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BOUDDHISME — Une enquête lève le voile sur les moines occidentaux en Thaïlande

Par Eric DESEUT | Publié le 10/04/2013 à 22:00 | Mis à jour le 09/10/2018 à 15:19

Une fascinante enquête décrypte le parcours, les motivations et les difficultés des Occidentaux qui tentent de trouver la paix en se faisant ordonner moine en Thaïlande.

En l'absence de statistiques officielles, le journaliste Arnaud Dubus estime que quelques centaines de moines bouddhistes occidentaux vivent aujourd'hui en Thaïlande. Publiées par le site Églises d'Asie — Agence d'information des missions étrangères de Paris, les recherches de ce spécialiste de l'Asie du Sud-Est l'ont conduit à rencontrer une dizaine de ces bonzes qui lui parlent ouvertement de leur quête spirituelle comme des aspects concrets de leur vie quotidienne.

Son article retrace ainsi le parcours de ces bonzes farangs dont une majorité avait déjà une bonne connaissance du bouddhisme ou une pratique de la méditation. Si l'entrée dans les ordres ne constitue pas un grand saut dans l'inconnu, elle n'est toutefois pas dénuée de difficultés. À commencer par la nourriture que les bonzes ne peuvent consommer après l'heure de midi. Le fait de ne pouvoir choisir son menu et de devoir se contenter sans sourciller des offrandes apportées par les fidèles peut constituer un obstacle insurmontable. Certains sont incapables de s'adapter aux saveurs épicées des mets locaux, notamment dans le nord-est du royaume. Il convient aussi d'acquérir la langue sacrée du bouddhisme theravada pour saisir l'esprit des textes. Sans oublier la maîtrise de la langue thaïlandaise pour communiquer avec les fidèles qui acceptent sans sourciller ces moines venus d'ailleurs après une période d'observation.

Pour des Occidentaux d'autant plus marqués par un fort esprit critique qu'ils ont souvent rejeté leur culture d'origine, soumission à une hiérarchie et observation de la discipline s'avèrent redoutables. D'autant que combinées entre elles, les règles peuvent atteindre le nombre de 4000. L'expérience des moines plus anciens est alors déterminante pour faire un tri et se concentrer en priorité sur l'essentiel. Tous ne surmontent pas ces difficultés et plus de la moitié des postulants occidentaux ne deviennent jamais bonzes. Ainsi les plus anciens conseillent aux jeunes tentés par cette aventure de faire l'expérience de la vie dans le monde avant de s'engager dans les ordres. Quant à ceux qui parviennent finalement à être ordonnés, ils sont nombreux à quitter la robe après une, deux ou trois années. Ils adhèrent ainsi à une norme locale, car la prise d'habit est généralement temporaire dans le bouddhisme thaïlandais.

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