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COMPOST MAISON - La startup zurichoise qui parie sur les vers de terre

Écrit par Lepetitjournal Zurich
Publié le 1 janvier 1970, mis à jour le 24 mai 2016

Le compostage domestique est une pratique de plus en plus répandue? mais dont les désagréments peuvent rebuter les citadins vivant en appartement. Une startup zurichoise s'est penchée sur le problème pour permettre à chacun de sauter le pas, en développant une solution écologique et pratique basée sur l'utilisation de vers de terre.

L'équivalent de cinq  Prime Tower en déchets organiques

Image d'illustration (Crédits: Normanack)

La population de la Suisse produirait chaque année suffisamment de déchets organiques pour remplir cinq fois la Prime Tower, soit 500. 000 tonnes. Des déchets parfaitement adaptés à la production de compost mais qui finissent la plupart du temps dans des incinérateurs, pour un coût énergétique et environnemental non négligeable. Si les communes proposent déjà des systèmes de recyclage adaptés, la réponse à ce problème trouve également sa solution à l'échelle individuelle grâce au compostage domestique.

De plus en plus répandu dans les zones rurales, le compostage domestique peine à se frayer un chemin en ville. La faute à certains désagréments, olfactifs en premier lieu, difficilement conjugables avec la vie en appartement. Le vermicompostage, ou l'utilisation de vers de terre pour dégrader et valoriser les résidus alimentaires, permet de pallier à certains de ces problèmes, tout en produisant un compost de qualité supérieure. Mais cette technique peut se révéler rebutante car elle requiert certaines connaissances théoriques et pratiques que beaucoup n'ont ni le temps, ni la motivation d'acquérir.

Un vermicomposteur adapté à une utilisation intérieure

C'est ce créneau que la startup zurichoise Worm Up a décidé d'investir, en proposant une solution de vermicompostage clé en main adaptée à la population urbaine. Les cinq jeunes entrepreneurs de l'entreprise ont donc développé un composteur qui assure la dégradation des déchets organiques sans dégagement d'odeurs, grâce à l'action de vers. Exit le plastique, ces petites usines à convertir les matières organiques qui revendiquent un design soigné sont construites en argile, et affichent des dimensions modestes : 35 centimètre de hauteur sur 40 centimètres de diamètre. Les bacs sont composés de trois étages assurant chacun une étape de la transformation : les déchets sont disposés au niveau supérieur et le compost récupéré dans le fond du bac quelques mois plus tard. 

Le vermicomposteur de Worm Up (Crédits: Worm Up)

Les vers utilisés, quant à eux, sont un peu différents des traditionnels lombrics : de l'espèce Eisenia fetida, ces vers rouges sont plus petits et plus adaptés au compostage. Ils peuvent dégrader quotidiennement jusqu'à la moitié de leurs poids en déchet, avec une préférence pour les légumes, le thé, le café ou le carton. Leur concentration est d'environ 1.000 individus  par composteur, une population qui se régule naturellement en fonction de la quantité de résidus soumis à leur insatiable appétit.

Levée de fond en moins de 48 heures

Etage supérieur du composteur (Crédits: Worm Up)

Pour mener à bien son projet et commencer la production, Worm Up a fait appel au financement participatif sur la plateforme zurichoise WeMakeIt. Avec succès : l'objectif initial de 32.000 francs levés a été atteint en à peine deux jours, et la somme réunie approche désormais la barre des 70.000 francs. Les premiers lots de composteurs, proposés à partir de 230 francs, sont, eux, déjà presque tous épuisés. Mais les backers devront patienter quelques mois avant de mettre la main sur le produit.

Si le succès commercial est au rendez-vous, Worm Up proposera par la suite des solutions  de vermicompostage à plus grande échelle, dédiées aux entreprises, aux écoles ou aux collectivités locales. Six prototypes différents sont déjà en développement.

Campagne de financement: lien.

Jean-Baptiste CHATAIN (www.lepetitjournal.com/zurich) lundi 9 mai 2016.
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Publié le 9 mai 2016, mis à jour le 24 mai 2016
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