Randonnées en Nouvelle-Zélande : le Mont Taranaki, un volcan à conquérir

Par 100 promenades et randonnées en Nouvelle-Zélande | Publié le 17/06/2022 à 04:11 | Mis à jour le 21/06/2022 à 11:43
Photo : Le Mont Taranaki culmine à 2 518m d’altitude
Mont Taranaki

Lorsqu’on ferme les yeux pour penser à un volcan, l’image du cône parfait s’impose. Le Mont Taranaki, installé dans une plaine bordée par la mer, à peine vallonnée et verdoyante, s’élève ainsi parfaitement jusqu’aux cieux, la tête dans les nuages. Un sommet imposant, impressionnant, mais aussi tellement attirant…

Plus qu’une ascension, gravir le sommet du Mont Taranaki représente une véritable expérience. Les jambes, les bras…  le corps dans son intégralité, mais aussi l’esprit sont alors soumis à rude épreuve pour atteindre au sommet ce cratère, bouché par les neiges éternelles, qui culmine à 2 518m d’altitude*.

Pour s’attaquer à ce kilomètre et demi de dénivelé, mieux vaut s’aider de la faible visibilité offerte par la nuit. Sous les étoiles et guidé par la lune, le large chemin aux pentes infernales conduisant jusqu’au lodge, dernier vestige de présence humaine, se montre bien moins rude. Peu à peu, avec les premiers rayons du soleil, le décor se transforme. L’étroit sentier remplace la large voie et bientôt, les rochers viennent encombrer l’intégralité du passage. À chaque étape, le jour un peu plus clair dévoile un nouveau paysage à franchir. Après avoir serpenté parmi les éboulis de roches au creux d’un vallon et parcouru les centaines de marches en bois d’un escalier qui semble conduire jusqu’au ciel, fini de rigoler. Le plus dur reste à venir.

À droite, à gauche : plus rien. Les quelques touffes d’herbes, coincées étonnement dans ce désert gris fait de pierres perlées par la rosée matinale, ont désormais disparu. Ici, les rochers polis par les ans sont devenus du simple gravier, du sable presque poudreux. Large, glissante, poussiéreuse, épuisante cette piste sans trêve, s’élève à perte de vue. Le moindre rocher paraissant plus solidement accroché offre un semblant d’escale, mais très vite il se décroche sous le poids et dévale la pente à toute vitesse. Gare aux randonneurs précédents comme au suivant…

 

Vue du sommet du mont Taranaki
© Benjamin Gillet

 

Enfin, ce désert de sable volcanique s’estompe, aussi soudainement qu’il avait commencé. Les blocs de roches argentés fins et tranchants comme du verre emplissent maintenant ce paysage lunaire. Crapahutage et escalade à quatre pattes : pas de répit pour les braves ! Les gants se montrent bien utiles, non pas pour réchauffer les doigts à cette altitude - où quelques nappes de neige glacée résistent - , mais plutôt pour protéger les mains des écorchures promises par les rochers à surmonter. Avec la fatigue, le sommet semble inaccessible, pourtant cette dernière étape éprouvante touche à sa fin. Après avoir traversé le cratère rendu glissant par une lourde couche de glace, voilà l’ultime ascension. Quelques pas pour rejoindre un perchoir argenté, et avoir le monde à ses pieds… enfin la région de New Plymouth surtout !

La mer au sud comme à l’ouest, les immenses plateaux de verdure tout autour et au nord, sortis d’une étendue de nuages cotonneux constituent le paysage. Au loin, les chanceux pourront découvrir les sommets du Parc National du Tongariro, irisés par les lueurs du soleil matinal. Le paysage est à la hauteur de l’effort enduré. Une heure, deux heures… tant que le soleil brille et que les nuages glissent autour du volcan sans en atteindre le sommet, il est difficile de lâcher l’horizon du regard pour songer à quitter ce promontoire d’exception. Et pourtant, il faut bien redescendre sur terre.

Le même chemin, les mêmes rudes étapes : l’escalade entre les roches, la longue pente de gravillon où l’on se laisse volontiers glisser sur les fesses pour éviter la chute, puis viennent les escaliers, les gravats amoncelés des probables précédents éboulis et enfin le large chemin. Si au kilomètre 0 le soleil brille toujours au cœur d’un ciel azur, là-haut, le sommet s’est de nouveau drapé dans son nuage blanc. Rideau, fin du spectacle. Le soir venu, comme épuisé par le passage de tous ses randonneurs assoiffés d’altitudes, le Mont Taranaki s’endort drapé de blanc… pour mieux éblouir un matin prochain.

En pratique :

Randonnée au départ du North Egmont Visitor Center. Compter 8 à 10 heures aller-retour.

*Attention, pendant les mois d’hiver, mieux vaut se renseigner auprès du I-site concernant les conditions climatiques avant de se lancer dans une aventure vers le sommet du Mont Taranaki. Des équipements adaptés seront nécessaires afin de gravir les rochers glacés et enneigés.

 

 

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Nicolas Roger

Rédacteur en chef de l'éditon Auckland.

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