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La minorité Māori dans le paysage politique néo-zélandais (2/2)

Par Axelle Martin | Publié le 28/08/2018 à 06:00 | Mis à jour le 28/08/2018 à 09:57
Photo : Tāreha Te Moananui a été le premier Māori élu au parlement (© Alexander Turnbull Library)
First maori elected

Nous l'évoquions déjà dans l'article portant sur le système politique néo-zélandais, la communauté Māori dispose de sièges spécifiques à la chambre des représentants. La rédaction du Petit Journal Auckland revient sur cette particularité kiwi.

Ambivalence de la double liste électorale

Le système électoral et donc la représentation parlementaire reposent sur deux listes électorales distinctes. L'une est réservée aux Māori et à l'élection de leurs représentants appelée the Māori List. L'autre est nommée la General election list.

D'un point de vu factuel, cette dualité a conduit à la sous-représentation de la communauté Māori jusqu'aux années 1990. D'autre part, une forme de ségrégation raciale a été observée. En effet, les Māori dits "pure souche" n'avaient pas accès à la liste générale. Il leur était donc impossible d'y voter mais également d'entrer dans la compétition électorale.

Il faudra attendre une réforme de 1967 pour que ces dispositions légales restrictives ne soient annulées. Cependant l'ouverture réelle de la “ general election ” aux Māori ne sera introduite qu'en 1975 par une réforme du Labour Party. Ce texte, Māori Electoral Option, permet aux citoyens néo-zélandais d'origine Māori de s'inscrire sur l'une ou l'autre des listes. Ainsi, le nombre d'inscrits sur la liste Māori permettra de déterminer le nombre de sièges alloués à cette communauté qui ne pourra jamais descendre en dessous de 4.

Le tournant des années 1990

La réforme électorale de 1993 portant tant sur la “general election” que sur la liste Māori a conduit à une augmentation significative de la représentation de cette communauté à la House of representatives.

En effet, lors de la première application de la réforme, la proportion des parlementaires d'origine Māori a doublé, passant de 6% à 12% (soit environ 13 élus). En 2017, lors de la dernière élection générale, 27 parlementaires étaient d'origine Māori représentant un total de 23 % des sièges à la Chambre (ndlr. la proportion des maoris sur la population totale de Nouvelle-Zélande est d'environ 16,31%). En d'autres termes et en comparaison avec d'autres systèmes politiques incluant les minorités dans leur parlement, la Nouvelle-Zélande a une représentation parlementaire de cette communauté supérieure à leur poids numérique dans la société.

Face à ces éléments, certains questionnent la permanence des 7 "Māori seats”. Bien que la question de l'abolition des sièges ait été une constante depuis leur création, l'argumentaire a toutefois évolué au cours du siècle dernier. Si la dimension raciale ainsi que la remise en cause de l'unicité du peuple néo-zélandais sont toujours avancés dans les débats, les années 2000 ont vu naître quant à elles une autre forme d’argumentaire fondé cette fois-ci sur la sur- représentation des Māori aux parlements.

L'organisation électorale poussant les partis politiques à former des alliances afin d'obtenir une majorité à la chambre, l’obtention des 7 sièges Māori est devenu un enjeu primordial pour les différents groupes politiques. Actuellement, les parlementaires élus à cette fonction sont tous les 7 rattachés au Labour Party.

Garantie démocratique pour les uns, inégalité de représentation pour les autres, la question de la double liste demeure une pierre angulaire des débats et de l'identité politique néo- zélandaise. L'évolution à venir des comportements électoraux chez la population Māori devrait avoir une influence majeure sur la conservation ou non de ces sièges.

 

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Axelle Martin

Axelle Martin

Avec un sens de l'humour aussi pointu que douteux, Axelle est fraîchement diplômée de l'université de Bordeaux. Toutes les formules capillotractées que vous lisez dans les articles sont sûrement d'elle . Elle dit "chocolatine" mais on l'aime quand même !
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