

Marc Villard, Conseiller Elu de l'Assemblée des Français de l'étranger basé au Vietnam, représente le parti Socialiste (PS) aux législatives dans la 11e circonscription. De passage sur Bangkok dans le cadre d'une tournée électorale de deux semaines, il donnait mercredi soir une réunion publique au cours de laquelle il a exposé ses idées sur la fonction du député des Français de l'Étranger et sur les solutions aux problèmes liés à l'expatriation
En tournée électorale depuis le 14 mai jusqu'à la fin du mois sur la 11e circonscription, pour laquelle il brigue le siège de député, Marc Villard a déjà visité près d'une dizaine de métropoles en 10 jours, dont Hong Kong, Shanghai, Pékin, Séoul, Taipeh, Tokyo, Manille et Bangkok où il était jeudi soir pour donner une réunion publique devant une trentaine de personnes. Il est à Vientiane aujourd'hui et doit encore se rendre à Phnom Pehn, Saigon, Sydney, Melbourne, Jakarta, Singapour avant de rentrer sur le Vietnam. Ce Conseiller élu de l'Assemblée des Français de l'étranger (AFE) depuis 12 ans basé au Vietnam s'estime non seulement investi de toute l'expérience des problématiques liées à l'expatriation, mais aussi de la connaissance des rouages des institutions dans la plupart desquelles il a ?uvré. Pour lui, si le député des Français de l'Étranger est d'abord un représentant de la nation avant d'être le représentant des habitants de sa circonscription, ce dernier aura pour rôle d'influencer les autres parlementaires afin de rectifier la perception trop souvent négative qu'ont les politiques de l'hexagone dès lors que l'on aborde la question des expatriés.
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Voilà dix jours que vous êtes parti en campagne dans la région, qu'est-ce qui vous a marqué, quels éléments nouveau sont-ils ressortis ?
Tout d'abord, je suis parti dans cette tournée dans une position beaucoup plus confortable, puisque j'étais sous les couleurs du Président de la République. Avant je ne savais pas si j'allais rouler pour la majorité ou l'opposition, maintenant, je sais que je roule désormais pour la majorité. J'ai vu de nombreux pays, en bénéficiant d'un bon accueil de la communauté française, même si on regrette de ne pas voir assez de monde [aux réunions publiques]. La plupart du temps, ce sont des gens qui ont une certaine idée du choix de leur vote, ils viennent un peu pour jauger le candidat car les électeurs ont du mal à comprendre ou à imaginer le rôle du député. Donc ils viennent, ils posent des questions, et ça revient la plupart du temps aux mêmes préoccupations des Français de l'étranger dont on a parlé ce soir. Je n'ai pas vu beaucoup de choses notables [durant cette tournée]. On sent quand même chez beaucoup de Français que j'ai rencontrés, le désir de changement que le mouvement qui a commencé avec l'élection de François Hollande se poursuive par l'élection de députés.
Vous vous présentez tout de même dans une circonscription qui a voté majoritairement à droite lors des précédents rendez-vous électoraux, ne craignez-vous pas que l'étiquette PS soit un handicap difficile à surpasser ici ?
Non pas du tout, d'autant que c'est une étiquette que j'ai choisie. Mais là, en plus, avec l'élection de François Hollande, ce n'est pas un handicap, c'est un label ! Un label "Président de la République". Effectivement, le vote des Français ici a été majoritairement pour Sarkozy, mais il s'agissait de la Présidentielle. Maintenant, il s'agit d'élire des députés, les critères de choix ne seront pas nécessairement les mêmes. Il y a bien sûr ceux qui vont choisir de voter selon leur opinion politique ancrée. Il y a ensuite les personnes qui, même si elles attendaient un président de droite se diront que, tant qu'à faire, il vaut mieux élire aujourd'hui un député de la majorité plutôt que de l'opposition. Ces derniers font parties des personnes qui viennent nous voir dans les réunions publiques pour se rendre compte si l'on est éligible, même pour leurs idées. Ensuite il y aura ceux qui feront leur choix sur le candidat plus que sur les idées politiques : il y a ceux qui préfèreront un candidat de terrain, ceux qui préfèreront un candidat parachuté. Enfin, il y aura le choix de la personnalité des candidats, et quand on met tout cela bout à bout, je pense que j'aurai des chances raisonnables.
Comment comptez-vous faire remonter les infos depuis le terrain, quel est votre réseau ?
Les premiers interlocuteurs que je vois sont les élus de l'AFE. Je ne me vois pas expliquer que j'ai une légitimité à me présenter comme député parce que mon mandat à l'AFE m'a donné l'expérience et la connaissance pour assumer mon mandat et puis ensuite dire que je ne compte pas m'appuyer sur les élus des Français de l'étranger. Cela me semble évident, et j'entends bien m'appuyer sur les élus de tous bords. Je suis ami avec Alain-Pierre Mignon (UMP) et nous avons d'excellentes relations avec Thierry Consigny (élu AFE et délégué UMP) à Tokyo, et aussi Francis Nizet (élu AFE et candidat UDF-Modem) en Chine, même si nous n'avons pas toujours d'accords sur certains points, nous n'avons pas la même approche sur la gratuité scolaire, on se reconnait la légitimité de représenter les Français de l'étranger avec des sensibilités différentes. Il faut s'appuyer sur les élus de terrain. Et si on ne fait pas cela, on remet en question l'existence même de l'Assemblée des Français de l'étranger.
Par ailleurs, l'AFE est un réseau à plusieurs niveaux. Il y a l'AFE en direct avec les élus, mais ceux-ci ont des représentants un peu partout dans la circonscription, souvent des membres des associations (ADFE, UFE), peu importe le bord politique, ce sont des gens de terrain. En vingt ans [de résidence, ndlr] dans la région, on se fait de nombreux amis. Il y a le personnel consulaire avec qui on travaille, qui tourne certes, mais que l'on retrouve souvent dans cette vaste circonscription. Par ailleurs, ce qui m'a fait connaitre beaucoup de monde, c'est d'être Conseiller du Commerce Extérieur (CCE), j'ai participé à tous les forums CCE de l'Asean qui ont lieu tous les deux ans depuis 1996, à chaque fois dans un pays différent. Je connais le réseau des CCE, les CCE me connaissent. Je suis président de Chambre de Commerce, etc. tout cela créé des multitudes de réseaux. On a un maillage extraordinaire.
Vous dites vouloir "redonner aux ambassades et aux consulats les moyens de maintenir un service public de qualité", comment voyez-vous cela ?
Il faut arrêter cette hémorragie de personnel dans les consulats avec deux fonctionnaires sur trois qui partent à la retraite, il faut redonner des moyens aux services consulaires, en termes budgétaires.
Il faut essayer, et c'est à manier avec précaution, là où c'est possible, tout en étant conscient que hors Europe ce sera compliqué, de mutualiser des services rendus par certains consulats européens, sachant que c'est assez compliqué dans la mesure où les consulats français sont les seuls à avoir cette spécificité qui font d'eux quasiment des mairies. Les autres n'ont pas la même approche.
Il faut renforcer certainement le maillage des consuls honoraires, sachant que cela aussi va être compliqué, car certains pays aujourd'hui exigent que les consuls honoraires soient de la nationalité du pays, ce qui peut amener des conflits d'intérêts.
Il faut repenser l'attribution des budgets à tous ces services consulaires parce qu'on est passé en 10 ans de 800.000 expatriés à plus de 2,5 millions, avec un public différent, dont les moyens financiers sont moins élevés qu'auparavant, plus d'entrepreneurs individuels, davantage de PME PMI. Autant dire que l'on a des nouvelles problématiques. Il faut apporter des nouvelles solutions, il faut réadapter tout cela, et ce n'est pas en limitant les moyens mis à leur disposition que l'on va y parvenir.
La question n'est pas de dépenser à tout va, mais il faut faire le bilan du coût de l'accompagnement des Français de l'étranger et le retour sur investissement. Donner des bourses scolaires, faciliter la sécurité sociale des Français de l'étranger ce n'est pas une charge, au contraire, il y a un retour sur investissement que l'on retrouve dans le chiffre d'affaire des entreprises, la francophonie, le rayonnement culturel, etc.
Sur la question de la scolarité, certains considèrent le système d'octroi des bourses injuste et sont pour le maintien de la prise en Charge des frais de scolarité (PEC), estimant que les Français dans l'hexagone bénéficient après tout de la gratuité scolaire quels que soient leurs revenus. Que pouvez-vous leur dire, vous qui estimez que la PEC doit être remise en question à l'étranger sous prétexte que des hauts revenus en profitent ?
D'abord, les Français de France, ils sont en France et nous, nous avons choisi de vivre à l'Étranger. A un moment donné, on est quand même obligé d'accepter ça. Après, la plupart du temps, les critiques que l'on a quand on annonce que l'on va supprimer la PEC, viennent plutôt de gens qui en sont bénéficiaires et dont certains avaient fait des projections en se disant que cela allait leur permettre d'économiser pour plus tard, etc. Cette vision là est une vision un peu égoïste. Si supprimer la PEC permet de faire entrer plus de monde dans le système des bourses puisque l'on va disposer d'argent qui était donné à des gens qui de toute façon pouvait payer la scolarité, moi cela me parait plus équitable, et la plupart du temps les gens admettent cette vision des choses.
Mais lorsque vous parlez de la nécessité d'ajouter des effectifs pour assurer la gestion des dossiers de bourses toujours plus nombreux, cela ne va pas vraiment dans le sens de l'économie.
Non, ce n'est pas tellement une question d'effectifs en plus. Les charges de travail dans les consulats sont de plus en plus lourdes avec des règlements sur l'immigration qui posent de plus en plus de contraintes. Et comme il y a eu jusqu'à présent de moins en moins de monde dans les consulats, il y a de moins en moins de temps à consacrer à chaque tâche. De fait, il est par exemple difficile de trouver du temps de faire les enquêtes sociales, qui constituent une part importante du travail fait par le consulat en amont de la commission des bourses. L'enquête sociale est quand même le meilleur critère d'évaluation de la réalité financière, matérielle, des demandeurs de bourses, donc c'est dommage que l'on ne puisse pas en faire plus.
Aujourd'hui, ce que je préconise, c'est que l'on autorise les membres de la commission des bourses scolaires à faire un certain nombre d'enquêtes sociales. Bien entendu, si l'on craint un manque d'impartialité de la part des membres, on peut en envoyer deux à la fois. En tout cas, à partir du moment où les membres de la commission des bourses ont accès au dossier des demandeurs, peuvent se prononcer en commission - cela peut aller jusqu'au vote s'il y a des désaccords - je ne vois pas pourquoi quand on peut leur faire prendre ces responsabilités là, on ne pourrait pas continuer en leur donnant le droit d'aller faire ces enquêtes. Cela déchargerait le consulat d'une partie du travail et permettrait d'avoir un meilleur contrôle sur l'attribution.
Justement, les détracteurs de la solution par les bourses mettent en avant l'aspect dégradant d'effectuer ces démarches, de faire l'objet de ce genre d'enquêtes et de voir sa vie privée et celle de sa famille passée au crible et exposée à un groupe de personnes qui constituent la communauté.
Tout à fait, il y a des gens qui disent cela et préfèrent ne pas demander les bourses pour ce genre de raison. Je pense qu'il y a toute une question d'éducation et cela des deux côtés. Il faut expliquer au demandeur qu'il n'est pas dégradant de demander une bourse scolaire puisque cela fait partie du système et qu'il y a droit. Et expliquer que d'un autre côté, il est nécessaire d'avoir un contrôle parce que c'est de l'argent public, et qu'il faut contrôler que cet argent est bien attribué à des gens qui en ont besoin. Il faut peut-être parfois, et je prends ici des précautions oratoires de rigueur, que la personne qui reçoit le demandeur mette des formes pour que celui-ci ne se sente pas agressé ou violé dans sa vie familiale. Quoiqu'il en soit, quand on fait une demande de bourse scolaire, on ne demande pas l'aumône, c'est un dispositif mis à disposition, il n'y a aucune honte à aller le solliciter, c'est un droit soumis à certaines conditions.
Quand vous parlez de développer le soutien aux entreprises, comment voyez-vous cela concrètement ?
C'est une réflexion que l'on mène depuis longtemps. Le dispositif d'appui au commerce extérieur qui a été mis en place n'est pas fait pour les PME PMI, il est fait pour les grands groupes, les grands chantiers, etc. Or, on se rend compte que les PME PMI qui vont à l'international, et encore plus les entreprises qui se créent à l'international, quand elles se développent et commencent à avoir du succès, arrivent à un moment où elles sont coincées dans leur développement parce qu'elles manquent de financement et elles ne trouvent personne pour les financer. Donc il faut d'une part rendre le dispositif existant légalement accessible à ces entreprises là. Ce n'est pas un problème pour les investissements directs étrangers, mais ça l'est pour les entreprises de droit local. Comme dans ce cas des garantis sont notamment demandées, il nous faut réfléchir et trouver des montages, et après il faut créer des outils spécifiques au sein de ces institutions qui soient adaptés, pour éviter que la PME PMI qui va voir des instances telles que l'Agence Française de Développement (AFD) ou Oseo s'entende dire "non, en dessous de 500.000 ? on ne sait pas faire?. Toute la réflexion elle est là. Et cela a notamment commencé par obtenir les VIE pour les entreprises de droit local, ce qui n'était possible jusqu'il y a quelques semaines que pour les entreprises de droit français. Aujourd'hui, une entreprise de droit local ayant des relations contractuelles régulières avec une entreprise en France, a droit d'avoir un VIE. On a ainsi commencé à mettre en place un changement de mentalité et une reconnaissance de ces entreprises là.
Que pensez-vous des difficultés croissantes vis-à-vis de l'octroie des visas de conjoint pour les couples binationaux ?
Comment peut-on aujourd'hui refuser à quelqu'un qui s'est marié légalement devant un consulat avec une ressortissante d'un pays tiers qu'il l'emmène avec lui en France au prétexte qu'elle ne parle pas le français, c'est incroyable ! Pour moi cela va complètement à l'encontre de ce que vous fait dire le maire ou l'officier d'État civil quand il vous marie, c'est aberrant. En plus, si vous observez le niveau de connaissance que l'on demande aux ressortissants étrangers qui voudraient venir en France ou avoir la nationalité française, mais on va virer la moitié des nationaux français de notre pays car il n'y en a pas la moitié qui sont au niveau du questionnaire que l'on impose à des étrangers. On est parti dans une dérive qui n'a pas de sens. Et je ne comprends pas que des Français qui vivent à l'étranger cautionnent cela.
Sans oublier le côté social, partout où l'on a des binationaux historiques que l'on a laissés entre guillemets derrière nous par la colonisation, il ne faut pas les abandonner.
Vous avez gratifié les électeurs d'un "Quizz Fiscal" en début de semaine, par e-mail, qu'est-ce qui vous a inspiré ?
L'idée du quizz fiscal était de répondre aux accusations du candidat UMP Thierry Mariani, sans tomber dans un travers agressif. Il s'agissait d'expliquer que l'on pouvait certes attaquer la gauche pour des projets de fiscaliser les Français de l'étranger, mais que la droite aussi avait les siens, plus récemment d'ailleurs, et que même Nicolas Sarkozy avait annoncé sur le plateau de France 2 qu'il comptait lier la nationalité à la fiscalité, c'est-à-dire s'inspirer de ce que font les américains, et donc fiscaliser les Français de l'Étranger. Et quand on fait le compte, au final note quand même beaucoup de tentatives venant de la droite de fiscaliser les Français de l'Étranger, ce qui fait qu'ils n'ont pas vraiment de quoi venir nous donner des leçons. Plutôt que de démontrer cela lourdement, j'ai voulu le faire de façon humoristique avec ce quizz fiscal, qui me permettait de démonter gentiment les accusations de Thierry Mariani sur Jérôme Cahuzac, notamment, et de rappeler que la réflexion de Cahuzac avait été poussée beaucoup plus loin par Jean Arthuis et enfin, que rien dans le programme de François Hollande aujourd'hui ne prévoit la fiscalisation des Français de l'étranger.
Moi, mon idée consiste à dire qu'il faut arrêter de considérer que les Français de l'étranger sont un coût pour la France et qu'il est temps de commencer à estimer que ce coût est un investissement. Et la façon d'évaluer le retour sur investissement, c'est de valoriser leur apport au développement du commerce extérieur. Pour schématiser, on pourrait dire ?s'il n'y avait pas les Français de l'Étranger qui s'occupent de vendre les produits que fabrique la France, on ne les vendrait pas?.
Le rôle du député des Français de l'étranger est fondamental dans l'influence qu'il doit avoir au sein de son groupe parlementaire et de l'Assemblée dans son ensemble pour changer la perception, même s'il s'agit d'un rôle informel. Il faut arrêter de laisser véhiculer de telles idées reçues sur les Français de l'Étranger. Aujourd'hui, dès que l'on aborde un problème des Français de l'étranger avec des politiques, la réponse est "de toute façon, vous vous ne payez pas d'impôts en France vous ne rapportez rien, vous nous coûtez de l'argent".
Comment financez-vous votre campagne, comment vous rendez-vous auprès des Français de la circonscription ?
J'avais un peu d'économie, et j'ai fait par ailleurs un emprunt à ma banque pour pouvoir financer cette campagne. Parmi les possibilités de financer la campagne j'utilise aussi le don de campagne, qui est légal - par les personnes physique seulement. Le plafond est de 4.560 ? [par don], et j'ai reçu à peu près 5.000 ? d'une demi-douzaine de personnes.
Pour ce qui est des voyages dans la circonscription, j'ai tout d'abord profité de la période pré-électorale pour pour tirer parti d'un certain nombre d'opportunités, comme par exemple des voyages de sénateurs et sénatrices. Je me suis rendu en Australie, en Nouvelle Zélande, en Inde, j'ai accompagné également Laurent Fabius à Pékin, à Tokyo, Martine Aubry à Moscou, et j'étais allé auparavant à Taipeh, Hong Kong. Autant d'opportunités qui m'ont permis d'aller à la rencontre des Français de l'étranger tout en sachant que l'échéance des législatives était alors pour eux encore assez lointaine et qu'ils étaient plus préoccupés par les échéances de la Présidentielle. Et dans le même temps, j'ai développé ma communication sur Internet avec mon bloc, Facebook, Twitter etc.
Que pensez-vous de cette question des ?miles' brandie par certains candidats contre Thierry Mariani notamment ?
La question des miles, c'est vrai que l'on en a beaucoup parlé. Le problème n'est pas d'utiliser ou non des miles, mais la façon dont ceux-ci ont été acquis. Dans le cas Mariani et les miles qu'il aurait acquis dans l'exercice de son mandat de ministre, je crois que la commission électorale a été saisie de cette question et elle n'a pas vraiment tranché. Personnellement, je n'ai pas encore utilisé des miles que je suis en train d'accumuler, mais je n'en accumule pas autant que cela car, malgré tout, je n'arrive pas à voyager systématiquement sur les mêmes compagnies ou celles qui appartiennent au même groupe. Peut-être que dans la deuxième partie de la campagne, après le premier tour, si je suis toujours en lice, à ce moment là, je verrai dans quelle mesure je peux utiliser ces miles pour financer un certain nombre de déplacements sachant que si les miles présentent un intérêt dans la mesure où ils vous évitent d'avoir à utiliser de la trésorerie, d'un autre côté, les billets d'avion payés avec des miles seront réintégrés dans les comptes de campagne au prix du marché d'un billet d'avion, même si ce sera un peu compliqué de déterminer quel prix de référence sera prix en compte.
Si vous êtes élu, comment allez-vous vous organiser pour travailler, entre l'Assemblée et la proximité avec la circonscription ?
Il faut maintenir un juste équilibre entre le travail à l'Assemblée nationale en commission, où se fait l'essentiel du travail, et le contact sur le terrain, dans la circonscription. Il ne pas oublier qu'un député est le représentant de la nation avant d'être celui d'une certaine catégorie d'électeurs. Et à ce titre il travaille sur l'ensemble des problèmes nationaux au sein de l'Assemblée nationale. Un député qui déciderait de s'installer au c?ur de la circonscription, pour moi, ne ferait pas son boulot. Donc, le travail se fait à Paris et ce que j'ai pu voir avec les Département d'Outre mer, cela constitue à peu près deux tiers (à Paris) un tiers (dans la circonscription). Même s'il faut rester en contact avec le terrain, il ne suffit pas d'être au c?ur de la circonscription pour faire l'inventaire des problèmes que rencontrent les Français de l'étranger, il faut être à l'Assemblée en commission pour y apporter des solutions en faisant des projets de loi.
20 candidats sur la 11e circonscription, cela fait beaucoup, qu'en pensez-vous ?
Je me pensais même qu'il y en aurait bien plus que 20 ! Je m'étais dit que l'on aurait au moins une personne par pays qui se laisserait tenter par l'opportunité de se présenter à la députation. Ce qui m'étonne le plus ce sont les candidatures de personnes dont on a jamais entendu parler, par exemple pour être candidat à l'Assemblée des Français de l'Étranger, ce qui est quand même légitime lorsque l'on veut représenter nos concitoyens. Ce sont des gens dont on a même jamais entendu parler dans des instances comme les Chambres de commerce, et qui tout d'un coup entendent nous représenter et avoir des solutions à nos problèmes, etc. Ensuite, j'ai toujours été contre les parachutages en France, et là aussi je trouve qu'il y a suffisamment de bon candidats à cette élection des députés des Français de l'étranger, ce n'était pas la peine de nous envoyer des parachutés.
Propos recueillis par Pierre QUEFFELEC (http://www.lepetitjournal.com/bangkok.html) vendredi 25 mai 2012
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