Dans le cadre de la campagne des élections consulaires, nous donnons la parole aux têtes de liste de Zurich, 1ère circonscription en Suisse. Delphine Gozillon se présente pour la liste Les Ecologistes et Place Publique. Entretien.


Pouvez-vous vous présenter en quelques phrases ?
Je suis originaire de Nantes, j’ai trente ans et je travaille à Zurich depuis maintenant trois ans comme chargée de mission durabilité auprès d’un grand groupe suisse. Titulaire d’un master en affaires publiques européennes et durabilité, j’ai notamment travaillé à Bruxelles pour défendre des solutions décarbonées et le droit à vivre dans un environnement sain. Mes expériences à la fois dans le secteur privé et en ONG m’ont convaincue de l’importance de s’engager pour faire bouger les choses, aussi en politique.
Aujourd’hui, je suis fière de porter une liste pour les élections consulaires, Les Ecologistes et Place Publique, dont l’ambition est de garantir à chaque ressortissant français les mêmes droits, où qu'il ou elle vive et quelle que soit son origine ou son identité. Je me suis engagée dans cette candidature parce que je connais les réalités concrètes des Français établis à l'étranger et les difficultés qu'on peut rencontrer dans l'accès aux droits ou dans la gestion de parcours de vie entre plusieurs pays.
Que représente pour vous la mission principale de conseiller des Français de l'étranger ?
La mission de conseiller consulaire existe pour défendre concrètement nos droits de citoyens français au niveau local, quel que soit le pays dans lequel on vit. Les conseillers consulaires décident des bourses scolaires, des subventions aux associations, mais aussi et surtout jouent un rôle essentiel de relai des préoccupations locales auprès de nos représentants au Sénat, car leur circonscription couvre le monde entier. Et nous avons la chance d’avoir des sénatrices écologistes très à l’écoute, qui se sont déplacées plusieurs fois à Zurich ces dernières années : Mélanie Vogel en janvier 2026, et Mathilde Ollivier en 2024 et le 5 mai dernier.
En tant que candidate aux élections consulaires, je veux faire entendre une autre voix. Avec le soutien des Écologistes, de Place Publique, de L'Après et de Volt, la liste de rassemblement de la gauche que je mène se donne pour mission de répondre à vos besoins. Nous plaçons au coeur de notre projet l'accès aux services publics, la solidarité et la protection de l'environnement.
Comment avez-vous constitué votre liste ?
Nous avons fait le choix de présenter une liste de rassemblement de la gauche, qui rassemble à la fois des adhérents et des sympathisants des Écologistes, de Place Publique, de L'Après et de Volt. Concrètement, cela veut dire que notre liste a obtenu le soutien de personnalités politiques comme Marine Tondelier, Yannick Jadot, Raphaël Glucksmann, Clémentine Autain, mais aussi les sénatrices des Français de l’étranger Mélanie Vogel et Mathilde Ollivier.
Notre liste est constituée de 12 femmes et hommes aux profils variés qui habitent ou travaillent dans les cantons de Zurich, Bâle, Zoug ou encore Saint-Gall. Notre liste laisse toute sa place aux jeunes tout en s’appuyant sur des expériences solides et diversifiées. Elle regroupe toutes les générations, de 29 à 69 ans, et différents milieux professionnels - des spécialistes de la durabilité, des enseignants, des scientifiques, des entrepreneurs etc. Nous avons aussi la chance de pouvoir compter sur l'expérience et le soutien d’anciens élus, comme Gaël Turbé, qui a été élu en 2021 sur la liste écologiste, et qui nous a représentés au conseil consulaire de Zurich pendant quelques années avant de devoir déménager pour son travail. Ce qui nous réunit, ce sont des valeurs d’écologie, de solidarité et d’humanisme.
Pourquoi est-il important pour les Français de l'étranger de prendre part à ces élections consulaires ?
Les élections consulaires sont les élections locales des Français de l'étranger, mais elles ont une portée bien plus large. En 2021 à Zurich, il y a eu seulement 17% de participation, ce qui signifie que le simple fait d'aller voter et de convaincre vos proches d'aller voter peut faire la différence.
Surtout, les élus issus de ce scrutin consulaire participent non seulement aux politiques publiques locales qui concernent les Français de l'étranger mais ils élisent aussi leurs représentants au Sénat.
C’est aussi pour redonner du sens à cette élection que nous avons construit un programme participatif, qui s’appuie à la fois sur l’expérience de nos élues au Sénat, Mélanie Vogel et Mathilde Ollivier, mais aussi sur les réponses au sondage citoyen que nous avons fait circuler par mail en début de campagne. Cela nous a permis de définir des priorités au plus proche de vos besoins : des mesures locales, mais aussi nationales, pour renforcer l’accès à un service public de qualité et de proximité.
Par exemple, nous voulons développer massivement les RDV consulaires par visio ou téléphone pour faciliter les démarches administratives. Nous souhaitons aussi soutenir les projets des associations qui créent du lien social, et défendre un enseignement français adapté aux besoins des familles, à la fois via le lycée français mais aussi pour les enfants scolarisés dans le système local. Une autre préoccupation qui est ressortie du sondage est l’accès à des transports durables et abordables entre la France et la Suisse, que nous proposons de porter au niveau national via des politiques volontaristes de soutien au train et à la mobilité électrique pour tous (financement des petites lignes, trains de nuit, leasing social, transparence des prix, etc).
Quel est selon vous le plus grand défi auquel font face les Français de votre circonscription ?
En tant que Française établie en Suisse, je constate que dans de nombreux domaines, la polituque d’austérité budgétaire du gouvernement a des conséquences réelles dans notre circonscription : restriction du nombre de bureaux de vote - par exemple à Bâle pour cette élection - suppression des tournées consulaires au profit de la centralisation à Zurich, baisse des budgets pour le soutien aux associations et des bourses scolaires… C'est aussi une atteinte à nos droits de citoyen lorsqu'il faut parcourir des kilomètres pour établir une procuration ou pour pouvoir voter.
Au-delà de ces enjeux d’accès aux services consulaires, nous faisons face à des défis concrets au quotidien. Par exemple, selon le baromètre de l’association Français du Monde, 60% des Français établis à l’étranger rencontrent des difficultés pour créer ou gérer un compte bancaire en France. Mais aussi, des difficultés d’accès à l’enseignement français à l’étranger, la complexité du calcul des retraites pour les carrières internationales, ou encore de réels besoins de solutions de transport durables et abordables vers la France, comme le train et la mobilité électrique. Nos sénatrices écologistes Mélanie Vogel et Mathilde Ollivier s’engagent déjà sur ces sujets, et nous continuerons à relayer les besoins des Français de Suisse et du Liechtenstein pour renforcer leur action.








