthousiastes pourront partager une Botifarrada à 13h30, devant le siège d'UGT, sur la Rambla del Raval.

 

botifarrada barcelone

 

Clémentine COUZI + VG

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