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DOSSIER: La Nouvelle-Zélande est-elle raciste ? (1/2)

Par Maé Castellet | Publié le 27/04/2018 à 00:19 | Mis à jour le 30/04/2018 à 05:41
Photo : Il y a quelques semaines, le réalisateur Taika Waititi pointait du doigt le racisme présent en Nouvelle-Zélande
racisme Nouvelle-Zélande

Première partie: Un pays multicurel basé sur le Traité de Waitangi 

 

Il y a quelques semaines, le réalisateur Taika Waititi pointait du doigt le racisme présent en Nouvelle-Zélande. Après ces propos qui avait déclenché une vague de réactions de la part des internautes, la Première Ministre, Jacinda Ardern, avait été interrogée à ce sujet. « Y a-t-il du racisme en Nouvelle-Zélande ? Indéniablement », avait-elle répondu. Alors comment expliquer cela ? 


Tout d’abord, le racisme pourrait se définir comme un mélange de préjugés, de pouvoir, d'idéologie, de stéréotypes, de domination, de disparités et/ou de traitement inégal. L’idéologie de l'infériorité fait partie intégrante du racisme et est promue par les normes sociales et les institutions. Le racisme fonctionne à des niveaux qui se chevauchent et qui peuvent être définis comme étant sociétaux, institutionnels, interpersonnels et intériorisés. Nous n’allons pas nous mentir, on retrouve du racisme dans la majorité des pays, la Nouvelle-Zélande ne semble pas faire exception. Il s’agit d’un pays d’immigrants. Vague après vague, de nombreux peuples s'y sont installés : Polynésiens, Britanniques, Européens, Asiatiques. Ce mélange culturel en fait donc un lieu très hétéroclite parfois sous tension. De 1840 jusqu'aux années 1970, la Grande-Bretagne était la principale source d'immigration. 

 

drapeau maori nouvelle-Zélande


La définition de groupes de personnes socialement et politiquement construits comme « racialement distincts » fait partie de l’histoire du pays. La Nouvelle-Zélande regorge d'exemples de ce modèle oppressif où la colonisation cherchait à assimiler les Maoris à leurs racines culturelles. Les constructions britanniques, qu’elles soient philosophiques, sociales et économiques ont été imposées comme supérieures au modèle maori. Le point de départ de la relation entre Maoris et Britannique est le Traité de Waitangi, signé le 6 février. À travers ce traité, l’empire britannique fait de la Nouvelle-Zélande l’une de ses colonies mais laisse une certaine « liberté » aux Maoris. En effet, il leur garantit le droit de conserver leurs terres et leur offre les mêmes droits qu’aux citoyens britanniques. Depuis, un biculturalisme fort règne en Nouvelle-Zélande. 


A l’époque, les colons britanniques considéraient que leur culture, leur religion et leurs innovations technologiques les rendaient supérieurs aux Maoris. Ces derniers étaient représentés au Parlement et incorporés dans des équipes sportives, mais en même temps discriminés de diverses manières. Entre 1877 et 1951, il y avait des recensements différents pour les Maoris et jusqu'en 1945, ils n'ont pas reçu la totalité des pensions de vieillesse, de même pour celles attribuées aux femmes veuves. Les bars, les hôtels, les cinémas et les piscines excluaient parfois les Maoris et certaines propriétés n'étaient, pour eux, pas disponibles à la location. Ces formes de discrimination raciale étaient de plus en plus contestées au milieu du XXe siècle, de même que la discrimination à l'encontre des immigrants Asiatiques et des habitants des îles du Pacifique.

 

racisme asiatiques nouvelle-zélande

 

Au fil du temps, il est vrai que la Nouvelle-Zélande est devenue un pays très multiculturel, élargissant ainsi les cibles du racisme. Dans un sondage publié en juillet 2015, près de la moitié des Kiwis originaires d’Asie ont déclaré ne pas se sentir en sécurité en marchant seuls dans leur quartier et 19% ont déclaré avoir été victimes de discriminations. Guy Williams, rédacteur pour Stuff, avait publié Le racisme silencieux de la Nouvelle-Zélande où il écrivait : « Il n'y a rien de plus kiwi que de venir ici et de prendre des terres maories, puis de se plaindre des Chinois qui viennent ici et qui prennent nos terres. A Auckland, je vois de nouveaux niveaux d'animosité raciale envers les Néo-Zélandais chinois et indiens »


La majorité des gens ne se plaignent pas publiquement du racisme, ils font avec. Il est donc difficile d’avancer des chiffres sur le taux de comportements racistes, tout comme il peut parfois être difficile de mettre en place des sanctions. De nombreuses ethnies se sont installées dans le pays et sont victimes de racisme donc, mais c’est le peuple Maori qui semble au cœur des préoccupations sociales. Le gouvernement a mis en place une politique de reconnaissance qui valorise leur peuple et leur culture, ainsi que leur place dans l’histoire particulièrement récente du pays. Pour certains, des preuves d'exclusion se retrouvent dans toute la société néo-zélandaise en termes de représentation politique, de distribution des ressources ou encore de participation d'autres ethnies au processus décisionnel puisque celui-ci serait dominé par les Pakehas et les Maoris à cause du traité de Waitangi. Mais les Maoris sont-ils aujourd’hui aussi bien intégrés au sein de la société ? Pas si sûr… C’est ce que nous verrons dans la deuxième partie de ce dossier. 

 

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Maé Castellet Le Petit Journal Auckland

Maé Castellet

Étudiante en Journalisme à Lyon 2 et stagiaire au sein de la rédaction Lepetitjournal.com. Je suis passionnée de voyages avec un vif intérêt pour les questions de société.
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