Une nouvelle enquête du Bali Wildlife Protection Coalition met en cause certaines pratiques observées dans des attractions animalières de Bali : enclos inadaptés, interactions répétées avec les visiteurs ou comportements pouvant témoigner d’un stress… Le rapport appelle à repenser la place des animaux sauvages dans l’industrie touristique de l’île.


Des pratiques observées sur plusieurs années
L’enquête du Bali Wildlife Protection Coalition, un réseau d’organisations et de personnes engagées dans la protection de la faune sauvage, consiste en plusieurs investigations de terrain menées en 2017, 2023 et 2026.
Les enquêteurs se sont intéressés aux conditions de détention et d’utilisation des animaux dans différents types d’établissements tels que des zoos, des attractions touristiques et des structures qui se présentent comme des centres de conservation. Parmi les espèces observées figurent notamment éléphants, dauphins, tortues, primates, oiseaux, reptiles ou encore chauves-souris.
D’après la représentante de la coalition, les investigations auraient mis en évidence des problèmes récurrents concernant le bien-être animal dans plusieurs établissements de Bali. Certains animaux auraient par exemple été maintenus dans des espaces jugés inadaptés, limitant leurs déplacements et leur capacité à adopter leurs comportements naturels.
Le rapport pointe également la proximité entre les visiteurs et certains animaux. Dans plusieurs établissements, les barrières auraient été insuffisantes pour empêcher les contacts directs. Selon les auteurs du rapport, cela soulève à la fois des interrogations à la fois en matière de bien-être animal et de sécurité du public.
Des comportements interprétés comme des signes de stress
Les enquêteurs rapportent avoir observé chez certains animaux des mouvements répétitifs ou stéréotypés, considérés par la coalition comme de possibles signes de stress ou d’un manque de stimulation.
Un macaque à longue queue albinos mâle aurait ainsi présenté à plusieurs reprises ce type de comportement et semblait souffrir d’une blessure au visage. Des dauphins en captivité ont également été observés nageant en cercle et répétant certains mouvements de tête.
Le rapport s’intéresse par ailleurs aux espèces nocturnes. Des hiboux et des chauves-souris auraient été exposés en pleine journée et régulièrement manipulés par les visiteurs.
Certains comportements de touristes ont également été documentés. Les enquêteurs rapportent par exemple avoir vu un visiteur verser une boisson gazeuse dans l’enclos d’un écureuil et un autre tirer un iguane par la queue.
Pour Tornita Santara, les activités consistant à toucher, nourrir, baigner ou monter des animaux sauvages sont incompatibles avec les objectifs d’une véritable démarche de conservation.
Vers un tourisme animalier davantage fondé sur l’observation ?
Plusieurs organisations membres de la coalition appellent les visiteurs à privilégier des expériences touristiques qui limitent les interactions directes avec les animaux.
La cofondatrice de Jakarta Animal Aid Network (JAAN), estime que la faune sauvage ne devrait pas être considérée comme un objet d’interaction ou de divertissement pour le public. Les conditions de captivité devraient, selon elle, respecter autant que possible les comportements naturels et le bien-être des animaux.
Selon l’Agence de conservation des ressources naturelles de Bali (BKSDA Bali), l’île compte actuellement 13 institutions de conservation de la faune officiellement enregistrées, auxquelles s’ajoutent plusieurs zoos, parcs animaliers et sanctuaires communautaires consacrés notamment aux tortues.
Pour les organisations à l’origine du rapport, l’objectif est aujourd’hui de réussir à concilier l’importance économique du tourisme à Bali avec des standards plus exigeants en termes de protection et de bien-être de la faune sauvage.
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