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LIBERTES – La junte thaïlandaise interdit tout lien internet avec trois critiques du régime

Par Lepetitjournal Bangkok | Publié le 13/04/2017 à 22:00 | Mis à jour le 13/04/2017 à 23:01

Amnesty International a dénoncé mercredi une nouvelle atteinte inédite à la liberté d'expression en Thaïlande après que la junte a décidé d'interdire toute communication internet avec trois détracteurs de la monarchie.

Le fait de contacter les universitaires Somsak Jeamteerasakul et Pavin Chachavanpongpun ainsi que le journaliste britannique Andrew MacGregor Marshall, tous trois connus pour leurs critiques de la monarchie, mais aussi de les suivre sur les réseaux sociaux ou de partager leurs publications en ligne, est désormais une infraction passible d'emprisonnement en Thaïlande selon la loi contre les crimes informatiques.

Tous les trois sont très suivis sur internet et sont connus pour leurs critiques de la junte. Ils vivent tous les trois en exil car ils risquent en Thaïlande des poursuites pour lèse-majesté.

Depuis leur prise de pouvoir par un coup d'Etat en mai 2014, les militaires ont fait de la lutte contre le crime de lèse-majesté leur cheval de bataille.

"Les autorités thaïlandaises ont plongé encore profond dans la limitation de la liberté d'expression", a estimé dans un communiqué diffusé mercredi soir Josef Benedict, directeur adjoint d'Amnesty International pour l'Asie du Sud-Est.

"Après avoir mis en prison les gens pour ce qu'ils disent sur internet et en dehors, après avoir poussé les critiques à l'exil, elles cherchent à couper les gens les uns des autres," a-t-il poursuivi.

Un haut responsable du ministère de l'Economie numérique a estimé que l'ordonnance ne constituait pas un accroissement de la répression dans le pays.

"C'est pour le bien de la population, pour qu'ils puissent chercher pour la bonne information… et utilisent leur jugement afin qu'elle [l'ordonnance] ne les affectent pas," a déclaré aux journalistes Somsak Khaosuwan, mercredi.

La monarchie thaïlandaise est déjà protégée par l'une des lois sur le crime de lèse-majesté les plus sévères au monde. Connue sous le nom d'"article 112", elle prévoit de 3 à 15 ans de prison pour quiconque diffame le roi, la reine, son héritier ou le régent.

Les rares médias, y compris internationaux, évoquant ces affaires ne donnent aucun détail des accusations, de crainte de tomber eux-mêmes sous le coup de la loi. Les arrestations et les condamnations peuvent être racontées mais pas les détails des accusations car cela peut être considéré comme une violation de la loi.

Le nombre d'accusations invoquant l'article 112 a explosé depuis le coup d'Etat de 2014, visant le plus souvent des critiques de la junte, laquelle a d'ailleurs interdit les rassemblements politiques.
Avec AFP () vendredi 14 avril 2017
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