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DIRIGEANTS FRANCAIS EN POLOGNE – David LEBOT, Karmar (Bouygues Construction)

Par Lepetitjournal.com Varsovie | Publié le 05/05/2014 à 22:00 | Mis à jour le 06/05/2014 à 07:48

La société Karmar a été rachetée par le groupe Bouygues en 2007, et est progressivement passée d'une entreprise spécialisée dans le gros ?uvre à une entreprise générale de bâtiment. Une nouvelle identité qui confère à la filiale polonaise de Bouygues Construction une ouverture bien plus large sur le marché de la construction. David Lebot, Directeur général de Karmar en Pologne, partage avec lepetitjournal.com/varsovie sa vision du secteur du bâtiment en Pologne et les enjeux pour le groupe Bouygues.

David Lebot est directeur Général de Karmar (Bouygues construction) en Pologne depuis mai dernier. Son parcours est dédié à l'entreprise Bouygues puisque, tout juste diplômé de l'ESTP, il part faire son VSNE pour Bouygues à Hong-Kong en 1995 et passe ensuite six années en Asie du Sud Est. De retour en France, il occupe des fonctions travaux à Lille puis à Lyon avant de s'orienter vers la fonction commerciale. Il occupait le poste de Directeur Commercial Rhône-Alpes avant de repartir à l'international pour prendre la direction de la filiale polonaise de Bouygues Construction. 

Quelle place occupe Karmar sur le marché polonais et comment se structure votre activité?

Avec un chiffre d'affaires annuel d'environ 400 millions de zlotys, nous représentons un acteur de poids mais pour autant ne sommes pas leader sur le marché, où les majors du secteur  réalisent  un chiffre d'affaires dépassant le milliard de zlotys. Cet écart s'explique notamment par le fait que nous avons fait le choix, depuis quelques années, de nous concentrer sur les marchés privés plutôt que sur les marchés publics d'infrastructures.  En matière de marché privé, sont souvent pris en compte des critères de capacités techniques, de respect des délais, de qualité ou encore de développement durable. Ces critères nous permettent de nous différencier et correspondent à notre stratégie de développement et à notre valeur ajoutée.

Nous notons toutefois des opportunités croissantes et très intéressantes en  marchés publics, notamment dans le domaine de la santé ou de l'éducation (ouvrages de bâtiment), avec des modes de dévolution élargis du type Design & Build ou PPP (Partenariat Public privé). Nous avons définitivement un rôle à y jouer et comptons bien faire partie des acteurs majeurs dans ces domaines. 

Aujourd'hui,  l'activité de Karmar repose essentiellement sur deux axes, le logement et les immeubles de bureaux qui représentent chacun  entre 35% et 40% de notre volume d'affaires. Le reste de notre activité s'articule autour des secteurs de l'hôtellerie, des centres commerciaux et la construction de bâtiments spécialisés (industriels, santé, haute technologie?).

Quel est le poids de la filiale au sein du groupe Bouygues et quelles sont vos perspectives de développement?

Bouygues Construction est présent sur les 5 continents  et représente plus de 2 milliards d'euros d'activité. Les chiffres parlant d'eux-mêmes, Karmar représente une faible part, mais la Pologne est aujourd'hui le seul marché européen qui affiche une croissance dynamique comparée par exemple à la France où le marché est plutôt moribond. 

Le pays présente de nombreux atouts pour le groupe. La typologie  du marché de la construction polonais étant assez proche de celle du marché français, notre offre est déjà très bien adaptée. Par ailleurs, la Pologne est encore en plein essor : il y a d'importants besoins en infrastructures comme en bâtiments et le marché est loin d'être saturé. La Pologne attire également des investisseurs étrangers pour des réalisations d'envergure et des investisseurs locaux en particulier pour d'importants projets de développement immobilier, résidentiel ou tertiaire.

Quels sont les enjeux stratégiques pour Karmar ?

L'objectif est d'amener Karmar à un niveau d'activité de 500 à 600 millions de zlotys dans les deux ans à venir. Notre stratégie est claire : en nous appuyant sur nos deux piliers que sont la construction de bureaux et le résidentiel, nous assurons un fond de commerce élevé grâce à des affaires récurrentes. Ce socle d'affaires nous permet de dimensionner l'entreprise. Ensuite, il nous faut décrocher une ou deux grandes affaires supplémentaires par an de manière à donner de la profondeur à notre carnet de commande et à notre activité. En effet, ces grandes affaires, plus exceptionnelles, nous permettent d'amortir le risque de fluctuation rapide du marché puisqu'elles représentent en général des chantiers d'une durée de deux à trois ans.  

Et vos atouts pour y arriver ?

En devenant une entreprise générale de bâtiment nous avons diversifié nos compétences et nous nous sommes dotés d'une solide direction technique. Cela nous confère une réelle autonomie en termes de chiffrage des projets, nous permet de proposer de nombreuses alternatives techniques à nos clients et constitue également un gage de qualité pendant la phase d'exécution des projets.

Nos secteurs d'intervention géographiques sont principalement concentrés sur Varsovie, Cracovie et Wroclaw. Afin d'y optimiser nos performances et d'y renforcer notre présence, nous avons récemment réorganisé notre structure commerciale de façon plus spécifique autour de ces 3 villes cibles. Nous allons ainsi pouvoir être plus offensifs en travaillant sur deux axes : le développement commercial sur les secteurs bureaux et résidentiels où nous sommes déjà un acteur reconnu et la conquête de nouveaux marchés ! 

Vous avez pris vos fonctions en Pologne l'été dernier. Quel regard portez-vous sur les gens et le pays ?

Cela m'est encore difficile d'évaluer le niveau de maturité professionnelle des collaborateurs les plus juniors, ainsi que les éventuels clivages culturels, ma principale difficulté restant la barrière de la langue ! En revanche, puisque dès que l'on monte en compétence cette barrière tombe, la langue anglaise étant plutôt bien maîtrisée, j'ai pu me faire une idée assez précise de nombreux de mes collaborateurs : ils sont impliqués et qualifiés, et en somme très comparables à ceux que j'ai pu croiser en France. 

Pour ce qui est du pays, j'ai encore peu découvert la Pologne mais je commence à mieux connaître Varsovie qui est très différente de l'image que je m'en faisais ! C'est une ville dynamique, moderne et accueillante, bien loin des clichés occidentaux de l'Est ! 

Vos lieux ce prédilection à Varsovie ?

Nolita, mon restaurant fétiche, et un ou deux parcours de vélo que j'apprécie tout particulièrement, ville ou campagne au choix?

Sybille Billiard (www.lepetitjournal.com/varsovie) - mardi 6 mai 2014

 

 

 

 

 

 

 

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