MILIEU BANCAIRE – Nouvel épisode de l’affaire de la KNF

Par Lepetitjournal.com Varsovie | Publié le 11/12/2018 à 00:00 | Mis à jour le 11/12/2018 à 00:00
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Les Unes de Gazeta Wyborcza et de Rzeczpospolita étaient consacrées hier à la mise en garde à vue jeudi dernier par le Bureau central anticorruption de l’ancienne direction de l’Autorité de surveillance financière (KNF). Wojciech Kwaśniak, Andrzej Jakubiak et cinq autres fonctionnaires ont été retenus au parquet de Szczecin pendant plusieurs heures afin de répondre aux questions relatives à l’affaire de faillite des caisses coopératives d’épargne SKOK de Wołomin. Ils sont soupçonnés de négligence dans le contrôle de ces établissements dont plus de 4,5 milliards de zlotys avaient disparus en 2012, sans doute détournés par le crime organisé. 

 

Cette garde à vue choque tout le milieu financier polonais qui rappelle le professionnalisme des fonctionnaires arrêtés et le fait qu’ils soient intervenus auprès de caisses SKOK un mois après que l’Autorité de surveillance financière (KNF) ait été dotée par le Parlement du pouvoir de contrôle sur ces institutions. De plus, Wojciech Kwaśniak avait été brutalement battu sur commande de l’un des chefs de SKOK Wołomin qui voulait l’intimider et se débarrasser du contrôle de l’Autorité de surveillance financière. Plusieurs manifestations de solidarité, lettres de soutien et appels ont été lancés ces derniers jours par les banquiers polonais pour prendre la défense des personnes placées en garde à vue. 

 

Ces arrestations fort controversées sont attribuées au ministre de la Justice et Procureur général, Zbigniew Ziobro, qui aurait voulu « couvrir » ainsi l’affaire de Marek Chrzanowski, chef de l’Autorité de surveillance financière et proche du PiS, qui vient d’être accusé de corruption. En effet, l’adjoint du ministre de la Justice, le procureur national Bogdan Święczkowski, a déclaré aux médias concernant l’ancienne direction de la KNF que « là était la véritable affaire ». Compte tenu du résonnement médiatique, M. Ziobro a dû s’expliquer à la télévision publique sur cette garde à vue, en déclarant qu’elle avait été indispensable afin d’interroger tous les fonctionnaires concernés en même temps et d’éviter qu’ils s’accordent entre eux sur les témoignages à faire. Il n’a cependant pas expliqué pourquoi le parquet n’accuse pas de négligence dans la même affaire Grzegorz Bierecki, ancien président de la Caisse nationale de SKOK et actuellement sénateur du PiS. 

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Bénédicte Mezeix

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