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COMMEMORATION – Le 11 novembre prend du galon à l’ambassade de Bangkok

Par Lepetitjournal Bangkok | Publié le 12/11/2013 à 23:00 | Mis à jour le 13/11/2013 à 06:11

L'ambassade de France a organisé hier une commémoration du 11 novembre un peu particulière par rapport à ce qui se fait d'habitude à Bangkok. Environ 50 personnes parmi lesquelles des militaires dont des Allemands et Thaïlandais, des représentants de la communauté française et des adolescents français et allemands, ont participé au traditionnel dépôt de gerbe en hommage de 11 Français expatriés au Siam tombés au champ d'honneur.

Militaires français, allemands et thaïlandais côte à côte pour commémorer le 11 novembre (Photo Pierre QUEFFELEC)

Un cinquantaine de personnes étaient présentes à la commémoration de l'Armistice, cérémonie organisée à la Résidence de France, le 11 novembre en fin de matinée, pour saluer la mémoire des Français de Thaïlande tombés au champ d'honneur. Le 11 novembre est, depuis 2012, la date de commémoration de la Grande guerre "et de tous les morts pour la France", selon les termes du Président François Hollande.
L'assistance était composée pour l'essentiel de militaires d'active ou réservistes français, allemands et thaïlandais, des représentants thaïlandais d'anciens combattants, ainsi que des représentants de la communauté française, et des élèves des lycées français et suisse germanophone.
Cette cérémonie, habituellement organisée en comité restreint au sein de l'ambassade, était donc cette année beaucoup plus ouverte et étoffée. Cela notamment en raison du cinquantenaire du Traité de l'Elysée, mais pas seulement. L'ambassadeur de France en Thaïlande, Thierry Viteau, nous explique les raisons

  
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D'habitude, la commémoration du 11 novembre à Bangkok se fait en petit comité. Quelles sont les raisons pour lesquelles vous avez organisé cet événement de cette manière?
C'est parce qu'il y a le traité de l'Elysée que nous fêtons cette année le cinquantenaire de cette réconciliation et de cette amitié qui ne se sont pas démenties entre la France et l'Allemagne, et qui ont servi de moteur à l'unification européenne. C'est aussi dans la perspective de la commémoration du centenaire de la Première guerre mondiale l'année prochaine. Le président de la République a fait des déclarations jeudi dernier. Il a annoncé les manifestations qui seront organisées en France en particulier mais pas exclusivement, et qui associeront l'ensemble des belligérants, c'est-à-dire pas uniquement ceux qui étaient du côté des Alliés et qui ont gagné la guerre mais aussi l'ensemble des participants, donc les allemands, les autrichiens, les hongrois etc. Et donc c'est aussi pour un peu préparer cette commémoration qui prendra son envol l'année prochaine avec un certain nombre d'événements d'ores et déjà tablés tels que Sarajevo au moment de l'assassinat de l'archiduc François Ferdinand en juin 1914, la déclaration de guerre le 3 août 1914, etc. Le président invitera son homologue allemand pour commémorer le début de la Première guerre mondiale.

Des élèves du Lycée Français International de Bangkok (LFIB) ont également assisté à la commémoration avec leur professeur d'histoire, Mathias Gross, d'autant qu'ils réalisent un reportage sur le sujet (Photo Pierre QUEFFELEC)

Ici cela se traduirait comment?
Ici nous allons nous concerter avec mes différents collègues, allemand, anglais et d'autres puissances qui ont participé à la Première guerre mondiale, et voir comment nous nous pouvons ici manifester ce premier centenaire. Nous associerons naturellement les thaïlandais parce que c'est un événement qui est assez peu connu mais les siamois à l'époque ont participé à la Première guerre mondiale du côté des Alliés. Une déclaration de guerre en 1917 s'est traduite par l'envoi d'un contingent siamois de 1.300 hommes environ qui est arrivé en France en juillet 1918 pour participer brièvement aux combats puisque l'armistice est intervenu peu de temps après. Mais les Thaïlandais ont défilé en 1919 sur les Champs-Elysées et autour de l'Arc de Triomphe. Donc c'est naturel qu'on les associe, et nous allons voir avec les autorités locales, principalement l'association des vétérans, comment cela se fera. Il n'y a plus aucun combattant de part et d'autre, mais la mémoire est entretenue, et en Thaïlande en 1919-1920 a été forgée une médaille commémorative remise aux anciens combattants siamois.

L'Ambassadeur de France Thierry Viteau et son homologue allemand Rolf Schulze interviewés par les élèves du LFIB (Photo Pierre QUEFELEC)

Que pouvez-vous nous dire sur les Français dont le nom est inscrit sur la plaque commémorative?
Nous avons 11 Français dont on garde la mémoire sur cette plaque. C'était des compatriotes qui résidaient à Bangkok sur l'ensemble du territoire du Siam à l'époque qui ont été mobilisés et ont répondu à l'appel du gouvernement pour s'embarquer et rejoindre la métropole et porter l'uniforme. Ils y ont perdu la vie. Nous avons des informations parcellaires sur ces compatriotes. Nous savons en général où ils sont nés, quand est-ce qu'ils sont morts, où ils sont morts, et pour certains quelles fonctions ils exerçaient, notamment pour les religieux, puisqu'un tiers des noms figurants sur la plaque sont des prêtres qui appartenaient aux Missions Etrangères de Paris (MEP). Les MEP ont une longue histoire en Thaïlande et au Siam, cela fait plus de 300 ans que cette congrégation religieuse y est présente. Pour les autres, probablement des commerçants, ou des gens qui étaient dans les affaires ici.

Depuis quand l'ambassade dispose-t-elle d'informations sur ces Français, comment le public peut-il y avoir accès ?
J'ai fait démarrer les recherches dès mon arrivée, parce que j'ai toujours été intrigué par cette plaque. J'ai lancé des recherches au ministère de la Défense, qui possède des archives de tous les soldats morts, notamment pendant la Première guerre mondiale. J'ai demandé aussi aux Missions Etrangères de Paris, qui ont des archives, et également au ministère des Affaires étrangères mais là c'est beaucoup plus difficile à obtenir parce qu'en fait nous n'avons pas vraiment de listings des gens qui habitaient là. Donc, c'est principalement au sein des armées [que nous trouvons trace de ces Français morts au combat, ndlr], parce que ces gens là ont revêtu l'uniforme, et également les missions étrangères parce qu'il y avait des prêtres.
Ces archives sont consultables par tous, soit en écrivant aux MEP, soit aux Armées (voir le site internet des MEP et celui du ministère de la Défense).

Avez-vous quelque chose à ajouter?
Je voudrais remercier l'ensemble des compatriotes qui sont venus à cette manifestation et également ceux que j'ai souhaité associer, notamment mon collègue allemand, l'Ambassadeur Rolf Schulze ainsi que les représentants du lycée français et du lycée suisse germanophone. C'était une belle occasion de transmettre une mémoire, dont nous héritons, aux générations futures. Il faut montrer à ces jeunes qu'il y a des gens qui sont morts pour que nous ayons un meilleur lendemain. C'est quelque chose d'important à transmettre aux jeunes gens d'ici et j'espère qu'ils sauront eux aussi faire partager ce moment de communion et d'amitié retrouvées entre la France et l'Allemagne.

Voici quelques informations que la Mission de Défense (Ambassade de France en Thaïlande) a pu collecter sur les 11 Français dont les noms sont inscrits sur la plaque commémorative :

- Auguste Boursolles : originaire de Tense (Haute-Loire) ; missionnaire apostolique basé à Oubone (Laos).
- Henri Cavaillé : originaire de Puylaroque (Tarn-et-Garone) ; missionnaire apostolique basé à Bangkok.
- François de Fornel : originaire d'Angoulème (Charente) ; 
- Frédéric Fortin : n.c.
- Marcel Henry : n.c.
- Gustave Lagathu : originaire de Guilers (Finistère) ; missionnaire apostolique basé à Tharé (Laos).
- Louis Rabjeau : originaire d'Angers (Maine-et-Loire) ; n.c.
- Maurice Richer : originaire de Paris 5e ; conseiller juridique stagiaire du gouvernement siamois basé à Bangkok.
- Clovis Roux : originaire du Puy-Saint-Vincent (Hautes-Alpes) ; professeur au collège de l'Assomption basé à Bangkok.
- Henri Segnitz : originaire de Paris 9e ; membre de la commission de codification au Siam basé à Bangkok.
- Charles Sommelet : originaire de Jorquenay (Haute-Marne) ; missionnaire apostolique basé à Bangkok.  



Propos recueillis par Pierre QUEFFELEC () mardi 12 novembre 2013

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