Cet exemple semble décrire une tendance touchant non seulement le monde grec mais également d’autres lieux dans le bassin méditerranéen. Mais pourquoi, et comment justifier cela ? Plusieurs thèses se présentent à nous.


Différentes thèses sur les temples grecs antiques
La première hypothèse est celle de la domination symbolique. En effet, certains chercheurs pensent que la prise de contrôle des sites païens, tels que les temples, par les chrétiens servait ces derniers en démontrant la domination du christianisme sur le paganisme, prouvant que leur Dieu triomphait sur des dieux païens. Ils estiment ces transformations ou destructions à la fin du IVe siècle, dans le sillage des édits de l’empereur Théodose qui ont provoqué la chute du polythéisme.
La seconde thèse est celle du refus de l’abandon. En effet, on ne pouvait forcer toute une société à abandonner et détruire son ancien mode de vie. C’est donc la thèse de la continuité et de la familiarité des lieux ou des traditions, de la même manière que Noël est hérité des Saturnales, ou bien des concepts philosophiques grecs. Alors, les chercheurs pensent que de nombreuses personnes continuaient à se rendre dans les mêmes lieux de culte afin de prier, bien que l’objet de leurs prières et le destinataire de celles-ci aient changé. On estime que cette pratique a pu faciliter la conversion des païens au christianisme, notamment suite aux tournants institutionnels. Le premier intervient lorsque la pratique du christianisme s’est généralisée sous l’empereur Constantin en 313 en recevant un statut légal. Le second tournant se produit lorsque le christianisme devient une politique de l’État avec l’empereur Théodose Ier en 391, interdisant la pratique du paganisme.
L’exemple du Parthénon lui-même
Par ce biais, de nombreux temples ont été détruits ou convertis en églises. Le cas le plus populaire est celui du Parthénon. Ledit temple a été construit en 432 av. J.-C. en l’honneur d’Athéna Parthénos puis a été converti en 500 en église chrétienne. En effet, à cette date, le temple d’Athéna devient le temple Panagia Athiniotissa qui signifie “la Vierge Marie athénienne”. À partir de là, il va devenir un lieu de pèlerinage chrétien tout au cours de l’histoire byzantine.
Bien qu’on puisse imaginer que les chrétiens aient tout changé du temple, en réalité il n’y a pas de changements radicaux de l’aspect extérieur du temple. Les chrétiens ont semblé respecter ce monument chargé d’histoire. Cependant, il y a eu des aménagements intérieurs afin de transformer le temple en basilique à trois nefs. Elle fut dédiée de diverses manières au cours de l’histoire avant d’être consacrée sous Justinien telle que l'Église catholique d'Athènes.
Pour autant, ce bâtiment a subi de nombreuses conversions successives. Par exemple, après la quatrième croisade de 1204, l’église est rebaptisée “Santa Maria di Atene” sous forme latine donc. Par la suite elle est dédiée à Notre-Dame sous les ducs de la Roche, et devient sous Mehmed II (1458) une mosquée après la prise d’Athènes par les Ottomans. Finalement, pendant la seconde guerre vénéto-turque (1687), un obus tombe sur le Parthénon, où les Turcs avaient installé une poudrière, ce qui a provoqué d’importants dégâts au bâtiment.
D’autres temples helléniques concernés
Le premier est également le Temple d’Athéna, mais à Syracuse cette fois. Ce temple est construit au Ve siècle av. J.-C. par le tyran grec Gélon. Il est converti en cathédrale au VIIe siècle après J.-C., cependant les chrétiens gardent la construction préalable en construisant l’église autour du temple antique. De ce fait, on peut toujours voir les colonnes apparentes. De la même manière, il a été transformé en mosquée au IXe siècle, avant de redevenir une église catholique deux siècles plus tard.
Le second est le temple d’Héphaïstos à Athènes qui fut converti en l’église Saint-Georges au VIIe siècle mais a tout de même gardé son apparence initiale. On justifie d’ailleurs sa superbe conservation par le fait que le temple puis l’église ont été utilisés sans interruption au fil des siècles jusqu’en 1833, avant qu’il ne soit transformé en musée archéologique par la suite, et est aujourd’hui un site historique en plein air.
Le troisième site est celui de l’Asclépiéion d’Athènes qui fut christianisé au VIe siècle et remplacé par une basilique à trois nefs.
Finalement, le dernier temple est celui d’Artémis de Leucade qu’on suppose situé sous le monastère de Faneromeni sans confirmation certaine.










