Édition internationale

Dès juillet, il faudra obligatoirement trier ses déchets à Bali

Le ministère indonésien de l'Environnement et le gouvernement provincial de Bali ont officiellement lancé le mouvement « Bali 100 % Waste Sorting », qui vise à généraliser le tri des déchets à la source dans tous les foyers, marchés, hôtels, bureaux et villages de l'île.

des poubelles de tri sélectif alignéesdes poubelles de tri sélectif alignées

Cette décision s'appuie sur les résultats encourageants de la politique dite de « thérapie de choc » mise en œuvre le 1er avril dernier, interdisant l'envoi des déchets organiques en décharge. Selon les autorités, cette mesure a permis de réduire de 60 % les volumes de déchets dans les zones de Denpasar et de Badung en seulement quelques semaines.

Le ministre de l'Environnement, Moh Jumhur Hidayat, a également salué le taux d'adhésion de la population balinaise, qui dépasse désormais 87 %, ainsi que la distribution de plus de 100 000 composteurs aux ménages.

Le gouvernement estime que cette combinaison de réglementations strictes, d'infrastructures adaptées et d'une forte mobilisation des communautés locales pourrait faire de Bali la première destination touristique d'Asie du Sud-Est à atteindre l'objectif de « zéro déchet en décharge ». Une fois le tri obligatoire pleinement déployé, Jakarta prévoit d'étendre progressivement cette stratégie à l'ensemble du pays et de mettre fin aux décharges à ciel ouvert dès le mois d'août.

Cette décision intervient alors que Bali traverse l'une des plus graves crises des déchets de son histoire. Portée par une fréquentation touristique record, l'île produit près de 4 000 tonnes de déchets par jour, soit environ 1,2 million de tonnes par an. La situation s'est fortement dégradée depuis la fermeture partielle, le 1er avril dernier, de la décharge de Suwung, près de Denpasar, arrivée à saturation après plus de quarante ans d'exploitation. Désormais limitée aux déchets non organiques, elle ne peut plus absorber les volumes générés quotidiennement par les habitants, les hôtels et les commerces. Dans de nombreuses zones du sud de Bali, des amas d'ordures s'accumulent ainsi sur les bords des routes tandis que le brûlage des déchets est devenu une pratique courante faute de solutions alternatives. Une situation qui alimente les inquiétudes sanitaires et environnementales, mais aussi les critiques liées aux effets du surtourisme, déjà accusé de contribuer aux embouteillages, à l'urbanisation rapide et à la pollution des plages. 

Face à l'urgence, les autorités espèrent que le tri obligatoire permettra de réduire significativement les volumes envoyés en décharge et de préparer le développement de futures infrastructures de valorisation des déchets.

 

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