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Aegean Rebreath, une association qui se bat contre la pollution marine

Par Aurore Le Perff | Publié le 02/05/2019 à 11:00 | Mis à jour le 02/05/2019 à 12:51
Photo : @ Aegean Rebreath
Aegean rebreath équipe

Aegean Rebreath nettoie, collecte et classe les déchets marins, mais pas seulement. George Sarelakos, fondateur, nous parle de cette association qui se bat contre la pollution marine sur le long terme.

L'ONG Aegean Rebreath a pour objectif de dépolluer la mer en suivant le principe de l’économie cyclique. Elle ne se limite pas au nettoyage de la mer, ni à la collecte des déchets marins. Elle instaure une vraie relation de confiance avec les autorités et communautés locales afin de sensibiliser la population et les pêcheurs aux effets néfastes de la pollution marine.

 

Son origine

aegean rebreath
George Sarelakos (au milieu en blanc), avec d'autres bénévoles

George Sarelakos a bien compris que nettoyer les côtes grecques n’allait pas être suffisant et qu’il fallait prendre le taureau par les cornes en s’attaquant aux origines du problème pour pouvoir le résoudre : notre mentalité.

Tout commence en 2017. Alors que George plonge depuis des années dans les plus belles eaux du monde entier, il prend conscience du problème de pollution, omniprésent : « J'ai réalisé l'incapacité des grandes organisations internationales à résoudre le problème. En ce moment, il y a trop de discours. Rien ne se passe sur le terrain ».

Pourtant déjà bien occupé professionnellement en tant que chef de projet du Centre de coordination d’Athènes pour les migrants et réfugiés (ACCMR) et consultant indépendant, George décide de fonder Aegean Rebreath, dans le but d’ancrer de nouvelles mœurs et habitudes qui permettront de réduire autant que possible les déchets marins.

aegean rebreath
Sensibilisation auprès des jeunes de la communauté

Au début, personne ne croyait à ce projet de recyclage des déchets marins. Mais les faits lui ont rapidement donné raison : « A Tinos, une unité de recyclage assurait que 80% des déchets collectés avaient pu être recyclés. Ce n'est pas difficile tant que la bonne mentalité et la bonne approche sont mises en place ».

L’activiste grec, par ces diverses missions, souhaite « provoquer un choc positif chez la population locale ». Encore beaucoup trop de personnes, toutes nationalités confondues, pensent qu’il n’y a pas de problème en mer, selon lui.

 

Une économie cyclique sur le long terme

Aegean Rebreath fonctionne comme une entreprise sociale, avec des fonds d’institutions nationales et internationales. Aucun profit n’est récupéré de ses actions : tout est réinvesti dans l’organisation de nouvelles activités. 

Lorsque nous agissons quelque part, c’est toujours sur du long terme afin de créer des synergies honnêtes.

aegean rebreath
Aegean Rebreath au service de la communauté locale

L'ONG a mis en place l’économie cyclique du recyclage : « La station devient un noyau, une plaque-tournante où tout le monde sait où nous trouver. Tout est lié : une fois le nettoyage effectué, les mairies nous font confiance, nous pouvons leur expliquer ce qui se passe et les former pour gérer une station de déchets marins. Elles sont alors prêtes à collecter les quantités et ensuite nous les classons, et les envoyons dans des unités de recyclage ou surcyclage (upcycling) les plus proches. Ce peut être dans l'île même ou jusqu'à Athènes, en l'absence de structure locale. Nous avons établi notre première station à Antiparos et nous sommes prêts à signer avec 3 autres îles pour des stations de déchets marins ».

Ainsi, lorsqu’une île devient la nouvelle ‘cible’ d’Aegean Rebreath, l’objectif est de mettre en place une station de déchets marins, en général près du port.  Des poubelles visant à faciliter le tri des déchets en trois catégories, dont une dédiée aux filets de pêche, sont installées.  

 

aegean rebreath filet de pêche

 

Les locaux se familiarisent alors avec le recyclage des déchets marins, et l’association peut enregistrer et classer les éléments (équipements de pêche, plastiques jetables..), pour nourrir la base de données et définir les actions à mener, de recyclage mais aussi de sensibilisation auprès des pêcheurs, de la populations locale ou encore des touristes.

 

Pour le changement des mentalités

« Malheureusement, recycler n’est pas si populaire en Grèce, déplore George Sarelakos.  Beaucoup de municipalités ont des poubelles bleues, et des poubelles à ordures mais elles ne les respectent pas vraiment. A l'inverse, des îles comme Syros, Tinos, Paros ont pris la mesure du recyclage et nous essayons de collaborer avec elles. Petit à petit, des îles demandent de l’aide à d'autres. Nous leur apportons le réseau et leur donnons l'exemple. »

aegean rebreath

 

Pour George, le problème est profond et global : « Toute l’Europe fait face à ce même problème. Les Etats-Unis ont également des systèmes défaillants de recyclage de leurs déchets ». Fier d'assister aux débuts d'une prise de conscience, il espère que de plus en plus de pays seront inspirés à l’avenir par cette méthode et l’imiteront.

aegean rebreath
Un sac plastique en pleine mer...

 

Nous sommes tous affectés, mais aussi infectés par ce fléau. George rappelle d’ailleurs l’étude qui a révélé la présence de microplastiques dans toutes les selles de ses cobayes humains (huit personnes habitant dans des pays différents). 

 

 

 

Et les gens continuent à acheter des tomates et des bananes entièrement emballées dans du plastique, alors qu'ils savent que leurs enfants mangent du plastique.

 

Bilan

Lorsque l’on demande à George ce que l'équipe trouve le plus dans la mer durant ses missions de nettoyage, c’est un triste bilan qui s’impose à nous :

« En quantité, 50% des déchets collectés sont en plastique, mais en termes de poids, les filets de pêche et les pneus arrivent en première place. Le problème vient de partout, terre et mer. »

 

aegean rebreath
Des pneus, des bouteilles, des couvertures, des poubelles et même des caddies...

 

aegean rebreath
Butin d'une mission de 24/48h...

En à peine deux ans, Aegean rebreath peut être fière de son parcours. Avec plus de 25 initiatives, elle a coopéré avec un grand nombre d’institutions et de municipalités, et a réussi à se faire connaître en Grèce et dans le monde entier.

« Nous avons commencé avec 7 personnes et maintenant nous sommes plus de 20. Nous nous améliorons continuellement. En été, nous allons en mission tous les week-ends », précise George. Coordination, relations presse, finance, chaque bénévole a sa fonction. Une vraie entreprise, mais sans profit, pour le bien de l'homme et de la nature.

Informations pratiques

Pour en savoir plus sur Aegean rebreath, n'hésitez pas à consulter la page Facebook et le site web de l'association, afin de suivre ses actions de nettoyage et de sensibilisation.

Si vous souhaitez proposer votre aide, vous pouvez contacter l'équipe directement par email à info(at)aegeanrebreath.org.

 

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Aurore Le Perff

Aurore Le Perff

Responsable de l'édition d’Athènes et rédactrice en chef depuis 2018, Aurore définit la ligne éditoriale et propose des publi-reportages, portraits et bannières visant à développer la notoriété et la visibilité de votre entreprise/activité.
3 Commentaire (s)Réagir
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xavierklein ven 03/05/2019 - 16:58

Bonjour, Une précision aurtografique: Georges s'écrit avec un S (sans S, c'est en anglais) ou alors dans sa version grecque, Γεώργιος (Geórgios). Sur le fond, vu les énormes quantités de déchets BRÛLÉS sur les plages crétoises après les tempêtes hivernales, y compris en résistant aux autorités, ce n'est pas gagné. Cordialement.

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athenes@lepetitjournal.com ven 03/05/2019 - 17:01

Vous avez tout à fait raison : ‘Georges’ en français et ‘George’ en anglais. C’est un choix de la part de l’édition. À l’origine, ce monsieur est Grec et s’appelle Giorgos. Lorsqu’il se présente en anglais, c’est George. Pour éviter de proposer une 3ème version de son prénom, nous avons préféré garder la version anglophone de son prénom. Tout comme pour George Clooney ;) Concernant le sujet de l’article, il y a bien sûr encore beaucoup de travail à faire sur les mentalités, et pas seulement en Grèce…

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xavierklein ven 03/05/2019 - 18:45

Il y a toujours le vieux débat de l'orthographe des noms de lieux étrangers: doit-on évoquer London ou Londres? La Haye ou Den Haag? Rome ou Roma? Leonardo Da Vinci ou Léonard de Vinci? L'usage voudrait -semble t-il- la francisation des noms. Tout à fait, des efforts pas seulement en Grèce... Mais peut-être faudrait-il surtout s'attaquer à la racine des véritables problèmes: l'obsolescence programmée, les transports routiers, les fabricants d'emballage, la relocalisation des industries, etc. Et là, on touche à de gros intérêts....

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