Une pénurie temporaire de gaz rappelle que la Thaïlande est en sursis

Par Eric DESEUT | Publié le 22/02/2013 à 00:00 | Mis à jour le 16/03/2022 à 03:42

La société Total va donner un coup de pouce aux Thaïlandais qui craignent une pénurie d'électricité durant le caniculaire mois d'avril traditionnellement marqué par des records de consommation.

Total a accepté de retarder de 36 heures des opérations de maintenance sur le champ gazier birman de Yadana. Ces quelques heures de sursis permettront d'atteindre la période des vacances du Nouvel An thaïlandais durant lesquelles la consommation chute. Le gisement de Yadana fournit un quart de la consommation thaïlandaise en gaz naturel.

Ce combustible constitue 70 % des besoins en énergie du royaume qui sont complétés à hauteur de 20 % par les centrales à charbon tandis que les énergies renouvelables fournissent les 10 % restant.

Les opérations de maintenance de Yadana sont désormais programmées entre le 5 et le 14 avril et la rupture de l'approvisionnement en gaz birman affectera surtout les centrales électriques situées dans l'ouest de la Thaïlande. Ditpong Potchana, cadre de l'entreprise d'État en charge de la production et de la distribution d'électricité (EGAT), estime que la production thaïlandaise pâtira d'un déficit de 6.000 mégawatts pendant une période où les besoins se montent à 26.500 mégawatts.

Les membres du gouvernement ont donc symboliquement tombé la veste pour annoncer hier des mesures d'économie telles qu'une limitation des systèmes d'air conditionné à 25° tandis que les industriels sont invités à basculer leurs activités vers les heures creuses. Il n'est pas dit que ces initiatives soient suffisantes et EGAT devra peut-être alimenter ses centrales électriques avec du mazout ou du diesel ce qui augmenterait le coût de production du kilowattheure de 0.0048 baht.

À moyen et long terme, des alternatives devront toutefois émerger, car les réserves en gaz naturel sont limitées. Les importations thaïlandaises de gaz naturel liquéfié [LNG] pourraient donc doubler d'ici une quinzaine d'années, mais le coût de cet hydrocarbure est trois fois supérieur. Sans négliger le potentiel hydroélectrique du Laos, Ditpong Potchana privilégie la piste du charbon en raison des progrès technologiques qui offrent un meilleur rendement lors de la conversion en électricité.

E.D. vendredi 22 février 2013

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