Originaire de Karaman, les Karamanlides constituaient une large communauté grecque orthodoxe en Anatolie, et parlaient turc mais utilisaient l’alphabet grec pour écrire. C’est à la suite de la guerre gréco-turque que ces orthodoxes se sont réfugiés en Grèce. En conséquence de cela, la quasi-totalité des descendants des Karamanlides aujourd’hui vivent en péninsule hellénique.


Les origines
L’origine exacte de cette communauté n’est pas encore avérée. De ce fait, deux théories coexistent aujourd’hui. D’un côté, il pourrait s’agir de descendants directs de Byzantins ayant subi une « turquification » après s’être installés durant l’époque seldjoukide (XIe-XIIe siècle). D’un autre côté, il s’agirait de mercenaires turcs christianisés, les turcopoles. Dans les deux cas, ils ont été la première fois mentionnée au XVIIe siècle dans les écris de Evliya Celebi, voyageur ottoman. Surnommé « Ellik » (signifiant « étranger du pays »), ils étaient religieusement affiliés au Patriarcat œcuménique de Constantinople. Hymnes et prières étaient chantées en turc dans les églises locales des quartiers grecs. Après la conquête de la ville par les Ottomans, les Karamanlides ont été installés à Istanbul dans le quartier de Yedikule et occupaient les métiers de marchands et d’épiciers.
Le traité de Lausanne, un tournant pour la communauté
Lors de la guerre gréco-turque (1919-1922), les Karamanlides supportaient les Turcs et ont même créé l’Église orthodoxe turque en 1922. Mais dans le cadre de traité de Lausanne en 1923, environ 200 000 Karamanlides furent déplacés en Grèce, malgré le fait qu’ils parlaient turc. Ce dernier fait a été l’objet d’un rejet des Grecs « locaux », qui les qualifiaient de « Tourkiki sporon » (« semence turque »). Ils se sont ainsi établis dans des villages ou des quartiers spécifiques, et ont continué de préserver leur culture sans pour autant se mélanger aux autres Grecs. Car les Karamanlides ont toujours gardé un profond attachement à leur terre natale anatolienne.
Les Karamanlides au XXIe siècle
Techniquement, il n’existe plus de Karamanlide en tant que groupe distinct en Turquie, en raison de l’échange de population. Aujourd’hui, l’identité survit principalement à travers l’histoire de leur mémoire, entretenue par la communauté du monde entier, qui regroupe les descendants de cette région dans la diaspora. Aussi, leur héritage se retrouve dans leur riche tradition culinaire. Leurs spécialités de viandes séchées, de charcuteries épicées et de fromages sont devenues des symboles de la cuisine d’Asie Mineure. Nommons par exemple le Pastourma, une viande de bœuf séchée enrobée d’épices, ou encore le Kavrouma, viande mijotée puis frite.
























