Selon le rapport de printemps 2026 du Conseil budgétaire hellénique, la Grèce devait encore environ 220 milliards d’euros aux institutions européennes fin 2025. Cela représente 88 % du PIB et 55 % de la dette de l’administration centrale.


En 2023, la Grèce a commencé à rembourser les prêts du Fonds européen de stabilité financière (FESF) et continuera jusqu’en 2070. Les remboursements des prêts du Mécanisme européen de stabilité (MES) sont prévus de 2034 à 2060. La Grèce a reçu 288,7 milliards d’euros d’aide financière lors des trois programmes d’ajustement mis en place entre 2010 et 2018 auprès de quatre sources : le prêt bilatéral des pays de la zone euro (la Facilité de prêt grecque), le FESF, le MES et le Fonds monétaire international (FMI). Concernant ce dernier, le pays a déjà remboursé intégralement la part du FMI qui s’élevait à 32,1 milliards d’euros.
Par ailleurs, le solde restant des prêts européens accordés dans le cadre des plans de sauvetage s'élève à 211,4 milliards. Au niveau du prêt bilatéral, la Grèce prévoit des remboursements anticipés d’environ 5 milliards par an après 2026.
D’autres dettes s’ajoutent à l’addition
De plus, d’autres dettes européennes viennent s’ajouter : les prêts de la Banque européenne de l’investissement et du programme SURE (soutien à l’emploi) s’élevant à 11,6 milliards et qui sont en cours de remboursement, et les prêts du Mécanisme pour la reprise et la résilience, reçus post-Covid, forment un montant de 11,4 milliards, remboursables à partir de 2032. Ainsi, avec ces dettes supplémentaires, la charge de remboursement à long terme dépasse les 230 milliards d’euros.
Une dette publique grecque en baisse bien que toujours la plus élevée de l’UE
Fin 2025, la dette est tombée à 146,1 % du PIB grec, ce qui signifie que la dette a baissé de 8 points en un an. Malgré cette belle avancée, la dette hellénique demeure la plus haute de l’Union européenne. Elle devrait atteindre le taux de 136,8 % à la fin de l’année 2026, ce qui la ferait passer sous le seuil symbolique des 140%. Puis, elle devrait passer sous le seuil des 120 % d’ici 2029.
Cette trajectoire repose sur les excédents primaires soutenus (le surplus budgétaire et durable de l’Etat lorsqu’il gagne plus que ce qu’il dépense) et sur la croissance nominale (l’augmentation de la valeur totale de ce que produit le pays). Dans ce contexte, la croissance nominale aiderait à réduire la dette en proportion dans le PIB grec.
Les excédents primaires, ou les piliers de la stratégie grecque
En effet, en 2025, l’excédent primaire était de 4,9 % du PIB et devrait être en 2026 de 3,2 %. La Commission européenne, elle, a recommandé de maintenir des excédents moyens d’environ 2 % du PIB à court et moyen terme afin de pouvoir poursuivre cette stratégie.
Le Conseil budgétaire hellénique a cependant évoqué plusieurs mises en garde. Tout d’abord, tenir cette discipline sur plusieurs décennies est un réel défi. Cela rejoint la seconde mise en garde puisque les projections dépendent des taux d’intérêts, de la croissance, des recettes fiscales ainsi que du coût des nouveaux emprunts auprès des investisseurs privés. Enfin, la dernière mise en garde repose sur le fait que l’amélioration n’est pas garantie malgré les conditions favorables et les longues maturités de la dette officielle aidant. La prudence budgétaire est nécessaire afin de contenir les coûts d’emprunt et de préserver la confiance des marchés.










