Son décès a été causé par un arrêt cardiaque survenu lors d’une plasmaphérèse, un échange plasmatique thérapeutique, dans une clinique privée présentée comme une “Stem Cell Clinic” à Athènes. Une enquête préliminaire a été ouverte afin de déterminer les circonstances de sa mort et les procédures médicales suivies. Il n'existe à ce stade aucune certitude que la plasmaphérèse en soit la cause.


Le drame grec repris à l’international
Dans la presse chypriote, qui a suivi l’enquête de près, on explique que le chanteur a été victime d’un arrêt cardiaque dans la clinique après la pose d’un cathéter intraveineux, puis a été transporté en urgence à l’hôpital Elpis où les médecins n’ont pas réussi à le réanimer malgré la réanimation cardio-pulmonaire.
Des médias anglophones basés en Grèce ont également documenté l’affaire en évoquant des éléments sur la clinique elle-même. Ouverte en 2013, elle se présentait comme un cabinet spécialisé dans les cellules souches et l’anti-âge, avec une offre de soins portés sur le bien-être. Le ministère de la Santé a affirmé que l’établissement n’était licencié que comme cabinet de médecine générale, ce qui est incompatible avec la pratique de la plasmaphérèse. De plus, une inspection de l’Ordre des médecins d’Athènes a révélé que deux machines de plasmaphérèse étaient présentes illégalement sur place, alors que deux inspections précédentes en 2024 et 2025 n’en avaient trouvé aucune.
Ce qui permet d’expliquer que cette affaire est survenue en Grèce est que les cliniques telles que Stem Cell Clinic profitent d’une faille réglementaire dans l’Union européenne. C’est un phénomène qui a déjà été observé en Allemagne avec le X-Cell Centre et en Italie avec la Fondation Stamina. Le cas grec s’inscrit dans une dynamique européenne récurrente de contournement réglementaire et met en évidence un besoin de régulation et d’une meilleure communication. Cela n’empêche pas qu’il existe un secteur légal et réglementé de la médecine régénérative en Grèce, bien différent de la clinique mise en cause, qui n'appartient pas à ce circuit officiel.
Réaction de la Société Hellénique d’Hématologie
Cette affaire a eu un retentissement international, et la Société Hellénique d’Hématologie a réagi officiellement afin de dénoncer l’usage de thérapies dites “régénératrices” en dehors d’un cadre scientifique. En effet, elle affirme que les cellules souches de moelle osseuse ne régénèrent que le sang, et que tout autre usage est jugé scientifiquement non fondé et potentiellement dangereux. De plus, la société confirme que la plasmaphérèse est un acte médical normalement réservé à un cadre hospitalier et à un personnel formé. Son objectif est de traiter les maladies auto-immunes en éliminant les anticorps pathologiques, mais elle entraîne des effets secondaires cardiovasculaires tels que l’hypotension et les troubles du rythme cardiaque.
Et justement, l’organisation dénonce que cet acte est commercialisé comme un outil de bien-être ou de longévité, sans avoir l’appui d’études cliniques. D’autant plus qu’elle avait déjà alerté les autorités telles que le ministère de la Santé, l’organisme national des transplantations et l’EOF (l’organisation nationale des médicaments) dès 2019 sur l’existence de ces thérapies cellulaires non encadrées. À présent, l’organisation réclame des données claires sur la validité scientifique de ces thérapies, un renforcement du contrôle des praticiens autorisés à exercer ainsi qu’une meilleure communication.
Débat sur l’industrie de la longévité en Grèce
Cette affaire nous oblige à prendre du recul sur l’industrie de la longévité, une industrie qui progresse plus vite que les preuves scientifiques qui la sous-tendent. En effet, une étude randomisée de 2025 publiée dans Aging Cell a montré des changements significatifs de plusieurs marqueurs d’âge biologique après un échange plasmatique thérapeutique. Cependant, cette étude reste minime et ne démontre ni rajeunissement réel, ni allongement de la durée de vie, ni prévention des maladies. Il n’y a aucune preuve de bénéfice clinique, ce qui met en évidence qu’il existe un fossé entre la médecine encadrée et un marché parallèle tel que l’industrie de la longévité, puisque cette dernière récupère des actes médicaux et les détourne de leur usage validé, sans étude robuste à l’appui.
Finalement, il est primordial de rappeler, de la même manière que l’a fait le ministère de la Santé grec, que la plasmaphérèse est un acte lourd qui doit être pratiqué uniquement en milieu hospitalier. Un rappel qui a son importance, notamment face au drame que vit la Grèce alors que cet acte est de plus en plus vendu comme une solution anti-âge tendance.










