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Odette Varon-Vassard raconte l'histoire des Sépharades aux Juifs grecs

Par LEXIKOPOLEIO | Publié le 03/04/2019 à 07:00 | Mis à jour le 03/04/2019 à 10:29
Photo : Le rassemblement des juifs de Salonique (Juillet 1942) @ Dick / CC-BY-SA 3.0
des Sépharades aux Juifs grecs

Le 7 mars dernier s'est tenue à la librairie Lexikopoleio la présentation du livre d'Odette Varon-Vassard, Des sépharades aux juifs grecs, qui retrace les grandes étapes de la construction de leur identité.

La présence des Juifs en Grèce remonte à l’Antiquité, vraisemblablement à la suite de l’exil de Babylone. Ces Juifs, qui ont probablement adopté la langue et la culture grecques tout en gardant leur foi, s’appellent les Romaniotes. Il semble, aussi, qu’à partir du XIe siècle de notre ère, des Juifs Ashkénazes, fuyant les persécutions issues des croisades et les expulsions d’Europe de l’ouest (Angleterre et France), arrivent en Grèce.

À la fin du XVe siècle, les Juifs Sépharades, expulsés d’Espagne et du Portugal, s’installent dans l’empire ottoman, principalement à Salonique ; celle-ci, quelques décennies auparavant, avait été dépeuplée de sa population grecque lors de sa prise par les Turcs Ottomans.

Enfin, à compter du milieu du XIXe siècle, de nombreux Juifs Ashkénazes, voulant échapper aux pogroms de l’empire russe, se réfugient à Salonique. 

Ainsi, au début du XXe siècle, la population juive grecque atteint son zénith. Elle avoisine les 100 000 personnes, dont plus de 80 % habitent Salonique, aussi dénommée « Jérusalem des Balkans ». 

Les grandes étapes de la construction et de la transformation de leur identité sont un des fils conducteurs du livre d’Odette Varon-Vassard, Des sépharades aux juifs grecs : Histoire, mémoire et identité (éd. Le Manuscrit, mars 2019)

« Les juifs espagnols sont devenus au fil des siècles des sépharades de l’exil puis des juifs bien enracinés dans leurs différentes villes. Être par exemple juif salonicien était vécu par eux comme une véritable identité. Le père d’Edgar Morin insiste sur cela en débarquant en France et il met l’administration française sens dessus dessous. Ces sujets ottomans deviendront citoyens grecs en 1912. Si administrativement cela se fait automatiquement, culturellement c’est un long cheminement. C’est en tant que juifs grecs qu’ils vont être exterminés. » explique l’auteure lors de la présentation.

Le destin des communautés juives d’Europe est scellé lors de la conférence de Wannsee organisée par le régime nazi en janvier 1942, afin de planifier « la solution finale de la question juive ». Plus de 80 % des Juifs grecs va être ainsi exterminé dans les camps d’Auschwitz-Birkenau et Treblinka.

Le sort de tous les Juifs grecs pendant l’Occupation et la mémoire de leur extermination en constitue le second fil : déportation et extermination pour la majorité de la population, engagement dans la Résistance ou fuite et survie en se cachant pour une minorité. 

« La disparition d’une écrasante majorité des juifs grecs dans la Shoah a signalé une rupture historique de leur présence pluriséculaire dans cet espace » souligne l’auteure.

Cet ouvrage témoigne du silence, long et opaque, qui a recouvert la disparition des 60 000 juifs grecs pendant de longues décennies, et ce, jusqu’au milieu des années 1990, ainsi que ses causes, l’émergence - difficile et tardive - de cette mémoire, et les voies qu’elle suit.

La société grecque est une des dernières à s’intéresser à la mémoire de la Shoah. Cette mémoire, si longtemps occultée, commence ces toutes dernières années à se faire une place dans la mémoire collective grecque. La publication du livre d’Odette Varon-Vassard constitue un des jalons de ce processus. 

Odette Varon-Vassard était membre fondateur de l’Association pour l’étude des Juifs de Grèce, qui a inauguré les études juives en Grèce dans les années 1990. Historienne de la Résistance et de la Shoah, elle a déjà publié deux livres sur ces sujets en Grèce (aux éd. Hestia) et de nombreux articles. Elle a enseigné l’Histoire grecque à l’Université Grecque Ouverte (2001-2017) et collabore avec le Musée Juif de Grèce, où elle dirige son propre séminaire sur la Shoah et sa mémoire. Elle a été décorée Chevalier de l’Ordre des Arts et des Lettres. 

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