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LYCEE FRANÇAIS - Les seconde B en mission de soutien aux enfants victimes de l’esclavage

Par La rédaction de Bangkok | Publié le 24/03/2015 à 23:00 | Mis à jour le 16/01/2019 à 08:20
Lycee Francais Bangkok

29 élèves de la classe de seconde B du Lycée Français International de Bangkok (LFIB) se sont déplacés à Pattaya, le 13 février dernier, pour apporter des dons en nature et en argent à l'association ATCC (Anti-human Trafficking and Child Abuse Center), une ONG locale qui vient en aide aux enfants victimes d'esclavage et/ou de prostitution.

En tout, la délégation du LFIB venue en autocar de Bangkok, a remis au directeur de l'organisation la somme de 70.000 bahts et du matériel de première nécessité ainsi que des denrées. Cette sortie était l'aboutissement d'un projet de soutien humanitaire de six mois réalisé dans le cadre du lycée.

C'est leur professeur d'anglais, monsieur Park, qui leur a proposé en septembre dernier de créer, dans le cadre de son cours, un atelier autour d'une association humanitaire. Le projet consistait à organiser une campagne de soutien en faveur d'une organisation humanitaire. Le choix de l'organisation a été laissé aux élèves et, après quelques recherches, ils ont choisi l'association ATCC.

?Le professeur nous a demandé de rechercher qui nous voulions aider. En petits groupes [?] nous avons fait un vote," explique Olinda, une élève de la classe de 2nde. "Ce thème de la prostitution et des femmes nous a beaucoup plu car c'est une cause à laquelle on ne pense pas souvent?.

Située dans la province de Chonburi à Pattaya, l'association ATCC accueille et réinsère des enfants de 6 à 17 ans victimes d'esclavage ou d'abus sexuels.

Mais que vient faire un tel projet dans un cours d'anglais, me direz-vous ? Et bien l'essentiel de l'activité consistant en des prises de contacts pour trouver des sponsors et autres donateurs, il faut donc présenter, convaincre, le tout dans la langue de Shakespeare.

?En atelier d'anglais, nous développons les compétences de prise de parole en public des élèves", nous explique M. Park.

"Plus tard cette année, nous avons également fait des débats, ce qui permet de se référer aux questions sociales et humanitaires. [?]. La façon dont l'élève, individuellement, a contribué dès le début, et comment cette nouvelle connaissance est présentée sur différents supports (la photo, la vidéo et le texte) feront partie de mon processus d'évaluation?, précise-t-il

Le nom du projet est d'ailleurs en anglais Against Trafficking and Underage Prostitution (ATUP).

Les élèves ont contacté donc l'association et les sponsors, trouvé les fonds, conçus affiches et t-shirts, une page Facebook, et une collecte de fonds a été lancée.

Au total, ils ont réussi à récolter plus de 70.000 bahts ainsi que des produits de première nécessité, tels que de la nourriture, des produits hygiéniques, une fontaine d'eau, une imprimante.

Pour rassembler cette somme, les élèves de M. Park ont organisé des ventes caritatives (qui leur ont rapporté 21.000 bahts), et mobilisé des sponsors tels que Michelin, Microsoft, Géodis, Bred, ou encore EDF.

Les fonds vont permettre à l'ATCC de construire un nouveau dortoir qui pourra accueillir 5 enfants de plus (le budget pour un dortoir est de 17.000 bahts).

Rencontre avec l'association ATCC et la réalité de l'esclavage des enfants

Le directeur de l'ATCC, M. Pallissorn Noja, a présenté son association aux élèves qui ont pu découvrir, diaporama à l'appui, les sévices que subissent nombres d'enfants, esclaves sur des bateaux de pêche ou objets sexuels dans des bordels clandestins.

Cette expérience choc qui a confrontés les jeunes du LFIB à une réalité des plus âpres, aura été tout aussi instructive qu'utile, et a donné à certains l'envie de poursuivre en ce sens.

"Les voir nous a permis de comprendre ce qu'ils avaient vécu, et nous voulions et voulons essayer de les soulager de leur histoire. C'est ça qui a été le plus frappant dans notre projet," estime Jade.

Ils avaient beau s'être documentés sur le sujet pendant les six mois de préparation, les élèves se sont dits bouleversés par les récits des expériences terribles endurées par ces enfants âgés de 4 à 17 ans.

Ils étaient cependant  émus et heureux d'avoir mené à bien leur projet. Mission accomplie selon leur professeur M. Park !
La jeune Laetitia a trouvé cette expérience "très émouvante". "Savoir que la présence de la prostitution et d'abus sexuel en Thaïlande est abondante et entendre le passé de ces enfants, victimes de ces trafics sont deux choses complètement différentes", souligne-t-elle.

"Cette expérience a été une grande réussite pour tout le monde, et a permis à certaines personnes d'ouvrir les yeux et de voir ce qui se passe autour de nous", ajoute Camille.

?Les étudiants semblent maintenant avoir compris que leurs contributions peuvent réellement changer le monde d'une personne, pas uniquement en théorie, mais avec une action réelle et des résultats. Ils ont fourni de la nourriture, une pompe à eau et un moyen de construire un endroit où les enfants puissent dormir, une maison?, se félicite M. Park.

L'association ATCC héberge en ce moment 43 enfants victimes de trafic et de prostitution. Elle est financée principalement par des dons et reçoit également des subventions de plusieurs ambassades, notamment l'ambassade de France qui fait don de 100.000 bahts par ans à l'association, et collabore avec les bénévoles pour retrouver et condamner les coupables d'abus sexuels et d'esclavage en Europe.

L'année dernière 143 enfants originaires de Thaïlande, de Birmanie, du Cambodge et du Laos ont pu être secourus. Il s'agit de leur apporter un soutien psychologique, de les réinsérer et leur permettre de retrouver une ?vie sociale? décente.  En les scolarisant, en les plaçant en famille d'accueil, en les aidant à retourner dans leur pays d'origine et à trouver un travail quand ils en ont l'âge.

L'association travaille avec environ 70 animateurs bénévoles, qui recherchent et identifient les enfants victimes, pour les accueillir et permettre de poursuivre en justice les coupables.

Beaucoup de travailleurs sociaux pensent qu'avec la mise en place de l'espace économique commun des pays de l'ASEAN (AEC) et l'ouverture des frontières, la situation est susceptible d'empirer.

Voir aussi
Le site Internet de l'ATCC
La page Internet du projet ATCC sur le site du LFIB
Thomas MERER () mercredi 25 mars 2015

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