Édition internationale

RENCONTRE - Benjamin Biolay : "Enrique Morente, pour moi c'était les Doors"

Écrit par Lepetitjournal Barcelone
Publié le 1 janvier 1970, mis à jour le 13 novembre 2012

Mercredi dernier, le musicien Benjamin Biolay a chanté au Palau de la Música de Barcelone dans le cadre du festival Mil-lenni. A cette occasion, le plus timide des provocateurs de la chanson française a évoqué ses préférences en musique ibérique et son ressenti sur la politique espagnole en matière de droits d'auteurs

De passage à Barcelone et lauréat de deux prix aux Victoires de la Musique en mars dernier (artiste masculin de l'année et album de l'année pour La Superbe), Benjamin Biolay sera à Madrid le 13 mai prochain à la Sala Heineken. Compositeur, producteur et arrangeur, il a travaillé longtemps pour d'autres artistes, tel Henry Salvador, Françoise Hardy ou Keren Ann. "Mon artiste espagnole préférée c'est la Mala Rodriguez. On a failli collaborer ensemble et puis ça ne s'est pas fait. J'adorerais, mais quand je l'ai découverte, elle était encore underground. Depuis elle est devenue très célèbre, son business et son entourage se sont compliqués". Le chanteur se félicite d'avoir pu voir Luz Casal en concert à Paris le mois dernier, une artiste qu'il aime depuis longtemps. "J'aime aussi beaucoup Bébé, Estrella Morente. Et son père !  J'ai assisté à un petit concert d'Enrique Morente d'environ vingt personnes. Pour moi, c'était comme un concert de rock, c'était les Doors. Je ne l'envisageais pas comme étant du flamenco mais juste comme une musique et les sentiments qu'elle dégageait, le sexe, la drogue, la passion...".

Pénalisation des manteros : "lamentable et choquant"
L'artiste a rendu sa carte du PS et a déjà confié qu'il avait du mal à parler de politique dans ses chansons. En revanche, il s'y intéresse. Les politiques restrictives contre le téléchargement gratuit en France et en Espagne le laissent perplexe. Est-ce que lui-même préconiserait un modèle de réglementation de ces pratiques ? "Je suis un type qui fait des chansons mais je suis aussi producteur de disques. Ce sont des enjeux qui me dépassent complètement. Je crois qu'il y a des milliers de problèmes plus importants que l'industrie du disque et que tout ça sert à se donner bonne conscience et éviter d'attaquer ceux qui ont causé les vrais problèmes c'est-à-dire les fournisseurs d'accès, Apple et toute cette industrie. On essaie de taper sur les utilisateurs et je trouve ça un petit peu dégueulasse". La pénalisation en Espagne des vendeurs de rue "manteros", contre laquelle se sont mobilisés les mouvements sociaux en mars dernier, le choque. "C'est lamentable. En Europe, j'ai découvert plein de disques de cette façon. Ca n'empêche pas de les racheter ensuite. Et puis des gens qui sont dans une misère absolue? Les gens préfèrent qu'ils se prostituent ou vendent de la drogue plutôt que de vendre des disques piratés ? C'est scandaleux. En même temps le marché espagnol va très mal, chacun ses réactions. Mais c'est lamentable et choquant pour un gouvernement socialiste".

Elisabeth Chanard (www.lepetitjournal.com - Espagne) vendredi 9 avril 2010

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Publié le 9 avril 2010, mis à jour le 13 novembre 2012
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