Édition internationale

ENTRETIEN - Arnaud Tellier, Directeur Général Grèce BNP Paribas

Écrit par Lepetitjournal Athènes
Publié le 1 janvier 1970, mis à jour le 13 novembre 2012

A l'heure où tous les regards se tournent vers la Grèce et que les pays européens se pressent "au chevet de son économie",  Arnaud Tellier, directeur général de BNP Paribas en Grèce, fait le point sur cette situation inédite. L'occasion également d'évoquer pour nous les atouts de son entreprise sur le marché grec, ainsi que ses projets

(Arnaud Tellier, Directeur général BNP Paribas Grèce)

Lepetitjournal.com : Contrairement à d'autres banques françaises implantées en Grèce, BNP Paribas, n'est pas une banque de détail. Quelles sont les activités que couvre BNP PARIBAS en Grèce ?

Arnaud Tellier : Le groupe BNP Paribas exerce certaines activités de détail en Grèce à travers ses filiales spécialisées dans le financement hypothécaire (UCI) ou la gestion de flotte de véhicules (ARVAL). Cependant, la plus grosse part de nos activités bancaires est développée en direction des grandes entreprises, institutions financières et principaux armateurs du pays. Nous venons également de signer un partenariat avec Piraeus Bank dans le domaine du Wealth Management qui débouchera dans quelques semaines par la constitution d'une JV dans ce domaine. A noter enfin que nous sommes les leaders sur le marché de la conservation de titres.

Quels sont les atouts de BNP Paribas pour affronter la crise que traverse le pays ?

Nous avons une organisation de taille modeste, flexible avec un personnel de qualité orienté vers le service spécialisé aux grands clients. Notre intervention se situe essentiellement au niveau du conseil et de l'apport de solutions de gestion de risques et de financements sur mesure. Ce sont des services particulièrement adaptés à la situation très difficile et inédite que traverse actuellement le pays. L'intégration de Fortis prévue cette année devrait renforcer ces atouts, notamment dans le domaine du Shipping.

Les mesures prises par le gouvernement ainsi que le soutien de la zone euro, vous semblent-ils suffisants pour rassurer les marchés ? On parle actuellement d'une possible aide financière à la Grèce. Est-elle, selon vous, nécessaire ?

Les marchés ne semblent pas encore rassurés, du fait du très important déficit de crédibilité que les gouvernements ont accumulé ces dernières décennies. La dette grecque d'environ 300 milliards d'euros est un très lourd fardeau pour le pays mais reste gérable dans l'environnement européen. Le soutien politique a été confirmé et une aide financière ne devrait pas être nécessaire si les mesures annoncées sont mises en place et qu'un cercle vertueux de confiance s'installe.

Vous vivez et travaillez en Grèce, percevez-vous, au quotidien, les difficultés de la population grecque ?

Cela ne saute pas aux yeux si vous vous promenez à Kolonaki, mais il est malheureusement certain que les mesures prévues et nécessaires depuis longtemps auront un impact sur la situation économique du pays et donc de sa population. Il me semble toutefois que les Grecs sont prêts à consentir à un effort limité dans le temps pour peu qu'une perspective soit dessinée et que les efforts soient équitablement partagés. Ce dernier point est le véritable défi du gouvernement.

Quelles sont vos perspectives pour 2010 ?

Préparer 2011 avec optimisme ...

Pour conclure, que diriez-vous à une entreprise française qui souhaiterait s'installer en Grèce aujourd'hui ?

De bien préparer le terrain, de s'entourer de conseils surs, de consulter les organismes français locaux dont le rôle est de faciliter l'installation dans le pays et d'avancer avec beaucoup de prudence.
Propos recueillis par Delphine Millet Prifti (www.lepetitjournal.com/athenes.html) Lundi 1er mars 2010

lepetitjournal.com Athènes
Publié le 1 mars 2010, mis à jour le 13 novembre 2012
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