La junte thaïlandaise accentue sa pression sur les géants de l'internet, Google et Facebook notamment mais aussi l'application de messagerie instantanée Line, pour les forcer à se débarrasser des contenus qui ne lui plaisent pas.
Des responsables de la junte, qui ont récemment rencontré des responsables de Google, ont également prévu de s'entretenir avec des représentants de Facebook et Line dans les semaines qui viennent.
Objectif: "leur demander leur coopération dans le traitement des images ou des clips illégaux qui compromettent la sécurité et l'institution socle de la nation", un euphémisme pour évoquer la monarchie, a expliqué à l'AFP Pisit Paoin, membre du comité pour la réforme des médias.
L'armée, qui a pris le pouvoir en mai 2014 par un coup d'Etat, a largement restreint les libertés publiques: opposants arrêtés, médias muselés et manifestations interdits.
Les médias sociaux sont l'un des rares canaux par lesquels les Thaïlandais osent encore parler politique, non sans risques toutefois.
Plusieurs internautes ont été arrêtés et condamnés à de longues peines de prison pour crime de lèse-majesté.
Un internaute est détenu depuis début décembre 2015, dans l'attente de son procès pour avoir manqué de respect à la chienne du roi sur Facebook.
"Il y a eu des dizaines de milliers de posts illégaux au cours des cinq dernières années", estime Pisit Paoin.
Selon lui, les grands groupes du web ont réagi avec réticence aux précédentes demandes de censure du contenu. Toutefois, "nous avons reçu une meilleure réponse de Google aux Etats-Unis" depuis la réunion, explique-t-il.
Dans un communiqué, Line précise ne "pas encore avoir été contacté par un organisme officiel pour évoquer une possible censure".
L'application Line est de loin la plus populaire des messageries instantanées en Thaïlande et est même utilisée par de nombreux ministères pour communiquer avec les médias.
La semaine dernière, un homme a été arrêté et risque cinq ans de prison pour avoir partagé sur Line une chanson se moquant du chef de la junte, qui lui même se pique d'écrire des chansons.
Contactés, Facebook et Google n'ont pas répondu aux sollicitations de l'AFP sur ces rencontres.
Avec AFP mercredi 3 fevrier 2016





