Samedi 22 septembre 2018
  Ne manquez plus les
dernières nouvelles
S'abonner

VINGT ANS À DAKAR – Johann Guibaut, musicien, auteur compositeur

Par Irène Idrisse | Publié le 05/09/2017 à 00:10 | Mis à jour le 05/12/2017 à 18:57
Photo : Stéphane Tourné
Johann Guibaut

« 20 ans à Dakar » est votre toute nouvelle rubrique. Elle donne la parole à divers jeunes au parcours différents mais qui ont en commun d’être et singuliers et… dakarois.

La basse, c’est comme les battements du cœur, c’est ce qui m’a rendu sensible à cet instrument

Peut-on avoir un aperçu d’une de vos journées type à Dakar ?

Ce n’est pas défini. Je travaille avec plusieurs artistes sur divers projets, souvent des concerts, des séances d’enregistrement, des cours de basse ou de guitare etc. Je travaille sur plusieurs projets avec des artistes différents ayant des styles musicaux différents.

 Pourquoi avoir choisi la musique et comme instrument spécifique la basse ?

La musique m’a toujours inspiré. Depuis mon plus jeune âge elle a toujours été dans ma vie. Je faisais du  rap lorsque j’étais plus jeune. Et au fur et à mesure, avec mon premier boulot, mon premier salaire, je me suis acheté une guitare afin de comprendre le langage des accords. La basse m’a toujours motivé parce que lorsque j’écoute un morceau, c’est toujours la basse que j’entends en premier. La basse c’est comme les battements du cœur, c’est ce qui m’a rendu sensible à cet instrument.

Vous êtes également rappeur, chantez du reggae, touchez à la batterie, au piano et êtes auteur-compositeur.  Les  raisons de cette boulimie relative à la musique ?

Quand tu es dans la musique tu ne peux te limiter à  un seul instrument car jouer d’un autre instrument te permet de comprendre ton propre instrument. Quand tu sais comment sont placés les autres instruments dans la musique, tu sais comment est placé ou doit se placer le tien et comment tu peux le faire évoluer. Car la musique, c’est une communication: chaque instrument joue sa partition sans empiéter sur les autres instruments et tout en les respectant. En fait la musique nous enseigne comment doit être la vie.

Cette boulimie correspond-elle au besoin de pouvoir tout maitriser d’un domaine donné et poussant plus loin l’analyse, l’illusion de pouvoir tout maitriser dans sa vie tout court ?

Non. C’est juste afin d’avoir un aperçu sur le domaine dans lequel tu travailles et ainsi mieux comprendre l’alchimie de la chose. 

Comment vous qualifieriez vous ?

Comme un perfectionniste. J’aime quand les choses sont bien faites. Je n’aime pas commencer une chose et ne pas la finir. Lorsque je décide de faire une chose,  je la fais bien. Je ne me fixe pas de limite: même si la chose est bien faite, cela n’empêche pas que je retravaille dessus afin de sortir le meilleur de moi-même.   

Rap et reggae sont-ils des genres de musique antagonistes ?

Non. Ce sont deux styles de musique assez révolutionnaires. Sauf que dans le rap, tu peux te permettre d’être vulgaire alors que dans le reggae, tu dois être sage dans tes paroles.

D’après votre expérience, qu’est ce qui est le plus  difficile ? Ecrire un rap ou écrire les lyrics d’une chanson ?

Écrire une chanson est plus difficile car il faut trouver une mélodie qui accroche.

Pouvez-vous nous donner quelques noms d’artistes nationaux et internationaux avec lesquels vous avez collaboré en tant que musicien ?

Comme artistes nationaux, avec le groupe de musiciens Ndumbeland, il y a eu: Checky Blaze, un rappeur sénégalais évoluant en France, A-J. One, basé au Sénégal, le groupe Car Rapide etc. Comme internationaux : Dave McaNuff artiste jamaïcain qui vit au Japon. Filentre, reggaeman français.

Pouvez-vous nous dire deux mots sur Ndumbeland Band : le groupe de musiciens accompagnateurs dont, en plus de vos activités propres,  vous êtes le bassiste ?

Ndumbeland est un groupe de musiciens qui a été formé il y a moins d’un an et qui est basé à Petit Mbao. Nous travaillons avec des chanteurs et rappeurs qui ont besoin de se produire en live band.  

Selon vous, que manque t’il à Dakar pour une meilleure promotion des artistes musiciens ?

Il manque des salles de concert. Il faut aussi créer des compétitions de musique pour rehausser le  niveau des musiciens. Par exemple, on peut donner aux musiciens deux épreuves : un morceau complexe à relever et une œuvre à créer. Et que les meilleurs gagnent !

Comment les musiciens sont-ils perçus par les leads vocaux qu’ils accompagnent ?

Les leads respectent leurs musiciens car ils savent que si la musique est bonne, c’est grâce aux musiciens, ce sont eux [les musiciens] qui font les arrangements.

Que symbolise Dakar pour vous ?

Dakar est une plaque tournante de la musique.

Atouts de Dakar ?

Les nuits sont riches en programmes musicaux. 

Inconvénients de celle-ci ?

Trop de bâtiments construits n’importe comment. Pas assez d’assainissement, trop de poubelles à ciel ouvert et un manque total de verdure.

Vous n’êtes pas Sénégalais. Vous considérez-vous  comme un étranger vivant à Dakar ou un dakarois ?

Je me considère comme un étranger qui a fini par s’intégrer mais qui reste un étranger.

Pouvez-vous compléter cette phrase : être jeune à Dakar c’est être…

Fun. Parce que les jeunes ici sont au diapason question mode, musique, technologie etc.

Selon vous, quelles sont  les trois qualités indispensables pour bien vivre à Dakar ?

La patience. Un mental d’acier. Avoir le bras long.

Ce que Dakar vous a appris ?

À être moins naïf.

Enfin, quelle est votre philosophie de vie ?

La persévérance, toujours, envers et contre tout, envers et contre tous…  

 

Nous vous recommandons

0 Commentaire (s)Réagir

Communauté

INTERVIEW

VIVRE À DAKAR – Témoignage de Delphine, galeriste

Alors que l’art africain est en vogue sur le marché de l’art, ouvrir une galerie et poursuivre son développement sur le continent prend tout son sens.

Que faire à Dakar ?

DÉCOUVERTE

Journées Européennes du Patrimoine 2018 à Dakar

L’Ambassade de France au Sénégal participe ce samedi 15 septembre 2018 à la 35e édition des Journées Européennes du Patrimoine, dont le thème est « L’art du partage ».