En ce début avril, deux bâtiments de la Marine nationale française, frégates Dupleix et Cassard ont effectué une escale de routine au port du Pirée dans le cadre des relations bilatérales franco-grecques. lepetitjournal.com est monté à bord du Dupleix
Une journée "portes ouvertes à bord" pour les ressortissants de nationalité française était organisée vendredi dernier. Les personnes inscrites ont pu visiter les deux navires qui ont chacun leur propre spécialité. Le Dupleix, arrivé à Athènes en premier, est spécialisé dans la défense anti sous-marine. Quant au Cassard, arrivé vendredi matin à quai, il est spécialisé dans la défense anti-aérienne. Une différence qui se voit rien qu'aux impressionnants satellites du Cassard. Au soir de cette porte ouverte, un cocktail était organisé à bord du Dupleix, l'occasion pour les marins d'échanger avec la communauté française et grecque, dans une ambiance très conviviale.
Sur le pont du Dupleix
Parti de Toulon il y a deux mois, cette escale hellénique est la dernière avant le retour à Toulon, port d'attache de ces deux frégates. C'est donc la fin de cette mission de patrouille, baptisée MEDOR, en méditerranée orientale. En ce vendredi soir, les marins en permission discutent autour d'un verre de punch ou de champagne, désireux de partager leur expérience avec les invités de la frégate. Pour Maelig, normande et femme marin affectée sur le Cassard, cette expérience est vraiment particulière. À 24 ans, elle est diplômée de Master de communication du CELSA et décide de passer les concours pour s'engager durant un an de volontariat dans la Marine. Après avoir passé le concours (écrit, sport, psychotechnique, entretien avec des psychologues et officiers de la Marine) elle est engagée comme volontaire en tant qu'officier supérieure. Elle fait donc partie des dix rares filles à naviguer sur le Cassard pour 240 marins au total. A ses côtés, son chef hiérarchique, Thomas, un vosgien de 28 ans, diplômé d'un master de droit. Lui passe le concours puis intègre, pendant deux ans, l'école navale de Brest. Voilà déjà quatre ans que Thomas est engagé dans la marine, il doit six ans de service à bord d'une frégate, à l'État français. Certain naviguent pendant une dizaine d'années et après restent sur la terre ferme. C'est le cas de Christian Jamard, maître principal rattaché à la Marine à l'ambassade de France d'Athènes qui se souvient avec passion de l'opération Atalante contre la piraterie près des côtes Somaliennes, à l'époque où il naviguait encore.
Avant d'arrivée à Athènes, les deux frégates sont passées en Israël, à Chypre et à Malte. Pour Maelig et Thomas, c'est leur première escale au Pirée. "Les escales sont faites avant-tout pour se reposer", souligne Maelig. À chaque escale des excursions sont proposées aux marins. Pour cette escale athénienne, ils ont la possibilité d'aller à Delphes, Corinthe ou encore visiter avec un guide les musées et sites antiques de la capitale. "Là on arrive en fin de mission, on en voit le bout. On a donc envie de se laisser vivre", confie Maelig, qui assure la partie communication sur le Cassard. Elle s'occupe du réseau col bleu, le réseau internet de la marine nationale. Par exemple, son rôle est d'envoyer une newsletter régulièrement pour tenir informées les familles. Thomas, lui, est l'expert juridique à bord. Il s'occupe des finances du bateau : "par exemple, vous voyez là, si la réception avait été organisée sur le Cassard, c'est moi qui aurait géré l'intendance de cette soirée". Il s'occupe également d'une coopérative à bord où des produits de première nécessité ainsi que des goodies de la marine nationale sont en vente. Ce statut de commissaire est rare, il y en un par bateau et huit dans toute la marine nationale. Un statut qui permet d'avoir "une vraie place et d'être chef de service directement", salue Thomas. La marine permet d'apporter à son poste, des mission diversifiées. Missions qui selon lui, seraient "purement administratives" s'il avait intégré l'armée de terre ou de l'air. En somme, la marine offre "une belle diversité de missions pour les commissaires", dit-il avec satisfaction. Par exemple, il peut être amené à effectuer des missions annexes comme prendre des quarts.
Concernant l'armée en général, Thomas explique que depuis trois ans les concours de l'armée de terre, de l'air et de mer sont mutualisés. Pour ces deux marins passionnés, il est clair que seulement "la crème de la crème rentre dans la marine". À propos des critères de motivation qui les ont poussés à s'engager dans la Marine nationale, Mealig répond du tac au tac et mentionne "le respect de l'institution" et "le désir de voyager et de se mettre à l'épreuve". Pour Thomas, il s'agit de "la découverte de la Marine et des bateaux" et de "découvrir des endroits magnifiques et vivre de belles aventures". Il explique qu'en tant que commissaire, il est le premier à quai quand le bateau arrive dans un port "parfois, quand il y a du mauvais temps vous vous demandez ? mais qu'est ce que je fais là ? ?- et puis quand vous êtes le premier à terre, vous découvrez le paysage immédiatement et c'est toujours incroyable".
Klervi Drouglazet (www.lepetitjournal.com/athenes) Mardi 8 avril 2014



























