L'APEC s'engage à stimuler le commerce malgré les divisions géopolitiques

Par Lepetitjournal.com Bangkok avec Reuters | Publié le 21/11/2022 à 01:46 | Mis à jour le 21/11/2022 à 01:55
Photo : REUTERS/Athit Perawongmetha/Pool
APEC-Thailande

Malgré les divisions géopolitiques qui ont pesé sur les échanges de trois sommets majeurs ces derniers jours, les dirigeants de l’APEC se sont engagés samedi à stimuler les échanges commerciaux

Les dirigeants des pays de l'APEC se sont engagés samedi à stimuler le commerce et à faire davantage pour relever d'autres défis économiques, concluant le dernier des trois sommets internationaux organisés dans la région en une semaine et qui ont été éclipsés par des rivalités géopolitiques intenses.

Les trois sommets, l’ASEAN au Cambodge, le G20 en Indonésie et l’APEC en Thaïlande, ont réuni plusieurs dirigeants de grandes puissances et les pourparlers ont souvent été interrompus par des frictions découlant de la guerre en Ukraine ou des tensions telles que celles autour du détroit de Taiwan ou encore de la péninsule coréenne.

L'ouverture de la réunion de la Coopération économique Asie-Pacifique (APEC) a été interrompue vendredi lorsque la vice-présidente américaine Kamala Harris a convoqué une réunion d'urgence de cinq pays alliés en marge du sommet pour condamner la Corée du Nord après un essai de tir missile balistique intercontinental capable d'atteindre les États-Unis.

Samedi, le Premier ministre thaïlandais et président de l'APEC, Prayuth Chan-O-Cha, a cherché à ramener l'attention sur les questions économiques et a déclaré que l'APEC avait fait des "progrès significatifs" en convenant d'un plan de travail pluriannuel pour une zone de libre-échange de l'Asie-Pacifique (FTAAP).

Une déclaration conjointe des dirigeants de l'APEC stipule que le groupe doit maintenir et renforcer davantage un système commercial multilatéral fondé sur des règles communes, mais a également reconnu que des efforts additionnels étaient nécessaires pour relever des défis tels que la hausse de l'inflation, la sécurité alimentaire, le changement climatique et les catastrophes naturelles.

"Cette année, nous avons également vu la guerre en Ukraine ajouter un impact négatif supplémentaire sur l'économie mondiale", indique la déclaration, qui souligne que la plupart des membres ont fermement condamné la guerre.

Lors de la réunion du G20 en Indonésie, les participants ont adopté à l'unanimité une déclaration selon laquelle la plupart des membres condamnaient la guerre en Ukraine, mais ont également reconnu que certains pays voyaient le conflit différemment.

Si les dirigeants de l'APEC ont fait écho à la déclaration du G20, évoquant les résolutions de l'ONU qui déplorent l'agression de la Russie et exigent son retrait complet et inconditionnel de l'Ukraine, ils ont également noté qu’un certain nombre d'opinions divergeaient.

"Il y avait d'autres points de vue et des évaluations différentes vis-à-vis de la situation et des sanctions. Reconnaissant que l'APEC n'est pas le forum pour résoudre les problèmes de sécurité, nous reconnaissons que les problèmes de sécurité peuvent avoir des conséquences importantes pour l'économie mondiale", a déclaré le bloc de 21 pays.

La Russie est membre à la fois du G20 et de l'APEC, mais le président Vladimir Poutine ne s’est rendu à aucun des deux sommets. Il était représenté à l'APEC par le premier vice-Premier ministre Andrei Belousov.

Le test de missile par la Corée du Nord juste une heure avant l'inauguration du forum de l'APEC a amené Kamala Harris à convoquer une réunion d'urgence avec des dirigeants d'Australie, du Japon, de Corée du Sud, du Canada et de Nouvelle-Zélande.

"Cette conduite de la Corée du Nord, tout récemment, est une violation flagrante de plusieurs résolutions du Conseil de sécurité de l'ONU", a déclaré la vice-présidente américaine.

Le tir de missile est intervenu quelques jours après que le président américain Joe Biden a rencontré son homologue chinois Xi Jinping lundi à Bali et a déclaré que Pékin avait l'obligation d'essayer de dissuader la Corée du Nord de reprendre les essais nucléaires, tout en ajoutant qu'il n'était pas clair si la Chine serait en mesure d'influencer Pyongyang.

Kamala Harris a également brièvement rencontré le dirigeant chinois samedi, a déclaré un responsable de la Maison Blanche, ajoutant qu'elle avait souligné l'importance de "maintenir des lignes de communication ouvertes pour gérer de manière responsable la concurrence entre nos pays".

Les relations entre les superpuissances se sont tendues ces dernières années sur des questions telles que les tarifs douaniers, Taïwan, la propriété intellectuelle, l'érosion de l'autonomie de Hong Kong et les différends territoriaux en mer de Chine méridionale.

Xi Jinping a assisté aux sommets du G20 et de l'APEC et a tenu une série de réunions bilatérales, marquant le retour du dirigeant chinois sur la scène principale de la diplomatie mondiale après la longue période d'isolement de la Chine face au Covid.

Mettant en garde contre des tensions de type guerre froide dans une région qui est un terrain de compétition entre Pékin et Washington, Xi Jinping a déclaré jeudi que l'Asie-Pacifique n'était le pré carré de personne et ne devait pas devenir une arène de rivalités entre grandes puissances.

"Aucune tentative de mener une nouvelle guerre froide ne sera jamais acceptée que ce soit par le peuple ou par notre époque", a-t-il déclaré lors d'un événement d’affaires lié au sommet de l'APEC.

Créé pour promouvoir l'intégration économique, l'APEC représente 38% de la population mondiale, 62% du produit intérieur brut et 48 % des échanges commerciaux.

Sur le terrain, les militants attendent avec impatience de voir quelles réponses concrètes les dirigeants vont apporter à des questions telles que l'insécurité alimentaire, la flambée de l'inflation, le changement climatique ou encore les droits de l'homme.

Vendredi, des affrontements ont eu lieu à Bangkok à environ 10 km du lieu du sommet de l’APEC entre des manifestants thaïlandais pro-démocratie et la police qui a répondu en tirant des balles en caoutchouc.

C’est la ville américaine de San Francisco qui accueillera le prochain sommet de l'APEC et le Premier ministre Prayuth a remis la présidence à la vice-présidente Kamala Harris lors d'une cérémonie.

"Nous sommes prêts à mener une coopération transparente avec eux", a-t-il déclaré, tout en remettant à Harris un "chalom", un panier en bambou tressé utilisé pour transporter des marchandises et des cadeaux en Thaïlande.

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