Les rebelles de la minorité ethnique kachin, dans l'extrême-nord de la Birmanie, ont accusé l'armée d'attaquer leurs positions dimanche, deux jours après l'annonce par le régime que son offensive était terminée.
Ils se battent toujours, a indiqué à l'AFP James Lum Dau, un porte-parole de l'Organisation pour l'indépendance kachin (KIO), basé en Thaïlande, précisant que l'armée tentait de reprendre le contrôle d'un colline importante à quelques kilomètres de la ville de Laiza, sur la frontière chinoise.
Ils veulent emporter toute leur artillerie au sommet, ils essaieront ensuite d'occuper Laiza, a-t-il ajouté à l'AFP par téléphone. Des témoins ont pour leur part affirmé avoir vu des centaines de soldats impliqués dans les opérations.
Un homme d'affaires kachin impliqué dans les négociations a confirmé. Il y a toujours des combats, a-t-il regretté. Nous essayons de rencontrer les deux parties.
Le gouvernement de Naypyidaw avait annoncé vendredi l'arrêt de son offensive à partir du lendemain matin, assurant que l'armée respecterait l'ordre du président de ne plus mener d'offensives sauf en cas de légitime défense. Une annonce accueillie avec scepticisme et violée dès samedi, selon les Kachins.
La Chine, où plusieurs obus sont tombés, l'ONU, les Etats-Unis et l'Union européenne ont tour à tour réclamé la reprise des négociations ces derniers jours. De même que la chambre basse du parlement, qui a voté une motion en ce sens quelques heures avant l'annonce du pouvoir.
Dimanche, le président Thein Sein a renouvelé son appel aux négociations, sans faire de commentaires sur les combats en cours.
Les pertes des deux parties (...) sont des pertes pour tout le pays, a-t-il déclaré lors d'un discours à des organisations de la société civile réunies dans le parlement régional de Rangoun. Il n'y a pas d'autre voie que la discussion autour d'une table.
Le quartier général (des Kachins) est à portée de main de l'armée. Mais j'ai ordonné à l'armée de ne pas le détruire, a-t-il précisé, présentant cette décision comme la preuve de sa sincérité à obtenir la paix.
Le conflit s'est intensifié depuis trois semaines entre la rébellion et les soldats birmans.
C'est la dernière guerre civile encore en activité dans le pays, un dossier qui fragilise le gouvernement réformateur en place depuis mars 2011. Ce dernier revendique la signature de dix accords de cessez-le-feu avec les autres rébellions, dont certaines duraient depuis l'indépendance en 1948.
Pour la première fois, le gouvernement a présenté un bilan officiel du conflit avec les Kachins. Au total, 35 soldats ont été tués et 190 blessés depuis la reprise des combats en juin 2011, après 17 ans de trêve, a-t-il indiqué.
Les rebelles n'ont, pour leur part, jamais avancé de chiffre.
AFP (http://www.lepetitjournal.com/bangkok.html) lundi 21 janvier 2013
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