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LESE-MAJESTE - Inculpés pour avoir relayé des messages d’un historien thaïlandais exilé en France

Par Lepetitjournal Bangkok | Publié le 04/05/2017 à 22:00 | Mis à jour le 04/05/2017 à 16:43

 

Cinq hommes ont été placés en détention provisoire en Thaïlande pour diffamation royale après avoir partagé sur Facebook des messages d'un historien en exil, a annoncé jeudi un avocat spécialisé dans les droits de l'homme.

Il s'agit de la plus importante affaire de lèse-majesté depuis l'arrivée sur le trône de Maha Vajiralongkorn, proclamé roi de Thaïlande en décembre après la mort de son père en octobre.

Les cinq hommes, qui n'ont pas été identifiés, ont été placés en détention mercredi après avoir partagé sur Facebook des messages d'un historien thaïlandais exilé à Paris, Somsak Jeamteerasakul, sur la disparition récente d'une plaque commémorant l'abolition en 1932 de la monarchie absolue.

"Ils ont partagé les messages de Somsak au sujet de la plaque sur 1932", a déclaré à l'AFP Anon Numpa de l'organisation Avocats thaïlandais pour les droits de l'homme, qui n'a pas précisé le contenu des messages.

Une source policière a confirmé l'arrestation des cinq hommes pour des accusations de crime de lèse-majesté sans fournir de détails.

Depuis mi-avril, la junte a interdit toute communication internet avec trois dissidents en exil, dont Somsak Jeamteerasakul.

L'histoire de la disparition, en avril, de cette plaque commémorative a créé un choc dans les milieux progressistes de Bangkok.

Cette petite plaque avait été installée non loin du Parlement en 1936, soit quatre ans après la révolution qui a permis l'instauration d'une monarchie constitutionnelle.

Scellée dans la chaussée, elle portait une phrase: "c'est ici, dans la matinée du 24 juin 1932 que le parti du peuple a donné naissance à la Constitution pour le progrès de la nation".

Début avril, des étudiants ont constaté qu'elle avait été volée et remplacée par une autre plaque, flambant neuve, appelant les Thaïlandais à soutenir le bouddhisme et la monarchie.

Interrogés après le vol, les militaires au pouvoir dans le pays depuis un coup d'Etat en mai 2014 ont demandé aux journalistes de cesser d'évoquer cette affaire. Puis, ils ont arrêté des militants des droits de l'homme qui réclamaient une enquête.

Connue sous le nom d'"article 112", la très stricte loi thaïlandaise sur le crime de lèse-majesté prévoit de 3 à 15 ans de prison pour quiconque diffame le roi, la reine, son héritier ou le régent.

Les rares médias, y compris internationaux, évoquant ces affaires pratiquent l'auto-censure, de crainte de tomber eux-mêmes sous le coup de la loi. Les arrestations et les condamnations peuvent être racontées mais pas les détails des accusations car cela peut être considéré comme une violation de la loi.

Depuis l'arrivée au pouvoir des militaires après un coup d'Etat en mai 2014, les poursuites pour crime de lèse-majesté se sont multipliées et les sanctions alourdies.

Samedi, un avocat thaïlandais spécialiste des droits de l'homme accusé d'avoir diffamé la famille royale a été arrêté et risque jusqu'à 150 années d'emprisonnement.
AFP () vendredi 5 mai 2017
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