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ACHRAFIEH 2020 – « Faire prendre conscience aux gens de l’importance du bien public »

Par Lepetitjournal.com International | Publié le 31/03/2017 à 14:40 | Mis à jour le 05/04/2017 à 13:04
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La 12e édition de « Car Free Day » s'est déroulée dimanche dernier dans les rues du quartier Monnot-Huvelin. Organisée par l'association Achrafieh 2020, cette journée piétonne a connu un grand succès. Stands de nourritures, échoppes artisanales, animations pour enfants, cours de sport et espace dancefloor, tout était réuni pour partager un moment de convivialité. En famille et entre amis, les habitants ont réinvesti le quartier lors de cette journée ensoleillée. Entretien avec Carole Babikian Kokoni, présidente d'Achrafieh 2020.

LPJ Beyrouth : Pouvez-vous nous présenter l'association Achrafieh 2020 ?
Carole Babikian Kokoni : Achrafieh 2020 est une association qui a été fondée en 2012. Ce projet a été initié par le député de Beyrouth Nadim Gemayel. Malgré ce soutien qui nous donne automatiquement une certaine couleur politique, on essaye d'être le plus apolitique possible. M. Gemayel réside à Achrafieh, il a fait appel à des activistes pour améliorer la qualité de vie des habitants de ce quartier. Le noyau dur de l'association est constitué d'un comité de 7 personnes. On fait cela gratuitement avec beaucoup de plaisir. 

Comment vous est venu l'idée d'organiser ces « Car Free Day » ?
Lorsque nous avons créé l'association, nous avons voulu faire connaître notre démarche auprès des habitants. Comme nous voulions une région plus agréable, avec moins de trafic, de pollution, l'idée d'organiser une journée piétonne s'est imposée naturellement.

Quand avez-vous lancé la première journée « Car Free Day » ?
La première journée a eu lieu en septembre 2012. Nous avons pris l'initiative de fermer toute la région d'Achrafieh. C'était très beau, parce que les gens n'en revenaient pas de se promener à pied dans les rues d'Achrafieh ! Ça été un énorme succès, tout le monde a voulu que nous recommencions ! Mais comme c'était un travail considérable, nous avons décidé pour faire perdurer cette initiative de restreindre nos activités. On s'est donc limité à faire les journées piétonnes dans certains endroits d'Achrafieh. On redécouvre son quartier lorsque l'on est à pied. On essaye de changer à chaque fois d'endroit et de trouver un thème pour la journée en adéquation avec la région dans laquelle nous sommes.

Quel est le but de ces journées ?
Ces journées visent non seulement à rendre une atmosphère amicale et familiale aux gens, mais aussi à faire revivre l'économie de quartier, en souffrance en raison de la présence de grands malls ou du manque de pouvoir d'achat. Quand on organise une journée piétonne, les restaurants sont bondés et cela fait connaitre les petits commerçants. Ces derniers sont souvent très contents lorsque qu'un événement comme celui-là est organisé dans leur quartier.

Avez-vous d'autres projets ?
Pour changer la vie de quartier, nous souhaiterons faire des ponts pour piétons sur certaines artères dangereuses. Nous aimerions aussi organiser un marché le samedi et dimanche de manière régulière. Nous souhaitons aussi embellir la région et encourager les gens à faire de la bicyclette. On a aussi proposé à toutes les écoles de verdir leurs toits. C'est un moyen de sensibiliser les enfants à la nature.

Les événements que vous organisez touchent seulement des gens d'Achrafieh ?
Il y a plein de gens qui viennent d'en dehors d'Achrafieh. Certains ne connaissent même pas le quartier ! Le succès de ces journées a été tel que d'autres personnes ont voulu faire la même chose dans leur quartier. C'est une vraie fierté pour nous, Achrafieh 2020 est une sorte de test pilote. Il y a maintenant des journées piétonnes qui ont lieu à Hamra et à Badaro.

Rencontrez-vous certaines difficultés ?
La difficulté majeure, c'est de trouver des fonds. L'autre difficulté, c'est l'imprévu. Lorsque l'on organise des événements comme le « Car Free Day », il faut toujours s'adapter, être flexible et malléable. On vit au grès des circonstances. Le dimanche précédent, il y avait une manifestation au centre-ville, on a dû reporter  l'événement. Il y a aussi certaines choses qui ne sont pas de notre ressort ; L'association a pris un tel crédit aux yeux des habitants et une telle ampleur que les gens s'adressent à directement nous, mais nous n'avons pas légalement le droit d'imposer des choses aux gens. Tout ce qu'on peut faire, c'est faire prendre conscience aux gens de l'importance du bien public.

Pourquoi avoir choisi 2020 comme date ?
Quand on cherchait un nom pour l'association, on s'est dit qu'il fallait se mettre un but, une limite. Il y aussi le côté 20/20, on est à la quête de la perfection !

Quels sont vos objectifs pour 2020 ?
Il y a une certaine apathie des Libanais et de la municipalité de Beyrouth vis-à-vis de tout ce qui est bien public. Avoir une belle voiture décapotable pour profiter de l'air pollué et des bruits des klaxons, merci ! On aimerait voir des transformations réelles dans l'attitude des gens. Marcher plutôt que de prendre la voiture. Si on embellit la ville, les gens auront plaisir à marcher. Pour cela, il faut que le trottoir soit propre, que le mur soit beau à voir, qu'il y ait de la verdure, etc. Ce sont plein de petites actions ! On a de plus en plus de messages de gens voulant nous aider, qui ont des projets pour améliorer la vie du quartier. Vous ne verrez pas en 2020 une grande transformation, il faut que chacun fasse quotidiennement un petit effort, c'est comme cela que nous changerons les choses. 

 

Sarah DELBOS (www.lepetitjournal.com/Beyrouth) vendredi 31 mars 2017

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