Vendredi 14 août 2020
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La NZ lutte contre la précarité menstruelle dans les écoles

Par Madeleine Goujon | Publié le 24/06/2020 à 16:35 | Mis à jour le 24/06/2020 à 16:35
Photo : Coût des protections, manque d’information disponible et sujet tabou contribuent à la précarité menstruelle qui touche près de 95 000 jeunes en Nouvelle-Zélande (Photo Unsplash)
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Dans le cadre de sa lutte contre la pauvreté, le Gouvernement néo-zélandais fournira gratuitement des protections hygiéniques dans des écoles de Waikato à partir de septembre 2020. L’initiative pourra être généralisée à l’ensemble du pays en 2021.

Dans un communiqué du 3 juin, la Première ministre Jacinda Ardern et la ministre des Femmes, Julie Anne Genter ont annoncé l’investissement de 2,6 millions de dollars du Gouvernement pour fournir gratuitement des protections hygiéniques dans des écoles. D’abord expérimentée dans quinze écoles de la région de Waikato à partir du troisième trimestre de 2020, l’initiative pourra être généralisée aux écoles éligibles qui le souhaitent l’année prochaine. Le programme apparait en effet sous une forme « d’opt-in », laissant le choix aux conseils d’administration des écoles de l’appliquer ou non.

 

 

La précarité menstruelle est une forme de pauvreté

Cette initiative s’intègre plus largement dans le programme de soutien des enfants et des jeunes en situation de pauvreté en Nouvelle-Zélande. Elle accompagne les autres mesures déjà mises en place telles que les déjeuners gratuits dans les écoles ou les visites moins chères chez les médecins.

Nous savons que près de 95 000 enfants de 9 à 18 ans peuvent rester à la maison pendant leurs règles faute de pouvoir se acheter des produits menstruels, a déclaré la Première ministre. En les rendant disponibles gratuitement, nous aidons ces jeunes à continuer d'apprendre à l'école.

Nombreux élèves ayant leurs menstruations manqueraient ainsi l’école pendant leurs règles, faute d’avoir pu s’acheter des protections hygiéniques du fait de leur coût prohibitif. Pourtant produits de nécessité de base, leur accès limité constitue un frein à la scolarisation des jeunes.

 

 

Selon Danika Revell, co-fondatrice de the Period Place, ce type de pauvreté peut être facilement résolu : il nécessite seulement « de l’argent, des produits sanitaires et de l’éducation », a-t-elle déclaré dans le podcast First Up. Ainsi, le programme permettra aux élèves ayant leurs menstruations d’avoir un accès facilité aux produits, tout en leur donnant la capacité « de gérer leur propre santé sans dépendre de leur famille ». L’initiative vise également à normaliser les règles pour éviter tout sentiment de honte ou d’embarras qui pourrait les accompagner.

« Nous voulons un Aotearoa (Nouvelle-Zélande) où tous les gens ont accès à l'éducation et aux choses dont ils ont besoin pour vivre une bonne vie », a affirmé Julie Anne Genter. « Les menstruations sont une réalité pour la moitié de la population et l’accès à ces produits est une nécessité, pas un luxe », a-t-elle ajouté.

 

Une précarité au-delà des écoles et dans le reste du monde

Ce programme néo-zélandais focalisé sur les écoles constitue un important engagement du Gouvernement, mais n’est « qu’un début » selon l’ONG Dignity. Cette précarité affecte de nombreuses autres catégories de personnes menstruées, comme les sans-abris par exemple.

Coût des protections mais aussi manque d’information disponible, sujet tabou et manque d’infrastructures sanitaires contribuent à cette précarité menstruelle qui touche, même en France, près d’1,7 millions de personnes. Ce chiffre atteindrait plusieurs centaines de millions de personnes à travers le monde selon l’UNICEF. La pandémie du COVID-19 a d’ailleurs aggravé cette situation.

Le Gouvernement français a annoncé en début d’année une expérimentation à partir de septembre pour la « gratuité des protections hygiéniques dans plusieurs lieux collectifs ».

 

Madeleine Goujon

Madeleine Goujon

Éprise de problématiques environnementales et culturelles, j’ai une double formation en droit et en journalisme. Pour le moment en télétravail depuis la France, j’espère rejoindre la Nouvelle-Zélande au plus vite.
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