Mardi 7 décembre 2021
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DIRIGEANTS FRANÇAIS EN POLOGNE – Yannick Coulange, directeur général de Michael Page Pologne

Par Lepetitjournal.com Varsovie | Publié le 16/04/2014 à 22:00 | Mis à jour le 17/04/2014 à 06:45

A la tête des opérations de Michael Page Pologne depuis 2012, Yannick Coulange s'est auparavant dédié à l'ouverture d'une nouvelle filiale à Vienne en Autriche. Arrivé dans le recrutement par hasard, il mène une carrière dynamique au sein d'un groupe animé par de fortes valeurs d'exigence et de réussite. De ses bureaux situés sur la prestigieuse ul. Zlota à Varsovie, offrant une vue plongeante sur le Palais de la Culture, Yannick Coulange nous expose sa vision du marché du travail polonais. Avis aux intéressés.

Pouvez-vous me présenter le groupe Michael Page et sa situation en Pologne ?

Michael Page, appelé maintenant PageGroup (Michael Page International Plc), est un réseau mondial, reconnu comme le leader du recrutement et de l'intérim spécialisés dans de nombreux pays. Il est coté à la bourse de Londres depuis avril 2001. Plus de 38 ans après sa création à Londres, le groupe compte aujourd'hui plus de 160 bureaux répartis dans 34 pays et rassemble plus de 5300 collaborateurs qui conseillent et accompagnent leurs candidats et clients dans la recherche de solutions adaptées.

Au niveau mondial, l'expertise de Page Group se décline à travers 3 marques principales : Page Executive, un des leaders de la recherche de dirigeants ; Michael Page, qui identifie pour ses clients les meilleurs cadres confirmés ; Page Personnel, spécialiste de l'intérim et du recrutement de cadres 1er niveau.

En Pologne, Michael Page existe depuis 2006 et compte 62 employés. Nous comptons 8 divisions spécialisées par métier: Finance & Accounting, Banking & Financial Services, Sales & Marketing, Manufacturing, Procurement & Supply Chain, Information Technology, Retail et Customer Service. Nous comptons également une équipe de 9 experts dédiés aux recrutements de masse en Centres de services partagés et BPO (Business Process Outsourcing). La majorité de nos clients sont des entreprises de dimension internationale.

Quelle est la situation de l'emploi en Pologne ?

La Pologne, pays en forte croissance, offre de nombreuses opportunités en termes d'emploi, celles-ci étant tout de même très concentrées dans les grandes villes. Dans ces zones en fort développement, le taux de chômage est beaucoup plus bas que la moyenne nationale, tout du moins pour les cadres et cadres dirigeants. En dehors des grandes agglomérations (Varsovie, Cracovie, Katowice, Wroclaw, Poznan, pour n'en citer que quelques unes), le contraste peut être surprenant, même en 2014.

La Pologne affiche un taux moyen de chômage de 10%, mais celui-ci peut atteindre 25 à 30% dans les zones moins urbanisées.

Voyez-vous une différence entre les générations ?

Le taux de chômage est en effet différent selon les générations, les qualifications et, comme indiqué précédemment, selon la zone géographique. Pour un jeune qualifié, en région dynamique, les perspectives sont très bonnes, on peut même parler de plein emploi sur certains métiers. On observe un flux massif des régions secondaires vers les grandes villes, tant le contraste est fort. Les générations précédentes rencontrent quant à elles plus de difficultés en cas de chômage, et sont parfois moins mobiles au sein même du pays.

On assiste régulièrement à un clash des générations assez important, les ambitions des plus jeunes étant parfois loin de celles de leurs parents.

Y a t'il des opportunités d'emploi en Pologne pour des Français ?

La barrière de la langue reste un frein important pour un Français non polonophone en recherche d'emploi ici.

Beaucoup de jeunes Français ne parlant pas polonais qui sont ici pour un conjoint ou pour le dynamisme du marché sont en recherche d'opportunités au sein de grands groupes internationaux. Ils peuvent prétendre à des postes de spécialistes, mais la recherche est en général assez fastidieuse.

Le consulting et les projets offrent également de nombreuses opportunités. Il faut cependant savoir que ces emplois impliquent très souvent de très nombreux déplacements.

En revanche, si on maîtrise le polonais, on peut avoir accès à un emploi rapidement et ainsi valoriser un savoir-faire et des compétences souvent très recherchés.

Comment expliquer une telle barrière de la langue ?

Le marché, et de fait la demande majoritairement locale à laquelle les grandes entreprises présentes en Pologne doivent répondre, implique d'employer des personnes qui connaissent et pratiquent ce marché au quotidien, et qui bien sûr en maîtrisent la langue.

Au-delà de ces considérations générales, il existe une exception à la règle, au sein des quelques 400 Centres de services partagés présents sur le territoire. Ils peuvent offrir de nombreuses opportunités pour nos concitoyens français. Sans être très précis, environ 20% des employés dans le domaine sont étrangers. Ceux qui maitrisent le polonais accèderont également à des postes de management.

En quoi la Pologne est une destination de choix pour l'implantation de Centres de services partagés ?

Les Polonais jouissent d'un excellent niveau de qualifications, et bien souvent d'une maîtrise parfaite de l'anglais. Ajoutez à cela un coût de l'heure de travail hyper compétitif et une population de près de 40 millions d'habitants, et vous comprendrez que la Pologne est un choix cohérant pour bon nombre d'entreprises pour la création d'un centre de services partagés. 

Par ailleurs, l'économie locale en croissance et l'augmentation du pouvoir d'achat en font également une destination de choix pour le développement de certains groupes à l'international. Nous aidons tous les mois des entreprises françaises, espagnoles, allemandes, hollandaises… à se lancer sur le marché polonais.

Cette situation liée aux salaires relativement bas va-t-elle durer ?

Je ne pense pas. Aujourd'hui, une entreprise qui a besoin de compétences particulières à Varsovie est prête à offrir de très bons salaires, parfois comparables à ceux de l'Europe de l'Ouest. Ce sont des cas exceptionnels mais il y a très clairement une inflation importante sur les rémunérations. D'autant plus que dans une économie en croissance, les candidats n'hésitent pas à faire de la surenchère.

Il y a eu des années fastes en Pologne avant la crise, pendant lesquelles les augmentations étaient très fortes : jusqu'à 20% tous les 6 mois. La différence de salaire entre un Polonais très qualifié et un expatrié n'est plus aussi flagrante qu'auparavant.

Si on analyse la courbe de ce développement, on pourrait imaginer que d'ici 5 ou 10 ans la Pologne devienne plus chère que l'Italie, le Portugal ou l'Espagne qui voient actuellement leurs salaires stagner, voir baisser... 

Si l'on en vient à vous, quel est votre 1er choc culturel en arrivant en Pologne ?

Après 7 ans à Zurich et 4 ans à Vienne où tout est très structuré et cadré, ma plus grosse surprise en Pologne a été le dynamisme et l'ambition de la nouvelle génération. Je ressens une envie d'avancer chez les Polonais qui rend ma mission, ici, passionnante. C'est extrêmement motivant de travailler avec des équipes qui ont envie d'aller plus loin, plus vite, et qui vous challengent. Une croissance à 2 chiffres devient un phénomène rare sur notre continent.

Quels sont vos lieux de prédilection à Varsovie ?

Vous me trouverez avec mes équipes au Momu bar, bar branché lounge dans le centre ; en famille , au palais de Wilanow et au restaurant Milanovo, et pour mes déjeuners d'affaires, au club privé du Skyclub situé au 22ème étage de l'immeuble Skylight.

Magali de Bienassis(www.lepetitjournal.com/varsovie) – Jeudi 17 avril 2014

 

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