Géopolitiquement alignée avec les États-Unis et Israël, la Grèce prend des mesures concrètes et appelle avant tout à une désescalade du conflit et promeut diplomatie et respect du droit international.


Des mesures pragmatiques
Face aux risques, la Grèce a renforcé sa défense aérienne par le déploiement des systèmes Patriots sur l’île Karpathos dans le sud-est de la mer Égée. Malgré les protestations de la Turquie face à cette militarisation, Athènes maintient ces dispositifs en raison du statut exceptionnel de la situation.
Des mesures de renforcement de sécurité et de vigilance ont été lancées par le ministre de la Défense Nikos Dendias autour de zones jugées comme cibles en cas d’attaque terroriste, comme les aéroports ou les synagogues. Deux frégates ainsi que deux avions de chasse F-16 ont été déployés pour renforcer la sécurité de la Crète. Ces derniers ont déjà intercépté des drones envoyés par l’Iran.
La Grèce a entamé depuis le mardi 3 mars des missions de rapatriement afin de ramener les citoyens grecs bloqués au Moyen-Orient. 162 personnes ont été ramenées depuis Oman, Bethléem et Abu Dhabi.
Des répercussions sur l'économie grecque
Les tensions au Moyen-Orient vont également avoir des conséquences économiques pour la Grèce. D’abord une hausse du prix du pétrole est attendue, depuis la fermeture de détroit d’Ormuz. Devenu un véritable champs de bataille, les pétroliers, méthaniers et cargos présents dans la zone sont bloqués depuis maintenant six jours à l’heure où la grève des marins débute. Ce passage représente 20 % de l’approvisionnement mondial en pétrole et en gaz, une situation qui pourrait impacter l’économie du pays.
Du côté de la grève, aucun ferry ni navire n'a navigué ce jeudi 5 mars. La Fédération Panhellénique exige que le désenclavement des marins présents dans le détroit d’Ormuz concerne au moins 10 navires portant à leur bord 85 marins. De plus, 325 navires d’intérêt grec sont présents dans la zone. Une autre revendication est que la zone du golfe Persique soit déclarée interdite d’accès afin de ne pas mettre les équipages en danger.
De la même manière, une augmentation des primes d’assurances transport maritimes est attendue en raison de l’accroissement des risques, sachant que la Grèce possède la plus grosse flotte marchande au monde. Enfin, une baisse du tourisme pourrait aussi être envisageable, de par sa proximité avec la région.
Entre prudence diplomatique et mesures pragmatiques, la Grèce cherche à protéger ses intérêts sans s’engager dans l’escalade militaire. Reste à savoir si les initiatives internationales permettront de calmer les tensions ou à l’inverse de les envenimer.
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