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Grève de 48 heures des taxis à Athènes contre la transition électrique

Les manifestants se rassembleront devant le siège des syndicats des taxis, avant de marcher vers le palais Maximos, afin de présenter leurs revendications.

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Écrit par Lepetitjournal Athènes
Publié le 2 février 2026, mis à jour le 3 février 2026

Par cette mobilisation, les professionnels du secteur entendent dénoncer des politiques de transport qu’ils jugent menaçantes pour la viabilité économique de leur activité, en particulier la transition jugée trop rapide vers les véhicules électriques.

Le syndicat réclame une électrification progressive, adaptée aux capacités réelles du réseau de recharge. Il demande notamment l’installation de bornes rapides dans les stations de taxis, une couverture assurantielle spécifique pour les batteries des véhicules électriques, ainsi qu’une révision du tarif minimum réduit appliqué aux voitures de transport avec chauffeur à zéro émission.

 

Une électrification devenue obligatoire

À partir du 1er janvier 2027, de nouvelles réglementations entreront en vigueur : tous les nouveaux véhicules de transport de passagers immatriculés dans les zones métropolitaines d’Athènes et de Thessalonique devront être à zéro émission.

Parallèlement, les autorités prévoient d’autoriser les véhicules électriques avec chauffeur à pratiquer un tarif minimum de location de 50 euros, contre 90 euros actuellement. Les syndicats estiment que cette combinaison, obligation d’électrification et baisse des tarifs, risque de fausser la concurrence et de fragiliser le modèle économique du taxi traditionnel.

Les représentants du secteur accusent également le vice-ministre des Transports de promouvoir des mesures qui, selon eux, déséquilibrent le marché au profit d’autres formes de transport privé.

 

Un réseau de recharge jugé insuffisant

Le principal point de tension concerne l’état du réseau de recharge électrique. Selon le syndicat, les infrastructures actuelles sont loin de permettre une transition à grande échelle. Les projections indiquent qu’en 2026, environ 250 taxis seulement devraient passer à l’électrique, un chiffre que les professionnels jugent purement symbolique. Les chauffeurs contestent également les chiffres officiels évoquant jusqu’à 100 000 points de recharge disponibles dans le pays. D’après leurs estimations, les bornes privées domestiques seraient inférieures à 10 000 unités.

À l’échelle nationale, la Grèce dispose actuellement de 1 562 bornes rapides publiques (50 kW) et seulement 10 bornes ultra-rapides (150 kW). En décembre 2025, le pays comptait 8 757 points de recharge au total, avec un ralentissement notable du développement du réseau depuis 2023. Par ailleurs, aucune station de recharge dédiée aux taxis n’existe pour l’instant ni à Athènes ni à Thessalonique.

 

Contraintes opérationnelles et risques financiers

Les chauffeurs soulignent également des obstacles pratiques majeurs. Un taxi électrique nécessite en moyenne environ 1 100 heures de recharge par an, ce qui équivaut à une immobilisation d’environ un mois et demi d’activité, contre quelques minutes pour faire le plein d’un véhicule thermique.

À cela s’ajoute un problème d’assurance : de nombreux conducteurs indiquent que les polices standards n’incluent pas les dommages sur les batteries, pourtant l’élément le plus coûteux du véhicule. En cas de panne ou de dégradation, les frais de remplacement pourraient donc rester entièrement à la charge du chauffeur.

Face à ces contraintes techniques, économiques et assurantielles, les syndicats estiment que la transition vers l’électrique, telle qu’elle est actuellement prévue, n’est ni réaliste ni soutenable pour la majorité des professionnels du secteur. Par leur grève, ils espèrent contraindre les autorités à revoir le calendrier et à investir davantage dans les infrastructures avant d’imposer de nouvelles obligations.

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