Vendredi 3 décembre 2021
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Te Rongoā Māori : la médecine traditionnelle Māori

Par Solène Bertrand | Publié le 21/07/2021 à 23:40 | Mis à jour le 22/07/2021 à 11:49
Photo : Manuka
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Il existe en Nouvelle-Zélande une médecine traditionnelle maori, appelée Te Rongoā Māori. Ce système existe encore de nos jours, en parallèle et/ou en complément au système conventionnel.

Te Rongoā offre une vision holistique de la santé : selon la croyance māori, une maladie survient des suites d’un déséquilibre entre le corps physique d’une personne, et sa santé mentale, émotionnelle et spirituelle. Ces différentes dimensions sont liées et échangent entre elles : un manque, un déséquilibre dans l’une de ces sphères peut donc se manifester dans une autre.

Pour résoudre un problème de santé, le Tohunga (le guérisseur, prêtre) doit donc considérer l’ensemble de la personne, et non uniquement le symptôme par lequel une maladie se manifeste. Il doit également rétablir l’équilibre entre le malade et son environnement.

En effet, le patient fait partie d’une communauté, et, plus ample encore, d’un écosystème, tant physique que spirituel. Les Māori considèrent que nous sommes tous les enfants de Tāne, le Dieu des Forêts et des Oiseaux. Les maladies sont ainsi souvent considérées comme des manifestations spirituelles d’un désaccord avec la nature. Une personne peut même être frappée par la maladie si elle commet un sacrilège, la liste des tapu (interdictions sacrées) étant longue.

 

Rivière Nouvelle Zélande
Tawhai falls (gollums pool), Manawatu Wanganui

 

Pour guérir une personne, le prêtre fait appel à des rites et des karakia, incantations et prières, pour rétablir le lien avec la nature et combattre les mauvais esprits susceptibles de causer des troubles. Le guérisseur est considéré comme le lien entre le monde spirituel et le patient, le vaisseau par lequel le mauri, ou force vitale, est rétabli chez le patient. Te Rongoā fait aussi souvent appel aux massages pour rétablir l’équilibre chez une personne et pour transmettre la force de vie.

Les plantes traditionnelles māori, elles-mêmes des entités de ce monde où tout est lié, sont également des acteurs importants de la guérison. Les feuilles, les racines, les graines ou les fruits d’une plante sont tous utilisables. Certaines plantes sont ingérées, sous forme de thé ou de concoctions, d’autres sont utilisées localement, sous forme de cataplasmes, baumes, pommades. Citons parmi les plus connues à l’international, les feuilles de l’arbre de Mānuka, également appelé Tea Tree.

Traditionnellement, les connaissances du Rongoā sont considérées comme tapu (sacrées) : seuls quelques apprentis sont formés par le guérisseur et obtiennent ainsi ce savoir. Il s’agit à l’origine de connaissances transmises oralement, via un long apprentissage. On trouve néanmoins de nos jours, grâce à un regain d’intérêt pour les médecines traditionnelles et holistiques, de nombreux livres sur ce sujet.  

 

 

Solene Bertrand

Solène Bertrand

Naturopathe et herboriste de formation, je suis passionnée par la flore Neo-zélandaise et les initiatives de soins naturels du pays. Je partage mes découvertes depuis Auckland, où je vis depuis 2016.
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