Lundi 14 juin 2021

Mohamed ABDULAZIZI : "Il y a vraiment des gens bien en Algérie"

Par Hadia Beghoura | Publié le 05/04/2021 à 13:00 | Mis à jour le 05/04/2021 à 13:00
Photo : © Hadia Beghoura pour lepetitjournal.com
Mohamed ABDULAZIZI

Ben du Ghana, Eloge du Burundi, Adiarra du Mali, sont tous les trois des étudiants étrangers venus poursuivre leurs études en Algérie. Il y a quelques semaines, lepetitjournal.com est parti à la rencontre de chacun d'entre eux afin qu'ils fassent part de leur expérience de vie en Algérie. 

Aujourd'hui, c'est de Mohamed ABDULAZIZI, étudiant venu de Tanzanie, que nous nous intéresserons. Très sociable et ayant cette facilité à s'adapter, Mohamed parle de lui comme une personne bien intégrée dans la société algérienne, qui est arrivée à se faire des amis algériens et qui n'hésite pas à aller où bon lui semble pour découvrir de nouvelles choses dans son pays d'accueil. 

Présentez-vous à nos lecteurs 

Je m’appelle Mohamed Sharif ABDULAZIZI, j’ai 26 ans, j’ai 4 frères et sœurs, je suis originaire de Tanzanie, pays d’Afrique anglophone, né à Dar Essalem où j’y ai passé la plus grande partie de ma vie à l’exception de la période du lycée. Dar Essalem se situe à l’est du pays. Je suis actuellement étudiant en sixième année à la Faculté de Médecine d’Alger. Je suis venu en Algérie en 2014 dans le cadre des programmes de bourses d’études.   

Parlez-nous un peu de votre vie dans votre pays et ville d’origines

Dar Essalem est une ville très vivante qui ne dort presque jamais. Il y a plusieurs boites et pubs. C’est le cas dans toute la Tanzanie. J’aimais sortir avec mes amis. D’ailleurs j’y retourne chaque été.

Pourquoi et comment avoir choisi l’Algérie ?

Suite à une publication sur le site du Ministère de l’Enseignement Supérieur, j’ai pris connaissance qu’il y avait des bourses d’études pour ceux qui veulent aller étudier à l’étranger. Mon premier choix était pour Cuba car j’aime beaucoup la culture latine. Malheureusement, il n’y avait pas de bourses pour ce pays cette année-là. Il n’y avait que deux bourses, une pour l’Ile Maurice et une autre pour l’Algérie. Etant une personne qui aime la découverte et l’aventure, j’ai choisi l’Algérie et c’est comme cela que j’y suis maintenant.

Est-ce que les étudiants de votre communauté sont nombreux ? Dans quelles villes sont-ils majoritaires ?

Il y a deux ou trois ans, nous étions beaucoup plus nombreux que maintenant. Les étudiants actuellement présents en Algérie sont pour la plupart basés à Oran, Tlemcen, Mostaganem, Alger, Boumèrdes, Tizi Ouzou et Bejaia.

Comment s’est déroulée votre arrivée en Algérie ?

Mohamed (Tanzanie) : Quand je suis arrivé, nous étions environ quarante (40) étudiants du même pays. Nous avons été logés à Bab Ezzouar la première nuitée puis, le lendemain, chacun a rejoint sa ville d’accueil. En ce qui me concerne, je devais aller à Constantine pour l’apprentissage de la langue française. J’y suis resté une année puis je suis venu à Alger pour entamer mes études en médecine et c’est à la cité universitaire de Ben Aknoun que je loge.

Racontez-nous votre quotidien dans votre ville de résidence en dehors de vos études.

Pour ce qui est de Constantine, j’étudiais le français et j’avais mon activité au sein d’une association appelée AISSEC. Elle permettait d'établir des échanges entre étudiants algériens et étrangers. Mon rôle était de guider les Algériens qui étaient à la recherche d’échanges culturels. A Alger, je sors parfois avec des amis.

Avez-vous pu vous intégrer facilement en Algérie 

Je suis quelqu’un de très sociable. Je n’ai donc pas eu beaucoup de difficultés à m’intégrer. La culture musulmane ne m’est pas inconnue ce qui a en quelque sorte facilité mon intégration. Aussi, les Algériens sont un peuple très interactif avec les étrangers, l’échange est assez rapide. Je me suis même inscrit dans un club qui s’appelle Amercian Corner. Il permet à de nombreux jeunes algériens de venir échanger avec des étudiants, pour la plupart anglophones, afin de pratiquer l’anglais. C’était une voie qui m'a aussi permis de faire des connaissances.

Quels sont vos lieux préférés dans votre ville de résidence ? Qu’aimez-vous y faire ?

Personnellement, je n’ai pas un lieu spécifique que je préfère à Alger. J’aime me promener partout, tout dépend de l’humeur du jour.

Avez-vous voyagé en dehors de votre ville de résidence ? Si oui, citez-nous les noms des villes visitées.

J’ai visité beaucoup de villes mis à part le sud algérien comme Blida, Boumerdes, Tizi Ouzou, Bejaia, Oran … Mais je souhaite visiter le Sahara avant de quitter l’Algérie.

Quels plats ou mets algériens traditionnels avez-vous testé ?  

Le couscous, la chakhchoukha, m’hadjab, la chorba …. Mais mon plat préféré est le couscous. J’aime aussi les M’hadjab avec des frites.

Et quels sont les plats traditionnels de votre pays ? En avez-vous un que vous préférez ?

Le plat le plus populaire en Tanzanie est l’Ugali. Mais mon plat préféré tanzanien est le Pilau qui est à base de riz, de légumes et d’une sauce.

Qu’est-ce qui vous a le plus impressionné et/ou étonné à votre arrivée en Algérie ?

Constantine était la première ville que je découvrais à mon arrivée en Algérie. Son architecture et ses nombreux ponts suspendus m’ont beaucoup plu et impressionné. Mais ce qui m’a le plus frappé dans toute l’Algérie c’est une attitude que je n’ai vu nulle part ailleurs. Si on rentre dans un magasin, qu’on achète un article et qu’il nous manque quelques dinars, les vendeurs ici vous disent presque tous « Ce n’est pas grave, laissez pour la prochaine fois ». J’ai été agréablement surpris ! Aussi, on ne peut pas mourir de faim en Algérie, il y a une grande générosité de la part du peuple algérien que j’admire.

Quelles différences avez-vous notées entre la culture algérienne et celle de votre pays ?

La Tanzanie étant un pays très touristique, il y a une vie nocturne très animée. Le choix des lieux est vaste et il y en a pour toutes les bourses. Aussi, la présence d’étrangers est assez importante en Tanzanie.

Comment s’est déroulé l’apprentissage de la langue française ? 

J’ai fait mes cours de langue française à Constantine pendant un an. Nous avions des cours toute la journée, quatre fois par semaine. Pour perfectionner mon français, mon adhésion au club d’échange Amercian Corner m’a également permis d’échanger avec des Algériens, c’était une politique gagnant/gagnant. Je leur apprenais l’anglais et eux m’apprenaient le français. Les films français et la musique française m’ont aussi beaucoup aidé dans mon apprentissage de la langue. Par la suite, c’est une fois que j’ai intégré la Faculté de médecine que j’ai amélioré mon français.

Arrivez-vous à parler et à comprendre l’arabe, essentiellement l’arabe algérien ? Quels mots ou phrases avez-vous appris jusqu’ici ?

Je ne peux pas prétendre parler l’arabe mais je comprends globalement quand on me parle. D’ailleurs, petite anecdote de mes premiers jours en Algérie. Un jour, étant à Constantine avec un ami, on s’est attablé dans un petit fast food et le menu était entièrement écrit en arabe. Comme aucun d’entre nous deux lisait l’arabe, on s’est dirigé vers les cuisines et ils ont été gentils avec nous. Ils nous ont montré chaque plat et c’est comme ça que nous avons passé notre commande. Parmi les premiers mots ou phrases appris jusqu’ici il y a le mot « ouèch rak » (comment allez –vous ?).

Que vous manque-t-il le plus de chez vous ?

Les gens, ma famille, l’ambiance et la nourriture surtout.

A ce jour, le coronavirus continue à circuler dans le monde entier et l’Algérie n’en est pas épargnée bien que le nombre de contaminations ait considérablement diminué et les mesures de confinement partiel à domicile sont allégées. Mais lors de la période du grand pic, un confinement sévère a eu lieu en Algérie. Comment avez-vous vécu le confinement et quel impact cela a eu sur vos activités quotidiennes et vos études ?

L’impact le plus fort était au niveau des études. Nous avions des cours en ligne mais, moi qui fais des études de médecine, nous ne pouvions pas à cette époque aller à l’hôpital pour la pratique.

Après l’obtention de votre diplôme, quels sont vos futurs projets ?

J’hésite entre trois spécialités, l’orthopédie, la cardiologie et la chirurgie. Je compte faire ma spécialité ailleurs. Bien plus tard, je souhaite travailler dans le cadre de la médecine tout en mêlant l’entreprenariat.

Que vous a apporté votre expérience en Algérie?

Mon expérience en Algérie m’a permis de grandir et d’être responsable sur tous les points de ma vie. L’Algérie est un pays qui t’apprend à maitriser ton stress et prendre les choses comme elles viennent.  

Quel conseil donneriez-vous à de futurs étudiants étrangers qui viendraient en Algérie ?

Je conseillerais à tout étudiant étranger d’apprendre l’arabe. Aussi, je dirais qu’il ne faut surtout pas hésiter à aller vers les Algériens. Une culture différente ne nous empêche pas d’aller vers l’autre. Il y a vraiment des gens bien.

Quel serait le plus beau souvenir d’Algérie que vous emporterez avec vous ?

Les Algériens sont drôles ! Ça va vraiment me manquer, leur humour, leur attitude, tout ce qui les caractérises.

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Hadia Beghoura

Hadia Beghoura

Après 3 années passées à Pékin, un diplôme de Master en Commerce International de l’université UIBE en poche, je suis revenue en Algérie pour y travailler. Mes passions sont l’équitation, les voyages et l’art
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