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Grèce : l’évasion fiscale continue de sévir

La Grèce a été confrontée à des défis importants en matière d’évasion fiscale. Ce phénomène a été observée à divers niveaux, allant des simples pourboires non déclarés à des cas de blanchiment d’argent, et à plusieurs échelles sociales. La lutte contre l’évasion fiscale est un enjeu crucial pour assurer une répartition équitable des charges dans le pays.

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Écrit par Rafaël Pera
Publié le 11 mai 2026

 

Évasion fiscale

L’AADE (Independent Authority for Public Revenue), l’agence gouvernementale chargée de collecter l’impôt en Grèce, a mené en 2025 plus de 47 000 audits à travers le pays, soit deux fois plus que l’objectif annuel. Résultat, le taux d’évasion fiscale a atteint environ 30% selon les données. Les ateliers de réparation automobile ont été identifiés comme la profession qui effectue le plus d’évasion, avec un taux de 61% de non-conformité, devant les transports et les activités de location. Par taux de non-respect des normes se trouvent aussi les secteurs suivants :

Santé: 54% ; Services personnels : 50.3% ; Agriculture: 40.8% ; Commerce de gros: 33.9% ; Services alimentaires (Restaurants/Cafés): 32.4% ; Hébergement: 31.6% ; Commerce de détail: 29.3% ; Industrie alimentaire: 28.8% ; Secteurs généraux: 19.1%.

Géographique, l’enquête révèle que la Grèce occidentale a enregistré le taux de non-conformité le plus élevé (39,9%), suivie du Péloponnèse (39,6%), et plus précisément les bureaux d’impôt de Patras, Corinthe et Ilia. Au-delà des 3,1 milliards d’euros d’impôts et d’amendes imposés, les autorités ont mis en place d’autres mesures strictes pour faire respecter les règles. De ce fait, 680 entreprises ont fermé temporairement (40% d’entre elles dans la restauration), et 293 amendes spécifiquement créées pour ces cas de figure ont été distribuées.

En 2025, le tourisme a été l’objet de nombreuses sanctions, avec des fermetures parfois très médiatisées. En effet, 33% des entreprises liées au tourisme (restauration, plages etc..) ont montré des violations, soulignant l’intransigeance que provoque désormais ces affaires. Par exemple, deux bars de plage à Santorin ont été fermés pendant 2 jours pour des petits montants de reçus non émis.

Économie souterraine

De ce fait, environ 1 euro sur 5 échappe à la surveillance des autorités fiscales. Des données récentes du KEPE (Centre of planning and economic research) soulignent l’ampleur du défi, car l’économie parallèle en Grèce s’élève à 20,9% du PIB, contre une moyenne de 17,6%. Ainsi, la Grèce continue de se classer parmi les pays avec la plus grande part d’économie parallèle en Union européenne. Même si cette part a grandement diminué depuis 2 décennies, l’économie informelle reste presque le double de celle de l’Allemagne.

 

Des solutions ?

Il y a de cela quelques années maintenant, la Grèce a mis en place une initiative visant à offrir aux citoyens une prime pour le signalement des cas d’évasion fiscale. Une application, « appodixi » a été créée pour permettre aux utilisateurs de dénoncer des cas potentiels, anonymement ou non. En plus de cette application, le ministère grec de l’Économie et des Finances a lancé une plateforme permettant de soumettre des plaintes et des informations relatives à la corruption ou aux violations fiscales.

Ces mesures ne semblent néanmoins pas fonctionner efficacement, puisque le taux d’évasion fiscale a augmenté de 2,6 points de pourcentage par rapport à 2024. La fraude semble être ancrée dans l’économie grecque à toutes les échelles. Des scandales impliquant les élites politiques éclatent encore aujourd’hui, dévoilant l’ampleur du problème. Une réorganisation devra donc être mis en place afin d’espérer une diminution des cas d’illégalité, afin de permettre une meilleure redistribution sociale et de plus grandes dépenses publiques.

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