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La Malaisie libère 11 Ouïghours chinois enfuis de Thaïlande

Par Lepetitjournal.com Bangkok avec AFP | Publié le 14/10/2018 à 00:31 | Mis à jour le 15/10/2018 à 02:31

La Malaisie a libéré, au mépris des demandes d’extradition chinoises, 11 Ouïghours qui s’étaient échappés l’an dernier d’un centre de détention thaïlandais, a fait savoir leur avocat vendredi

L'évasion spectaculaire survenue en novembre dernier avait vu vingt-cinq prisonniers ouïghours s’échapper d'un centre de détention dans le sud de la Thaïlande en utilisant des couvertures pour se hisser hors de leur cellule.

Onze d’entre eux, tous des hommes, avaient réussi à passer en Malaisie où ils avaient été arrêtés puis inculpés pour entrée illégale -le Sud de la Thaïlande et la Malaisie partagent en effet une frontière réputée poreuse.

Les onze ont finalement été libérés et déportés vers la Turquie, mardi, a indiqué leur avocat, Fahmi Abdul Moin. "Les procureurs ont décidé de lever les charges sur des considérations humanitaires," a-t-il dit.

Cette décision de justice intervient après que les avocats ont écrit au procureur général malaisien, le pressant de lever les accusations, a ajouté Fahmi Abdul Moin.

L’ONG Human Rights Watch (HRW) a salué cette libération. "Ces 11 hommes risquaient la détention, la torture voire pire s’ils avaient été renvoyés en Chine," a déclaré le directeur adjoint de HRW pour l’Asie, Phil Robertson.

La Chine avait demandé en février au précédent gouvernement malaisien de rapatrier le groupe d’hommes, mais le nouveau Premier ministre, Mahathir Mohamad, a choisi d’adopter une posture plus indépendante vis-à-vis de Pékin. 

Depuis son arrivée au pouvoir en mai, Mahathir a annulé pour plus de 20 milliards de dollars de projets d’infrastructures soutenus par des sociétés chinoises dont des chemins de fer et des gazoducs.

Le prédécesseur de Mahathir, Najib Razak, était perçu comme trop conciliant avec Pékin. Son gouvernement a renvoyé en Chine l’an dernier 29 Ouïghours dont il disait qu’ils étaient impliqués dans le militantisme islamiste. 

En Chine vivent quelque 10 millions d’Ouïghours, majoritairement musulmans. De nombreux membres de cette ethnie se plaignent de discriminations sur le marché du travail et de restrictions visant leur pratique religieuse. L'ONU estime que plus d’un millions d’Ouïghours et autres membres de minorités musulmanes seraient détenus dans des camps de rééducation pour des "délits" tels que prendre contact avec des membres de leur famille hors du pays ou encore souhaiter les vœux sur les réseaux sociaux au moment des fêtes musulmanes.

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