Édition internationale

Jean-Philippe Keil : « Sans mobilisation, la présence française disparaît peu à peu »

Dans le cadre de la campagne des élections consulaires, nous donnons la parole aux têtes de liste pour la 1ère circonscription de la Suisse. Jean-Philippe Keil se présente pour la liste la France au coeur suisse alémanique.

Jean-Philippe Keil campagne des élections consulairesJean-Philippe Keil campagne des élections consulaires
Écrit par Manal Oumaline
Publié le 21 avril 2026

 

Pouvez-vous vous présenter en quelques phrases ?

J'ai toujours fait en sorte de poser mes galons dans un autre pays que la France. L'Allemagne, les Etats-Unis et la Suisse, ce sont mes trois principaux terrains de jeux pour y jongler avec les langues. Formé à l'Ecole de Management Européen de Strasbourg, j'ai choisi, il y a plus de 30 ans de devenir expert-comptable et grâce aux chiffres, j'ai pu franchir les frontières. J'ai toujours favorisé les rapprochements : par mes amis, les réseaux et les missions, c'est une proximité évidente. J'ai été nommé Conseiller du Commerce Extérieur de la France en 2004 et m'implique aussi auprès de nombreuses associations, dont la Chambre de Commerce France-Suisse « dans l'idée, toujours, de relier les deux pays. » 

En parallèle, je garde un pied dans ma région d'origine pour y donner des cours à l'Université de Haute-Alsace à Mulhouse et j'ai créé en 2014, une association alsacienne de suisse alémanique, le Stamm alsacien de Zurich.

Quand je prends le temps de me poser, c'est pour enfiler mes chaussures de randonnée : en toutes saisons, je crapahute « pour pouvoir me ressourcer. » Berneroberland, autour de Zermatt dans le Haut-Valais ou encore en Alsace, Massif autour de la Wangenbourg, la vallée de Munster, la Route des Crêtes, petite suisse alsacienne…
 


Que représente pour vous la mission principale de conseiller des Français de l'étranger ?

Les élections consulaires désignent des élus de proximité, dont le rôle est en collaboration avec les services des Consulats, d’accompagner, de représenter et de défendre les Français de l’étranger dans leur vie quotidienne. Je participe à l’ensemble des événements organisés par le Consulat général de France à Zurich, en conciliant cet engagement avec mes obligations professionnelles. Comme candidat de la liste ‘’la France au Cœur Suisse alémanique’’, j’ai réduit mon temps de travail et donc le salaire pour pouvoir assurer cette mission bénévole et sans moyens conférés par la représentation nationale.

Avec ses 158 ambassades et 90 consulats à l'étranger, la France dispose du troisième réseau diplomatique au monde après la Chine et les États-Unis. Comme principal objectif, j'ai également la mission de travailler à défendre les budgets du ministère des affaires étrangères et maintenir ainsi la présence française et les personnels à Berne et à Zurich avec une qualité exceptionnelle de service et de présence auprès de nos compatriotes.

Un exemple, pour n’importe quelle demande administrative, les 400.000 allemands de suisse alémanique sont obligés d’aller à l’unique Consulat de Berne, souvent en famille et prendre une journée de congé. A bon entendeur !

Enfin, les Conseillers des français de l'étranger ont la mission d'élire des représentants au Sénat, ce qui est un acte politique essentiel qui nécessite de se positionner clairement pour une formation politique, il n'y a pas ''d'apolitisme''. Nous sommes fidèles au parti Les Républicains et représentons les convictions de la droite et du centre.
 


Comment avez-vous constitué votre liste ?

Ce qui me distingue, c'est l'expérience du terrain, la présence et la direction d’associations, ou d’entreprises qui confèrent la capacité toute spéciale d’agir, intercéder, aider voire sauver une situation. Les membres de notre liste ''La France au cœur Suisse alémanique'' sont des femmes et des hommes de conviction et d'action qui tous et toutes dans leur domaine font ''une foulée de plus pour nos compatriotes''. J'applique aussi les méthodes de l'entreprise en réunissant des talents qui apportent mixité et rajeunissement, car il faut penser à demain, mais garde le plaisir de travailler avec les plus fidèles qui m'accompagnent depuis 2014.


 

Pourquoi est-il important pour les Français de l’étranger de prendre part à ces élections consulaires ?

Le faible taux de participation aux élections consulaires représente un risque existentiel pour les Conseillers et l’Institution de l’Assemblée des Français de l’étranger et ses détracteurs allant jusqu’à proposer qu’il faut la supprimer et ainsi générer des économies.

Aussi, il convient de développer une communication et une sensibilisation par rapport aux élections consulaires sauf à voir peu à peu disparaitre la présence de la France, de son enseignement et de son rayonnement. Le vote est essentiel, car nous avons le privilège d'avoir cette représentation des Français de l'étranger que nous envient de nombreux pays.


Quel est selon vous le plus grand défi auquel font face les Français de votre circonscription ?

L'emploi et l'éducation sont parmi les grands défis des compatriotes de notre circonscription de Zurich. Je travaille à comprendre les priorités de nos compatriotes, notamment dans le domaine de l’éducation. Avec 3 établissements d’enseignement français à Berne, Bâle et le Lycée français International de Zurich qui accueille plus de 1150 élèves de plus de 35 nationalités différentes, de la petite section de maternelle à la Terminale, la France propose et accompagne une offre hors du commun pour maintenir le lien avec la Nation.

Les aspects de fiscalité avec l’absence de convention de non double imposition sur les successions entre la France et la Suisse, crée également des situations profondément injustes pour de nombreuses familles ou la 
simplification des démarches administratives sont également des sujets sur lesquels nous travaillons.

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Publié le 21 avril 2026, mis à jour le 21 avril 2026
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