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THAILANDE – Fin de partie pour les "rouges", sous la pression de l’armée

Par Lepetitjournal.com Bangkok avec AFP | Publié le 15/04/2009 à 01:01 | Mis à jour le 15/12/2018 à 13:59
Photo : Les "rouges"ont décidé de jeter l'éponge pour cette fois-ci mais n'ont pas dit leur dernier mot (Photo Pierre QUEFFELEC)
manif chemises rouges Thailande

Encerclés par l'armée autour du siège du gouvernement, les "chemises rouges"ont décidé hier de mettre fin à leur rassemblement. Débordés par la dérive violente de leur mouvement, les pro-Thaksin n'en ont toutefois sûrement pas fini avec la contestation
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(Bangkok) - La journée d'hier avait commencé dans l'incertitude, autour du siège du gouvernement. Visiblement dissuadés par la forte présence militaire autour du bâtiment, beaucoup de "chemises rouges"avaient quitté les lieux dans la nuit de lundi à mardi, laissant sur place un noyau dur de 2.500 supporters. Utilisant la même tactique que lundi, des camions-citernes transportant du gaz liquéfié avaient été positionnés aux abords de la Maison du gouvernement, pour dissuader les militaires de s'en approcher. Mais en milieu de matinée, les soldats ont commencé à resserrer l'étau autour des manifestants, se préparant à intervenir à coups de gaz lacrymogènes. Pour "épargner les vies"des protestataires, les leaders de l'UDD (Union contre la dictature et pour la démocratie) ont donc décidé de siffler la fin de la partie. Ils ont demandé à leurs partisans d'évacuer le site, et d'accepter d'emprunter les bus mis à disposition par le gouvernement pour les ramener chez eux, essentiellement dans le Nord et le Nord-Est. 60 véhicules ont été mobilisés. Au moins trois des dirigeants du mouvement, Veera Musigapong, Nattawut Saikua et Suporn Uttawong, se sont presque immédiatement rendus à la police. Le chef de la police a annoncé que des mandats d'arrêt allaient être lancés contre tous les leaders des "chemises rouges", pour avoir enfreint la disposition de l'état d'urgence qui interdit les rassemblements de plus de cinq personnes.

Les "rouges"se sont surestimés
Fin de partie dans les larmes, donc, après trois semaines de manifestations autour du siège du gouvernement. Les "rouges", qui se présentaient comme les défenseurs de la démocratie, semblent avoir surestimé leurs forces. "Ils ont pensé qu'ils pouvaient provoquer l'armée et générer un soulèvement généralisé. Mais leur dérive violente leur a fait perdre leur légitimité, estime pour Lepetitjournal.com l'analyste Thitinan Pongsudhirak, directeur de l'Institut de sécurité et d'études internationales de l'université de Chulalongkorn à Bangkok. Les manifestants étaient dispersés sur trop de sites, ils n'ont donc pas réussi à garder le contrôle de la situation et à éviter les violences". Même affaiblis, les "chemises rouges"ne semblent pas décidés à en rester là. "Nous avons arrêté les manifestations, mais pas la lutte pour la démocratie. Nous continuerons le mouvement", a promis Nattawut Saikua. "Le sentiment d'injustice qui sous-tend le mouvement des "rouges"ne va pas disparaître. Ils retenteront sûrement quelque chose dans l'avenir", prévoit Thitinan.

Emmanuelle MICHEL avec AFP mercredi 15 avril 2009

Songkran prolongé, fin des perturbations à Bangkok
Le gouvernement a décidé de rajouter deux jours fériés supplémentaires aux célébrations du Nouvel An bouddhiste ("Songkran") pour permettre la remise en état des bâtiments et des équipements endommagés pendant les affrontements. Jeudi 16 et vendredi 17 avril seront donc chômés. Les entreprises publiques, les banques et le ministère du Travail sont autorisés à décider au cas par cas s'ils souhaitent prendre ces deux jours fériés supplémentaires. Pattareeya Benchaponchai, la directrice du SET (Stock exchange of Thailand) a déclaré hier que les banques privées ouvriraient comme d'habitude. Les perturbations engendrées par les manifestations à Bangkok se sont rapidement résorbées, hier. Toutes les lignes de train partant de la gare centrale de Hua Lampong fonctionnent de nouveau. Elles avaient été suspendues lundi car des manifestants bloquaient les voies. Les voyageurs désirant plus d'informations peuvent appeler le numéro spécial 1690. Tous les bus circulent dans la capitale, mais certains doivent emprunter des routes alternatives pour éviter les rues encore bloquées par les débris laissés par les affrontements. Les centres commerciaux du quartier de Siam, ainsi que Central World, fermés depuis près de trois jours par crainte de pillages, ont rapidement rouvert. Le ministère thaïlandais des Affaires étrangères a publié un communiqué de presse affirmant que la situation était revenue à la normale. "Les étrangers n'ont pas été visés dans le conflit politique actuel. Le gouvernement continuera d'appliquer des mesures pour assurer la sécurité et le bien-être des étrangers en Thaïlande, ainsi que la sécurité et le fonctionnement continu des aéroports du pays", promet le communiqué. Plusieurs pays ont maintenu leurs recommandations faites à leurs ressortissants de ne pas voyager dans le royaume. L'ambassade de France pourrait éventuellement lever son avis de mise en garde aujourd'hui si le retour au calme annoncé par le retrait des manifestants s'est confirmé.
E.M.
mercredi 15 avril 2009

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