Un mort et huit blessés autour de Lumpini, Seh Daeng grièvement blessé

Par Lepetitjournal.com Bangkok avec AFP | Publié le 13/05/2010 à 00:00 | Mis à jour le 17/12/2020 à 05:48
Photo : Le général Khattiya Sawasdipol, alias Seh Daeng, héros guerrier aux yeux de nombreux manifestants, est dans un état stable après avoir été opéré en urgence des suites d'une blessure par balle à la tête (Photo Quentin WEINSANTO)
sehdaeng shot

(Dernière mise à jour 12h30) La dispersion de la manifestation semble bele et bien engagée, alors que Bangkok s'est réveillée ce matin dans une atmosphère particulièrement tendue après les multiples affrontements survenus la veille et dans la nuit entre forces de l'ordre et manifestants antigouvernementaux qui ont fait un mort et huit blessés, dont le fameux général Rouge, Seh Daeng. Les Etats-Unis ont fermé leur ambassade, la France recommande la plus grande prudence

La dispersion de la manifestation antigouvernementale qui occupe une grande partie du centre commercial de Bangkok depuis plus d'un mois est semble-t-il engagée, plusieurs tirs ayant été entendu peu après midi près du marché de nuit de Suan Lum sur l'avenue Witthayu (Wireless). L'armée avait prévenu hier qu'elle fermerait l'accès au site de manifestation qui tient sur le périmètre compris entre les avenues Rama IV, Phaya Thai, Petchburi et Witthayu (Wireless). Les militaires ont aussi dit qu'ils déploierait des tireurs d'élite.

Les violences ont commencé hier en début de soirée, lorsque le général renégat Kattiya Sawasdipol, alias Seh Deng, une figure clé du mouvement de manifestation, a été sérieusement blessé par balle à la tête au moment où il donnait une interview à des journalistes devant la station de métro MRT Silom, sur le site de manifestation devenu un camp retranché. Des affrontements ont aussitôt eu lieu les entre manifestants et forces de l'ordre avec des jets de grenades et des tirs d'armes à feu.

Cette nouvelle explosion de violence arrive après que le Premier ministre Abhisit Vejjajiva a mis en suspens, hier, le projet d'organisation d'élections anticipées en novembre, remettant de fait en question les perspectives de solution à la crise politique qui mine le pays depuis 2005.

Les leaders des Chemises rouges ont promis de ne pas se rendre malgré l'attaque sur celui qui avait mis en place l'"Armée du Peuple?, les gardes habillés tout de noir, et qui encadrent les manifestants
"Si vous pensez que tirer sur Seh Deng risque d'effrayer les leaders et les dissuader de monter sur la scène, vous êtes dans l'erreur, a lancé Jatuporn Prompan, au micro. Nous ne quitterons pas le camp comme des perdants.

Néanmoins, l'ambiance n'était pas vraiment sereine lorsque la nouvelle est arrivée sous les tentes des leaders, et ces derniers ont temporisé avant d'annoncer la nouvelle au public.

Les autorités ont coupé le courant et l'approvisionnement en eau sur la zone de manifestation ainsi que le signal de téléphonie mobile.

En fin de soirée, des affrontements sporadiques ont eu lieu sur l'avenue Rama IV entre les entrées sud-est et sud-ouest du parc Lumpini, qui ont fait au moins un mort et plusieurs blessés.

Sur la rue Sarasin, qui borde la partie nord du parc Lumipini, une vingtaine de gardes, selon des manifestants, auraient été emmenés en ambulance autour de 3 heures après avoir été empoisonnés. Des manifestants sur place évoquaient un faux journaliste arborant le fameux brassard vert de l'association des journalistes thaïlandais (TJA), qui aurait offert du café aux gardes.

Les Etats-Unis se sont dits ?très concernés? par les violences et ont fermé leur ambassade l'estimant trop proche du site de manifestation.

L'ambassade de France a quant à elle demande a ses ressortissants la plus grande prudence : "Après les incidents graves survenus dans la nuit du 13 au 14 mai, la situation à Bangkok est particulièrement tendue et volatile, avec un risque de nouveaux affrontements armés, dit le communique publié sur son site. L'Ambassade recommande aux ressortissants français, de passage ou résidents, d'éviter tous déplacements non essentiels dans la capitale, et notamment la nuit. Elle les invite également à se tenir informés régulièrement de l'actualité". (lire la suite du communiqué)

Au total, 30 personnes ont été tuées et plus de l.000 ont été blessées depuis le début des manifestations. Le 10 avril dernier, une opération de dispersion avait mal tourné, faisant 25 morts et plusieurs centaines de blessés, ce que les chemises rouges reprochent au vice-Premier minisre, Suthep Thaugsuban.

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